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Affichage des articles du juin, 2021

Un espion ordinaire de Dominic Cooke // Haletant //

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1960.  À la demande du MI-6 et de la CIA,  un représentant de commerce anglais, Greville Wynne, noue une alliance aussi secrète que périlleuse avec le colonel soviétique Oleg Penkovsky. Objectif : fournir les renseignements nécessaires aux Occidentaux pour éviter un affrontement nucléaire et désamorcer la crise des missiles de Cuba. J'avais des attentes importantes concernant ce film, heureusement, je ne suis pas déçue. Si tout n'est pas parfait, notamment dans la forme, il a de nombreuses qualités. À commencer par un scénario classique, solide, bien construit, qui fait monter la pression au fur et à mesure et tient le spectateur en haleine jusqu'au bout. Autre point fort : le casting. Benedict Cumberbatch est exceptionnel en citoyen ordinaire mais concerné, prêt à prendre des risques pour ce qui compte pour lui : sa famille et ses amis. Merab Ninidze parvient à s'imposer face à son charisme, avec sobriété. Quant à Rachel Brosnahan, elle n'est pas qu'un atout ch

Mes 6 flops 2020

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6 films que je n'ai pas aimés, mais alors pas du tout.  Papi-sitter de Philippe Guillard // Joyeusement daubesque // 4 mars 2020 Franck et Karine sont obligés de confier leur fille Camille, censée réviser son bac, à son grand-père André, gendarme retraité psychorigide. La situation se gâte quand l’autre grand-père, Teddy, ancien gérant de boîtes de nuit, débarque à l’improviste ! Dès le titre, je savais que le film ne pouvait pas casser des briques, mais une forte envie de détente cinématographique et une contrainte horaire m'ont conduite à cette extrémité franchouille. On regrette parfois de rire au dépens des personnages, trop caricaturaux. Olivier Marchal cabotine en frôlant dangereusement le ridicule et Gérard Lanvin se répète un peu. La bibliothécaire et l'ado, Camille Aguilar, très mignonne, s'en sortent mieux, avec plus de vérité. J'imaginais que les rôles des papis seraient inversés, du coup, j'étais plutôt surprise au début. Ensuite, le scénari

Mes 5 tops 2020

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D'habitude, j'en ai trop, je dois opérer des choix, mais là, j'en ai peu, la faute aux confinements. Des 56 films vus en 2020, j'ai sélectionné mes 5 favoris.   Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part d'Arnaud Viard // Beau et émouvant // 25 janvier 2020   Dans la maison familiale à la fin de l’été, Aurore fête ses 70 ans, entourée de ses 4 enfants : Jean-Pierre, l’aîné, qui a endossé le rôle de chef de famille après la mort de son père, Juliette, enceinte de son premier enfant à 40 ans et qui rêve encore de devenir écrivain, Margaux, l’artiste radicale, et Mathieu, 30 ans, angoissé de séduire la jolie Sarah.   On veut tous que quelqu'un nous attende quelque part. Et c'est peut-être pour ça que ce mélo fonctionne si bien. Faut-il quitter sa famille pour devenir adulte ? Peut-on la porter à bout de bras sans en subir les conséquences ? Voilà certaines des questions que ce film pudique pose. Je ne sais pas ce que valent les nouv

Cruella de Craig Gillespie // Réjouissant //

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Londres, années 70, en plein mouvement punk rock. Escroc pleine de talent, Estella mène une existence criminelle avec deux comparses. Un jour, ses créations se font remarquer par la baronne von Hellman, figure de la mode, terriblement chic et horriblement snob. Je n'étais pas convaincue par le choix de l'actrice pour le rôle-titre. Cependant, Emma Stone campe une Cruella attachante, convaincante, quoique pas assez sombre à mon goût. Ce qui qui semble contradictoire avec le fait que la tournure du film soit elle-même assez sombre, peut-être trop pour les plus jeunes. On cherche à donner des raisons à la folie du personnage qui est simplement une réjouissante tarée pour moi. Emma Thompson incarne avec brio une méchante très méchante. Elles sont secondées par un casting efficace, notamment John McCrea et Mark Strong, et Tipper Seifert-Cleveland, qui apporte souvent les éléments de comédie au-delà des répliques vachardes. Malgré ses 2h15, le rythme tient la distance non sans un cer

D'où l'on vient de John M. Chu // Bof //

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Au cœur de New York, le quartier de Washington Heights est celui de tous les possibles. Usnavi, propriétaire d’une bodega, rêve de renouer avec ses origines, en République Dominicaine. Mais tout se complique quand il croise le regard de Vanessa, une jeune femme qui rêve de devenir styliste. Leur rencontre, sur fond de danse et de musique, va chambouler leur vie de manière inattendue.  Les comédies musicales, c'est risqué. En l'occurrence, le résultat est inégal et trop long. Les dialogues chantés manquent cruellement de naturel et s'avèrent d'une niaiserie effarante. Whashington Heights vante le charme d'une petite communauté hispanique où tout le monde se connaît. Ça ressemble plus à un rêve qu'à la réalité, y compris la panne de courant. Pourtant, il faut reconnaître la belle énergie de la réalisation, l'indéniable qualité des scènes de danse dotées de chorégraphies impressionnantes et des mélodies. À l'image du scénario, les personnages sont à peine e

Un tour chez ma fille d'Eric Lavaine // Sympathique mais poussif //

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Jacqueline, en pleins travaux dans son appartement, est contrainte d’aller vivre quelques jours chez sa fille ainée Carole et son gendre, en pleine thérapie de couple. Ces « quelques jours » se transforment en «quelques mois », Jacqueline se sent vite chez elle, prépare les dîners, accapare la télévision, réorganise la cuisine… Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre après Retour chez ma mère que j'avais beaucoup aimé. D'autant que je l'ai trouvé moins top en le revoyant à la TV, très sympa mais pas extraordinaire non plus. L'absence d'Alexandra Lamy, même si elle permet de déplacer l'intérêt sur l'autre couple mère-fille de la famille, retire un peu de légèreté au film dont l'humour me paraît plus lourd, même s'il conserve une efficacité certaine.  On sourit souvent, on pouffe parfois, le rythme tient la route mais ça manque de légèreté.  Josiane Balasko joue très bien les mères pénibles et de mauvaise foi, son personnage est complètement i

Un homme en colère de Guy Ritchie // Sympa, sans plus //

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Un convoyeur de fond fraîchement engagé surprend ses collègues par l’incroyable précision de ses tirs de riposte alors qu’ils subissent les assauts de braqueurs expérimentés. Tous se demandent qui il est, d’où il vient et pourquoi il est là.  En manque de film d'action depuis la réouverture des salles, et après la virtuosité du dernier Ritchie – The gentlemen – j'attendais mieux de son nouveau film, de surcroît avec Jason Statham, que j'aime bien. Or, dans ce film, il aurait fallu que le personnage exprime quelques émotions, ce que l'impassibilité monolithique de Statham ne permet pas. Heureusement, il assure toujours les scènes d'actions, bien fichues et prenantes. Si Jeffrey Donovan joue très bien, il se fait voler la vedette par Scott Eastwood, impeccable et charismatique en bad boy. Le personnage de Josh Hartnett ne sert à rien sinon à faire des blagues salaces, aucun intérêt. Le film s'ouvre sur un panorama très 80's. D'ailleurs, il manque la tou

Sans un bruit 2 de John Krasinski // Intense //

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 Après les événements mortels survenus dans sa maison, la famille Abbot doit faire face au danger du monde extérieur. Pour survivre, ils doivent se battre en silence. Forcés à s’aventurer en terrain inconnu, ils réalisent que les créatures qui attaquent au moindre son ne sont pas la seule menace qui se dresse sur leur chemin.  Trois ans après le premier opus, on reprend exactement là où on s'était arrêté après l'introduction d'un personnage au premier jour du débarquement des redoutables créatures à l'affût du moindre bruit. Leur design n'a évidemment pas changé, il est toujours aussi fun, inventif et impressionnant. La musique fait son effet, autant que son absence, maîtrisée ; après le film, chaque mouvement m'a paru incroyablement bruyant. Cillian Murphy, magnétique malgré la barbe qui lui mange les joues et la crasse dont il est recouvert, incarne avec brio un homme devenu solitaire qui a peur de s'attacher. Emily Blunt campe impeccablement une mère

Rendez-vous au Cupcake Café de Jenny Colgan

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Conseillée par une amie lors d'un raid sur une librairie, je me suis lancée dans cette série.  Lorsqu'elle est licenciée par son futur ex, Izzy décide de tenter sa chance en ouvrant à Londres un salon de thé spécialisé dans les cupcakes. En effet, la jeune femme a un talent particulier pour réaliser ces petits gâteaux. Un don qu'elle tient de son grand-père boulanger. Mais les ennuis ne vont pas tarder à arriver, et Izzy devra se battre pour réaliser son rêve.  Jenny Colgan, née Jennifer Colgan (1972 - ) en Écosse, est une romancière britannique, auteur de comédies romantiques. Jenny Colgan a fait ses études à l'université d'Edimbourg et a travaillé six ans dans un service de santé. En parallèle, elle fut aussi dessinatrice de comic. En 2000, elle publie son premier roman, Le mariage d'Amanda . En 2013, son roman Welcome to Rosie Hopkins' Sweetshop of dreams remporte le prix du "Roman romantique de l'année" (Romantic Novel of the Year Award) d

Cinquième set de Quentin Reynaud // Mal fini //

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À presque 38 ans, Thomas est un tennisman qui n’a jamais brillé. Une défaite en demi-finale l’a traumatisé il y a 17 ans et depuis, il est resté dans les profondeurs du classement. Aujourd’hui, il se prépare à ce qui devrait être son dernier tournoi. Mais il refuse d’abdiquer.  C'est un film sur la résilience et la détermination. Ce joueur regagne lentement l'estime de lui-même et de ses proches en allant au bout de sa résistance physique. Je regrette que les personnages secondaires soient à peine esquissés même s'ils sont bien campés par Ana Girardot et Kristin Scott Thomas. Alex Lutz incarne formidablement un joueur acharné, sincèrement passionné par son sport et la compétition, décidé à réussir. Je regrette la façon dont certains matches sont filmés : on ne voit pas grand chose. Et cette actuelle passion des réalisateurs pour les gros plans, non seulement n'apporte rien, mais de surcroît s'avère assez laide visuellement. À cela s'ajoutent des ralentis inop

Les 2 Alfred de Denis Podalydès

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Alexandre, chômeur, a deux mois pour prouver à sa femme qu'il peut s'occuper de ses enfants et être autonome financièrement. Problème : The Box, la start-up qui l'embauche a l'essai, a pour dogme : « Pas d'enfant », et Séverine, sa supérieure, est une « tueuse » au caractère éruptif. La rencontre avec Arcimboldo, « entrepreneur de lui-même » et roi des petits boulots sur applis, aidera-t-elle cet homme vaillant et déboussolé à surmonter tous ces défis ?  La bande-annonce nous vend une comédie légère, un peu barrée. Problème : tous les gags sont dedans. Cette satire pas forcément éloignée de la réalité pointe les excès des start-ups et de leur novlangue incompréhensible, ainsi que les excès d'une société ubérisée, sans parvenir à nous faire rire sinon lors de rares scènes souvent totalement absurdes. Quelques loufoqueries amusent. Le personnage principal est intelligent mais un peu mou, ce qui convient au je, son nouveau meilleur ami, autodidacte multi casquettes

Nomadland de Chloé Zhao // Un trop long documentaire //

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Après l’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait, Fern décide de prendre la route à bord de son van aménagé et d’adopter une vie de nomade des temps modernes, en rupture avec les standards de la société actuelle. La bande annonce m'emballait moyennement. Cependant, cette avalanche de prix devait bien avoir une raison, aussi me suis-je risquée à aller contre mon intuition. Quelle mauvaise idée ! Car si cette brassée de prix a une raison, je ne la connais pas et ne parviens pas à l'identifier.  Pour commencer, ce n'est pas un film car il y n'y a pas de véritable histoire. Les scénarios construits seraient-ils devenus ringards ? Serait-il trop demandé qu'avoir une intrigue plutôt qu'une succession de scènes sans fil rouge ? Le propos tient plus du documentaire visuellement assez moche (la photographie n'est pas extra et les paysages sont tellement mornes et tristes) et sans la voix off pour donner les explications. En effet, Fern, in

Conjuring 3 : the devil made me do it de Michael Chaves // Pas mal //

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Ed et Lorraine commencent par se battre pour protéger l'âme d'un petit garçon, puis basculent dans un monde radicalement inconnu. Ce sera la première fois dans l'histoire des États-Unis qu'un homme soupçonné de meurtre plaide la possession démoniaque comme ligne de défense. Je me souviens vaguement avoir vu le premier, pas le deuxième. J'ai vu La nonne qui est un dérivé sans intérêt. Bref, je connais un peu l'univers dans lequel se déroule le film. Malgré lui, ce dernier pose une question intéressante : si on croit en Dieu, doit-on croire au Diable ? Sa force est de se placer du point de vue des Warren qui sont sincèrement convaincus. Cependant, cette fois, le mal n'est pas seulement démoniaque, il est aussi humain. Ce n'est pas terrifiant bien que le réalisateur distille quelques jump scares efficaces mais prévisibles, comme une partie de l'esthétique. On frissonne agréablement car le film tient son propos jusqu'au bout. Patrick Wilson et Vera F

Villa Caprice de Bernard Stora // Décevant //

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Avocat renommé, Luc Germon accepte de défendre Gilles Fontaine, l'un des patrons les plus puissants de France. L’homme d’affaires est soupçonné d'avoir acquis dans des conditions douteuses une magnifique propriété sur la Côte d'Azur, la Villa Caprice. Une étrange relation de pouvoir s'installe bientôt entre les deux hommes, en principe alliés. Une étrange relation de pouvoir... ou un concours de qui a la plus grosse. Sans intérêt donc que ce duel plat, qui ne démarre jamais vraiment – comme le film d'ailleurs. Pourtant Niels Arestrup et Patrick Bruel jouent bien et leur présence, comme la bande annonce, promettait un thriller juridico-politico-économique. Que nenni ! Une vague tension, un joyeux "tous pourris" et basta, aucune véritable intrigue. Ce n'est pas subtil, c'est brumeux. Une succession de scènes, dont certaines prétendent à la joute verbale, ce qu'elles seraient s'il y a avait quelque saillie mémorable. On ne comprend pas la réac

Le discours de Laurent Tirard // Jubilatoire et inventif //

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Adrien est coincé à un dîner de famille ennuyeux alors qu'il attend que Sonia réponde à son sms, et mette fin à la pause qu’elle lui fait subir depuis un mois. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours au mariage… L’angoisse d’Adrien vire à la panique.  Adrien, grand garçon maladroit à l'humour corrosif et à la fantaisie débordante, passe la soirée à penser à ses relations avec Sonia et sa famille tout en imaginant les différents discours qu'il pourrait prononcer. Et c'est hilarant, tout en décortiquant intelligemment et finement les relations familiales et amoureuses. On attend avec impatience les saillies drolatiques de ce personnage saisissant d'imperfections humaines qui s'adresse directement au spectateur, autant qu'à lui-même. Benjamin Lavernhe fait merveille, il est touchant dans ce rôle attachant. En revanche, pendant le film, j'espérais fort que Sonia ne réponde pas ; je n'apprécie pas particulièrement Sara Giraudeau

Chacun chez soi de Michèle Laroque // Paresseux //

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Depuis que Yann a vendu sa boîte, il s'est pris de passion pour les bonsaïs. Une passion dévorante qui prend beaucoup de place aux yeux de Catherine, sa femme, qui se sent délaissée. La situation ne va pas s'arranger lorsque leur fille Anna, et son copain Thomas, viennent s'installer chez eux suite à une galère d'appartement. La cohabitation s'avère plus que difficile pour les deux couples que tout oppose...  Je suis déçue. Je ne m'attendais pas à un chef d'œuvre, mais au moins à rire. Or, Chacun chez soi est une comédie ratée qui fait à peine sourire de temps à autre, je dirais même de loin en loin. Tout semble déjà-vu, des personnages déjà interprétés précédemment par ces acteurs aux situations dignes d'un téléfilm, sans parler de l'absence d'épaisseur des seconds rôles (l'autre sœur et son copain, le directeur de thèse, les amis). Je ne comprends pas où le film veut en venir. Le sujet le plus intéressant – le couple et l'individu face

Billie Holiday, une affaire d'État de Lee Daniels // Assez planant malgré ses défauts //

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En 1939, Billie Holiday est déjà une vedette du jazz new-yorkais quand elle entonne « Strange Fruit », un vibrant réquisitoire contre le racisme qui se démarque de son répertoire habituel. La chanson déchaîne aussitôt la controverse, et le gouvernement lui intime de cesser de la chanter. Billie refuse. Elle devient dès lors une cible à abattre.  Le synopsis s'avère réducteur après visionnage du film. En effet, certes cette chanson dérange les autorités, cependant, la chanteuse est aussi une grosse consommatrice de stupéfiants et je ne suis pas certaine qu'il ait été utile de cacher de la drogue sur elle, vu qu'elle planait assez souvent. D'ailleurs, elle est aussi agaçante qu'attachante, paumée, abîmée par les traumatismes et les excès, incarnée avec brio par Andra Day qui assure aussi le chant. Cette performance, pour un premier rôle, impressionne. Autant que la capacité de fascination exercée par Billie Holiday, ne vivant vraiment que sur scène, qui parvient à réu