Articles

Affichage des articles du septembre, 2023

Nouveau départ de Philippe Lefèbvre / Vraiment plaisant /

Image
Amoureux de Diane comme au premier jour, Alain traverse la cinquantaine sans crise. Diane souffre du syndrome du nid vide et se questionne. Pour Alain, il est temps de prendre un risque majeur : quitter Diane pour réveiller la flamme. On pourrait se dire qu’un film sur la crise de la cinquantaine d’un couple, ça va être chiant. Et bien non. En réalité, c’est joyeux, plutôt enlevé, grâce à des dialogues particulièrement réjouissants. Karin Viard et Franck Dubosc, complices et harmonieux, forment un couple attachant rattrapé par l’érosion de la passion par le quotidien, l’ennui et les questionnements du milieu de vie. Tom Leeb et Clémentine Baert campent des seconds rôles. Clotilde Coureau en fait des tonnes, c’est marrant mais un peu too much. Vraiment drôle, un rien badine, bien interprétée, cette comédie replonge dans le conventionnel à la fin, ce qui déçoit d’un côté mais satisfait de l’autre, car le spectateur aime le « tout est bien qui finit bien ».  7/10

Coup de chance de Woody Allen / Insignifiant /

Image
Fanny et Jean ont tout du couple idéal : épanouis dans leur vie professionnelle, ils habitent un magnifique appartement dans les beaux quartiers de Paris et semblent amoureux comme au premier jour. Mais lorsque Fanny croise, par hasard, Alain, ancien camarade de lycée, elle est aussitôt chavirée.  Vu le casting génial – Lou De Laâge, Melvil Poupaud, Niels Schneider, Valérie Lemercier – vu l’histoire prometteuse, vu qu’on m’avait promis Match Point à la française, je voulais aimer ce film. Mais ça n’a rien à voir avec Match Point. On ne peut pas dire que les acteurs jouent mal, pourtant, leur jeu semble décalé, comme si les dialogues étaient mal traduits. D’ailleurs, ceux-ci, artificiels, convenus, poussifs, sont répétitifs. Les personnages s’avèrent insignifiants, leur histoire sans intérêt. Ce prétendu marivaudage désuet dispose d’une belle photographie mais semble déjà vieux. D’ailleurs, je me suis endormie pendant le dernier tiers et ne me suis réveillée que pour la dernière scène,

La petite de Guillaume Nicloux / Sympa mais guère convaincant /

Image
Joseph apprend que son fils et le compagnon de celui-ci viennent de périr dans un accident. Ils attendaient un enfant via une mère porteuse en Belgique. Que va devenir leur futur bébé ?  Un film qui se veut touchant sur la filiation et la réparation. Il parvient parfois à l’être, notamment grâce aux comédiens, Fabrice Luchini, Mara Taquin, Maud Wyler et Veerle Baetens. Cependant, les faiblesses de l’écriture gâchent le potentiel de l’idée de départ, prometteuse. D’ailleurs, le film ne démarre vraiment qu’après un bon tiers, quand enfin Joseph rencontre la mère porteuse. Encore une fois, la bande annonce en dit beaucoup trop. Luchini a beau être un bon acteur, il n’est pas crédible en menuisier, il eut été plus pertinent d’en faire un antiquaire par exemple. Les actrices qui lui donnent la réplique ne se laissent pas bouffer, c’est déjà pas mal. Alors quoi ? Rien n’est saillant, la bien-pensance règne malgré un sujet délicat : la GPA. Ce n’est ni drôle, ni triste, ni très bon, ni très m

Acide de Just Philippot / Décevant malgré son ambition /

Image
Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michal et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s’abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fracturée va devoir s’unir pour affronter cette catastrophe climatique et tenter d’y échapper. Certes, il faut saluer le fait qu’il s’agisse d’un film catastrophe français. Avec des qualités, notamment techniques : montage, travail de la lumière et de la photographie. Un bon casting – Canet, Dosch, Muchenbach, Jung, Groussard -, des effets spéciaux satisfaisants, une atmosphère ultra-tendue assez perturbante, et même les incohérences inhérentes au genre qui font partie des codes (oui, du jour au lendemain, il peut de l’acide qui dissout tout, oui, la rivière entière devient corrosive en deux jours, et oui le reste de la nature ne se dissout pas, sans parler de la résistance des pneumatiques). Pourtant quelque chose ne fonctionne pas. La première scène, violente jusqu’à l’absurde, rend le person

Mystère à Venise de Kenneth Branagh / Boursouflé /

Image
Venise, veille de la Toussaint, quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est là que vit désormais Hercule Poirot, aujourd’hui retraité. Il  reçoit chez lui une vieille amie, Ariadne Oliver, écrivaine de romans policiers, qui lui demande de l’accompagner à une séance de spiritisme pour prouver qu’il s’agit d’une imposture.  J’avais moyennement apprécié Le crime de l’Orient-Express, détesté Mort sur le Nil, je ne me suis donc pas rendue avec optimisme à cette séance. Ce n’est pas un mauvais film, ce n’est même pas nécessairement un mauvais Agatha Christie, qui a effectivement écrit quelques nouvelles fantastiques. Le problème, c’est que ce n’est pas un bon Poirot : Poirot est profondément croyant et il s’inquiète de son apparence, de son âge, du Bien et du Mal, du vieillissement de ses cellules grises mais guère de surnaturel, même s’il lui arrive de s’en servir pour son coup de théâtre final. Ici, le personnage est déprimé et suivi par un garde du corps complètement

Un métier sérieux de Thomas Lilti / Sympathique /

Image
Une nouvelle année scolaire au collège qui voit se retrouver Pierre, Meriem, Fouad, Sophie, Sandrine, Alix et Sofiane, un groupe d’enseignants engagés et soudés. Ils sont rejoints par Benjamin, professeur remplaçant sans expérience et rapidement confronté aux affres du métier. Une chronique chorale tendre, douce-amère d’une année scolaire dans un collège de banlieue parisienne. Comme il y a beaucoup de personnages, aucun n’est très approfondi, même s’ils sont caractérisés. Le casting est plutôt bon, quoiqu’Adèle Exarchopoulos soit agaçante et Louise Bourgoin sous-utilisée alors que son seul segment aurait pu faire l’objet d’un film à part entière. On ne s’ennuie pas, bien que l’on se demande ce que Lilti veut démontrer : la difficulté d’être un jeune prof lâché dans l’arène sans accompagnement ? La solidarité entre profs ? Les relations parfois tendues avec la direction de l’établissement ? La faillite du système ? Les défauts d’éducation de ces gamins pourtant pas particulièrement pro

L'été dernier de Catherine Breillat / Ambigu /

Image
Anne, avocate renommée, vit en harmonie avec son mari Pierre et leurs filles de 6 et 7 ans. Un jour, Théo, 17 ans, fils de Pierre d’un précédent mariage, emménage chez eux. Peu de temps après, il annonce à son père qu’il a une liaison avec Anne. Elle nie. Un sujet sulfureux pour un traitement sans trouble malgré le talent de Léa Drucker dont le jeu tout en nuances fait tout le sel du film. Samuel Kircher aurait pu convaincre s’il n’avait eu en permanence la bouche entrouverte sur une moue insupportable. J’imagine que c’est sensé être suggestif, on a l’impression qu’il essaie de gober l’air. S’il n’était pas si horripilant, on compatirait peut-être à sa fragilité sous-jacente. Olivier Rabourdin, en père dépassé et mari manipulé, tire son épingle du jeu. Certaines scènes sont tournées en gros plan, voire très gros plan, fixe et long de surcroît. Ce choix doit peut-être remplacer le point de vue de la réalisatrice, il ne suffit pas à cacher qu’elle n’en propose aucun. C’est inesthétique m

Toni en famille de Nathan Ambrosioni / Émouvant /

Image
Antonia, dite Toni, élève seule ses cinq enfants. Elle a enregistré un single qui a cartonné il y a 20 ans. Aujourd’hui ses deux aînés s’apprêtent à rejoindre l’université. Toni s’interroge : que fera-t-elle quand toute sa progéniture aura quitté le foyer ? Cette chronique familiale peinte à petites touches et parfois à grands coups de pinceaux repose presque entièrement sur le jeu et la palette de Camille Cottin. Celle-ci exprime une grande variété d'émotions avec beaucoup de vérité. Le casting des enfants se tient. On s'attache peu à peu à cette famille aimante, bruyante et pleine de caractère(s) entre une mère célibattante et des gosses parfois ingrats et agaçants (des ados quoi). Ce qui sauve le film de la banalité et d'un brin d'ennui, ce sont les moments d'émotions ou de drôlerie, imprévus, comme échappés au contrôle du réalisateur ou des acteurs. C'est vif et sincère. 7,5/10

Visions de Yann Gozlan / Décevant /

Image
Pilote de ligne confirmée, Estelle mène, entre deux vols long-courriers, une vie parfaite avec Guillaume, son mari aimant et protecteur. Un jour, dans un couloir d’aéroport, elle recroise la route d’Ana, photographe avec qui elle a eu une aventure passionnée vingt ans plus tôt... J'avais beaucoup aimé Boîte noire et Un homme idéal, j'attendais la même satisfaction du nouveau film de Gozlan. Force est de constater ma déception ! Pourtant il y avait une bonne idée de départ, que le scénario étire sur les deux tiers du film. La disparition d'Ana, indiquée dans la bande annonce n'arrive que très tardivement. En l'attendant, on assiste à la descente aux enfers hallucinée d'un commandant de bord obsédé par une ancienne conquête qui, si elle a le charme de Marta Nieto, n'en méritait pas tant, sur fond de musique lourdement oppressante. Je déteste être aussi peu discrètement drivée sur mon ressenti. Le dénouement, relativement satisfaisant dans son immoralité pl

Equalizer 3 d'Antoine Fuqua / Plaisant pour les vacances /

Image
Alors que Robert McCall a trouvé un havre de paix dans le sud de l'Italie, il découvre que ses nouveaux amis sont sous le contrôle de la mafia locale. Il ne peut pas s'empêcher d'intervenir.  McCall, la force tranquille Denzel Washington, en convalescence dans un petit village accueillant, évidemment, ça part en cacahouète. Après une première scène forte, le film s'égare dans la dolce vita avant une deuxième partie brutale un peu écourtée. Quelques scènes de violences sèches, coutumières de la saga, des méchants peu caractérisés, des gentils noyés dans le nombre, seule l'agent de la CIA sort un peu du lot, quoique son rôle soit très secondaire. Le casting est sympa. Le suspense tient, plus sur les explosions de violence que sur le scénario, somme toute basique, qui m'a fait penser à un western. On assiste à un croisement entre John Wick et Rio Bravo. Distrayant mais pas inoubliable.  6,5/10

Retribution de Nimród Antal / Sympathique série B /

Image
Un homme d'affaires découvre qu'une bombe a été placée dans la voiture qu'il conduit par un assaillant inconnu. Ce dernier lui ordonne d'exécuter une série d'actions tout au long de la journée ou la bombe explosera... le tuant lui et sa famille. Les réalisateurs auraient-il enfin compris qu'il est temps d'arrêter de faire courir papy Liam ? Voilà donc un thriller d'action en voiture avec ce qu'il faut de tension – même si j'avais deviné l'identité du coupable bien avant qu'elle soit dévoilée – de bons sentiments familiaux et d'incohérences (Pourquoi ne pas envoyer les photos de la bombe à la police ? Comment le Méchant sait ce que fait le héros ?) Liam Neeson campe un héros ordinaire qui a peur, qui a des remords, des regrets... Tellement humain qu'il s'éloigne un peu du type aux nerfs d'acier auquel on est habitué et qu'on attend dans ce genre de film. Cela dit, ça fait le job, sans panache ni ambition mais avec ef

Le dernier voyage du Demeter d'André Øvredal / Gothique /

Image
Inspiré d'un chapitre du Dracula de Bram Stocker, le destin tragique d’un navire marchand, le Demeter, affrété pour transporter une cargaison privée des Carpates à Londres. Accablé par d’étranges événements, l’équipage du Demeter tente de repousser une présence impitoyable qui les assaille chaque nuit.  Inspiré d'un passage assez bref, le film développe ce voyage entre l'Europe de l'Est et Londres en extrapolant le contenu et en rajoutant des personnages. Je m'interroge sur la pertinence de ce choix et ce que ça apporte au scénario, par ailleurs rempli d'incohérences du genre essayons de tuer le monstre la nuit quand il est actif alors que le jour il est vulnérable. Le scénario s'avérant répétitif, on s'ennuie un peu. Les acteurs sont satisfaisants. La représentation de Dracula évoque celle de Murnau, pas mal, sans être effrayante, à l'image du film : tendu mais pas à classer dans la catégorie horreur. Les effets spéciaux sont corrects, certains