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Affichage des articles du octobre, 2021

The french dispatch de Wes Anderson // Un néant abyssal //

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The Evening Sun de Liberty, Kansas, possède une antenne nommée The French Dispatch à Ennui-sur-Blasé, une ville fictive évoquant le Paris des 1950-60's. Arthur Howitzer Jr., le rédacteur en chef , meurt subitement. Selon son testament, la publication du journal est arrêtée après un dernier numéro, dans lequel trois articles sont publiés, ainsi qu'une nécrologie. Les trois articles traitent de Moses Rosenthaler, un détenu psychopathe qui se révèle être un grand artiste peintre, des évènements de Mai 68 et d'une enquête gastronomique qui vire au polar. J'aurais vraiment dû suivre mon intuition plutôt que de m'infliger cette longue séance de torture. Cependant, la programmation de ce mois d'octobre étant ce qu'elle est, je me suis motivée, pleine d'espoir, priant pour que le film ressemble plus à Moonrise kingdom qu'au Grand Budapest Hotel.  Perdu. Les dieux du cinéma ne m'ont pas exaucée. Que dire ? Je suis complètement passée à côté, et de t

Lui de Guillaume Canet // Complaisant //

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Un compositeur en mal d’inspiration, qui vient de quitter femme et enfants, pense trouver refuge dans une vieille maison à flanc de falaise, sur une île bretonne déserte. Dans ce lieu étrange et isolé, il ne va trouver qu’un piano désaccordé et des visiteurs bien décidés à ne pas le laisser en paix.  Je m'attendais à une comédie dramatique enlevée sur les déboires d'un compositeur qui essaie de s'isoler. On se retrouve dans la psychothérapie d'un personnage détestable qui imagine la réaction de ses proches, les fait parler, se réconcilie avec la version imaginée de ses proches, se cherche lui-même, s'invente des maux. Je ne reproche rien aux acteurs qui font de leur mieux, notamment Guillaume Canet, Virginie Efira et Laetitia Casta. Néanmoins, je n'ai aucune envie d'assister au nouveau délire égotiste de Canet, même s'il est emballé dans une photographie superbe magnifiée par les paysages bretons. Le problème vient du propos empli de clichés sur le coupl

Venom : Let there be carnage d'Andy Serkis // Distrayant //

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Eddie cohabite toujours avec Venom quand Cletus Kasady, un tueur en série, le convoque du fin fond de sa prison. Le journaliste espère ainsi relancer sa carrière.  Enfin un film de super-héros de moins de deux heures ! Inutile d'en faire des tonnes pour divertir. Trois ans après le premier opus, on retrouve avec gourmandise ce duo formé par Tom Hardy et son avatar. Au fond il s'agit d'un buddy movie avec un seul acteur mais deux personnages qui passent une bonne partie de leur temps à se chamailler. J'avoue qu'à la longue, c'est un peu lassant. Tom Hardy, cabotin en diable, campe avec plaisir ce double personnage attachant face à un Woody Harrelson déjanté. Clairement, ce film constitue leur petite récré. Côté féminin, on oppose la douceur de Michelle Williams à la colère vengeresse de Naomie Harris. L'humour ne vole pas haut mais amuse, dommage que cela amoindrisse un peu le ton. Les effets spéciaux tiennent plutôt la route à une déplorable exception près.

Tout nous sourit de Melissa Drigeard // Sympa, sans plus //

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Tout sourit à Audrey et Jérôme : trois merveilleux enfants et des métiers passionnants. Le temps d’un week-end, ils partent chacun de leur côté... Avec leurs amants respectifs. Sauf qu’ils ont la même idée : aller dans leur maison de campagne.  Je m'attendais à une comédie de boulevard, un vaudeville mais au cinéma. Des portes qui claquent, des répliques qui fusent. Il y a un peu de ça au début mais sans que cela convainque complètement. C'est plutôt une chronique familiale un peu moralisatrice tournant autour de l'adultère et de la famille qui fait sourire. Le casting dans son ensemble est satisfaisant, notamment Elsa Zylberstein, Stéphane de Groodt et Guy Marchand. Leur petite famille dysfonctionnelle s'avère attachante mais je regrette que la ligne comique ne soit pas tenue sur toute la durée, l'aspect dramatique n'était pas nécessaire. Le traitement réservé à la maîtresse et l'amant m'a déplu, c'est cruel et vulgaire. Le scénario aurait peut-être

Le dernier duel de Ridley Scott // Décevant //

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Basé sur des événements réels, le film dévoile d’anciennes hypothèses sur le dernier duel judiciaire connu en France entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, deux amis devenus rivaux. Lorsque Marguerite de Carrouges est violée par Le Gris - une accusation que ce dernier récuse - elle refuse de garder le silence.  Soyons clairs, toute vraisemblance historique oubliée, le film pourrait avoir un intérêt en ce qu'il présente trois versions des mêmes faits, trois visions personnelles, trois vérités appartenant à leur auteur. Chacun croit en sa propre version. Je n'apprécie guère en revanche qu'on me pointe la vérité à croire, non plus que le côté répétitif de l'exercice. D'autant que le film est long, trop long. Le casting est plutôt bon, Adam Driver en tête, malgré le goût discutable des scénaristes en matière de coupe de cheveux (un mulet très long pour l'un, un blond hors de propos pour l'autre). Cependant, il échoue à créer de l'empathie pour les perso

Eiffel de Martin Bourboulon // Anecdotique //

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Venant de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel, au sommet de sa carrière, est sollicité pour créer quelque chose de spectaculaire pour l’Exposition Universelle de 1889, mais ne s’intéresse qu’au projet de métropolitain. Tout bascule lorsqu'il recroise son amour de jeunesse.  Bourboulon romance la création de la tour Eiffel. Au final, ce qui intéresse vraiment c'est la partie création, moins que la partie romance. Les flashbacks romantiques sont mignons mais finalement n'apportent qu'une explication supposée à la forme du bâtiment. et la mièvrerie des dialogues m'a donné envie de hurler. J'aurais préféré que le scénario se concentre plus sur la construction. Romain Duris est excellent en ingénieur de génie, passionné et perfectionniste. Emma Mackey joue plutôt bien mais est trop jeune pour le rôle – il y a 20 ans, elle avait environ 5 ans, certes Duris a quelques années de moins qu'Eiffel mais au moins il était déjà majeur qua

La famille Addams 2 : une virée en enfer de Dan Hernandez, Benji Samit // D'une vacuité certaine //

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Morticia et Gomez, perdus face à leurs enfants qui ont bien grandi, décident d’embarquer Mercredi, Pugsley, Oncle Fétide et toute la bande dans leur camping-car hanté et de prendre la route pour les dernières tristes vacances en famille.  J'avais bien aimé le premier opus que j'avais trouvé attachant. Ici, dès le début, j'ai senti que ce deuxième film ne serait pas aussi satisfaisant. Les Addams font le tour de l'Amérique parce que Mercredi fait sa crise d'adolescence. J'ai dû rater des destinations parce que je me suis endormie, c'est dire si le scénario m'a intéressée et le rythme séduite. Pas d'intrigue, pas de morale, pas d'épaisseur, une B.O insipide. Ce n'est pas vraiment drôle à quelque exceptions près (la blague sur Billie Eilish), le design manque d'élégance, l'animation de détails. Où est passé l'humour macabre ? Le gothique assumé ? L'irrévérence morbide ? Pourquoi édulcorer cette franchise ? Hôtel Transylvanie étai

James Bond : Mourir peut attendre de Cary Joji Fukunaga // Un séduisant baroud d'honneur //

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Bond a quitté les services secrets et coule des jours paisibles en Jamaïque. Mais sa tranquillité est de courte durée car son vieil ami Felix Leiter de la CIA débarque pour solliciter son aide : il s'agit de sauver un scientifique qui vient d'être kidnappé. Mais la mission se révèle bien plus dangereuse que prévu...  Après un report de plus d'un an, j'avais de grosses attente sur le dernier Bond avec Daniel Craig. Force est de constater que cet opus clôt l'arc de l'acteur de façon magistrale. Le film s'ouvre sur une scène pré-générique bien fichue, puis un générique particulièrement réussi musicalement ; d'ailleurs la BO est excellente. Le cocktail action, émotion, humour, justement dosé, produit son effet pour ce divertissement généreux, un peu foutraque et pas avare de surprises. Certaines scènes auraient mérité d'être écourtées, histoire de ramener le film à une longueur de 2h15 ou 2h30, grand maximum. Même de belles images ne suffisent pas à comp

Flag day de Sean Penn // Inégal //

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John Vogel était un personnage hors norme. Enfant, sa fille Jennifer s’émerveillait de son magnétisme et de sa capacité à faire de la vie une grande aventure mais elle va découvrir sa vie de braqueur de banques et faussaire. Le début du film est déstabilisant dans la mesure où il s'éloigne du synopsis. Il m'a fallu du temps pour entrer dedans et accepter que celui qui a écrit le résumé n'a pas vu le même film que moi. Jennifer ne découvre pas grand chose en réalité, elle est assez passive. Dylan Penn, qui ressemble beaucoup à sa mère, campe une fille paumée qui aime son père bien qu'il soit décevant. Sean Penn, bad boy assagi, joue à merveille ce loser qui se veut magnifique, père aussi aimant que catastrophique, menteur de première catégorie. Une mise en abyme évidente d'une relation père-fille intense et pleine d'amour, mais aussi des fêlures des uns et des autres. Un petit quart d'heure en moins dans ce montage un peu confus n'aurait pas été un luxe,