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Affichage des articles du novembre, 2019

Toute ressemblance de Michel Denisot

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Depuis son arrivée fracassante à la tête du 20 Heures, Cédric Saint Guérande, dit « CSG » est LE présentateur préféré des français. Jeux de pouvoir, réseautage, manipulations et coups bas : la lutte est sans merci, et l’issue forcément spectaculaire. Bienvenue dans les jeux du cirque médiatique !  Je m'attendais à ce que ça ne me plaise qu'à moitié, la faute au choix de l'acteur principal. Dubosc, toujours décalé dans son jeu, un ton au-dessus, n'est pas complètement crédible dans le rôle du présentateur vedette, bien qu'il ne soit pas mauvais en soi. De surcroît, son personnage n'apparaît pas sympathique : sans éthique, arriviste, menteur... Heureusement, il est accompagné par des seconds rôles de talent : Jérôme Commandeur, la sublime Caterina Murino, Sylvie Testud, Denis Podalydès et Laurent Bateau. Je m'attendais à un film plus pêchu, plus griffu, bref plus féroce. Là, le propos sur le petit milieu des JT, vindicatif, concurrentiel, drogué, tr

À couteaux tirés de Rian Johnson

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Célèbre et richissime auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa somptueuse propriété, le soir de ses 85 ans. L’esprit affûté et la mine débonnaire, le détective Benoit Blanc est alors engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire.  L'affiche et les articles de presse vendent un whodunit traditionnel à la Agatha Christie mais à l'époque moderne et aux États-Unis, et c'est exactement ce que c'est. J'aime quand les films correspondent à ce qu'ils promettent. L'intrigue est parfaitement construite et quand on la prend à rebours, les indices étaient là. Tous les petits détails du manoir renvoient délicieusement aux classiques du genre. Malgré un ventre mou au milieu, le rythme se tient grâce aux rebondissements et à une dernière partie particulièrement réussie.  Le casting, formidable, mélange acteurs connus, Daniel Craig, Jamie Lee Curtis, Chris Evans, Christopher Plummer et d'autres, et moins connus comme l&

La reine des neiges 2 de Jennifer Lee et Chris Buck

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Pourquoi Elsa est-elle née avec des pouvoirs magiques ? La jeune fille rêve de l’apprendre, mais la réponse met son royaume en danger. Avec l’aide d’Anna, Kristoff, Olaf et Sven, Elsa entreprend un voyage aussi périlleux qu’extraordinaire.  J'avais plutôt aimé le premier opus mais je n'en ai pas gardé un souvenir impérissable. Ce deuxième film fait directement suite au précédent, formant un diptyque : ce qui restait encore à résoudre l'est maintenant. L'animation d'excellente qualité est au service d'un scénario classique mais efficace malgré un début trop lent (alors que la première scène en forme de flashback fonctionnait vraiment bien) et un ventre mou au milieu. Le dernier tiers emporte le morceau. Heureusement, l'humour éclaire une ambiance mélancolique. Dommage, comme il y a six ans, il manque un bon méchant. C'est écolo, tourné vers la famille. La belle relation entre Elsa et Anna, toutes deux plus adultes, confère presque tout son inté

Joyeuse retraite ! de Fabrice Bracq

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L’heure de la retraite est enfin arrivée pour Philippe et Marilou ! Ils s’apprêtent à réaliser leur rêve : partir vivre au Portugal. Ils pensaient enfin être tranquilles… mais leur famille a d’autres projets pour eux !  Je ne m'attendais pas à grand chose, le titre n'étant pas vendeur, du tout. Et puis finalement, ce n'est pas si mal. Souvent drôle, cette comédie au scénario léger ne cherche pas la subtilité et tombe parfois dans la lourdeur. Cependant, l'abattage de Michèle Laroque et de Nicole Ferroni donne de l'énergie à l'ensemble. Sans oublier Judith Magre, excellente. On retrouve des personnages pingres, égoïstes, menteurs, veules mais sympathiques. Le propos sur la famille peut s'avérer caustique mais la fin penche trop du côté d'une morale plan-plan. Certaines trouvailles visuelles plus habituelles dans les séries, m'ont amusée. 5/10

J'accuse de Roman Polanski

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Pendant 12 ans, l’Affaire Dreyfus déchira la France. Elle est racontée du point de vue du lieutenant-colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. Je connais les grandes lignes de l'affaire Dreyfuss, sans plus. Du coup, le film constitue une mine d'informations sur ce dossier aussi épineux qu'effarant au sein d'une reconstitution superbe d'une France fin XIXème antisémite, hypocrite et élégante. Cependant, le film démarre lentement et ne semble jamais vraiment démarrer, comme s'il existait une distance entre le spectateurs et les personnages par ailleurs assez peu sympathiques. L'esthétique du film, ultra soignée, a pourtant des vertus immersives qu'une meilleure contextualisation aurait pu souligner. Emmanuelle Seigner ne joue guère, elle est en décalage avec son texte. Dommage parce qu'une pléiade de bons acteurs, notamment Grégory

Le Mans 66 de James Mangold

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Henry Ford II veut battre Ferrari sur son territoire : les 24h du Mans. Il engage une équipe d'ingénieurs menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote Ken Miles pour construire à partir de rien un nouveau bolide.  C'est une épopée mécanique comme l'Amérique les aime : les outsiders qui challengent les tenants du titre. Sauf que les challengers doivent aussi faire face à l'opposant interne que constitue la machine à broyer Ford. Passionnant de bout en bout malgré un démarrage diesel, le film montre la bataille entre deux conceptions de la course : pour elle-même ou comme un argument marketing. Matt Damon, Christian Bale, impeccable d'explosivité, Caitriona Balfe et Noah Jupe, attendrissant, ainsi que le reste du casting, sont excellents. Mangold ne néglige pas les relations entre les personnages, au contraire, sans pour autant laisser de côté l'aspect économique mais aussi mécanique de la course. Les scènes de circuit, visibles, donnent presque env

La belle époque de Nicolas Bedos

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Victor, sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où son fils lui fait découvrir une attraction d’un genre nouveau : une entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour...   Ayant adoré M et Mme Adelman, je ne pouvais que me précipiter pour voir le nouveau film du duo Bedos-Tillier. Il est un peu en-dessous du précédent mais tout de même très réussi. Pourquoi ? Parce que malgré quelques saillies particulièrement drôles, le film joue plus sur la mélancolie et la tendresse. Non qu'il ne soit pas incisif, tout le monde en prend pour son grade : la génération du c'était mieux avant, celle qui ne lâche jamais son téléphone, celle qui prétend être branchée... Et parfois, l'ensemble paraît un peu pesant, bien Nicolas Bedos se projette dans le personnage de l'excellent Guillaume Canet qui fait ses déc

Midway de Roland Emmerich

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Après la débâcle de Pearl Harbor, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique nord : Midway. N'ayant pas vu la bande annonce, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et le synopsis était trompeur. Je pensais que le film se pencherait plus sur le travail de décodage des communications japonaises. Or, il se penche nettement plus sur la stratégie militaire et sur les combats, bien que l'importance de ce travail soit reconnue. À ce titre, il éclaire le déroulement d'une bataille historique dont le nom me disait à peine vaguement quelque chose. Grâce à une brochette d'acteurs convaincants – Skrein, pas excellent mais suffisant, Wilson, Harrelson, Evans, Eckhart, Moore, Toyokawa, on s'attache au destin des personnages, bien que le doublage et la traduction ne paraissent pas au

Doctor Sleep de Mike Flanagan

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Encore profondément marqué par le traumatisme qu'il a vécu enfant à l'Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, une adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent.  Je n'aime pas Shining, le livre, comme le film, m'ennuie. Je me suis laissée séduire par Doctor Sleep sans avoir lu le roman. Peut-être me laisserai-je tenter...  Je ne me suis pas aperçu que le film durait 2h30, c'est bon signe. Il souffre d'un léger ventre mou en son milieu quand on s'impatiente de voir les personnages se rencontrer, mais il reste bien mené, notamment grâce à quelques séquences fortes qui font frissonner voire horrifient franchement. L'atmosphère s'avère particulièrement réussie, à la fois tendue et onirique. J'ai pensé à La caravane de l'étrange et à From out of the rain de Torchwood, bien sûr à Shining mais Flanagan a su s'émanciper de l'œ