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Affichage des articles du octobre, 2022

L'école est à nous d'Alexandre Castagnetti // Enthousiasmant//

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Virginie Thévenot, une prof de maths un peu spéciale, profite d’une grève générale dans un collège pour tenter une expérience hors du commun avec un petit groupe d’élèves. Elle prend un pari : leur laisser faire ce qu’ils veulent… Même si elle n’évite pas les clichés, cette comédie fait la part belle au vivre ensemble et à l’expérimentation pédagogique. S’il est suffisamment enthousiaste pour amener l’enjouement voire l’engouement, je reste dubitative quant à l’efficacité réelle des méthodes employées, difficiles à mettre en œuvre à grande échelle. Pourtant cet idéalisme a quelque chose d’attachant, notamment parce qu’on sent un véritable engagement des acteurs. Sarah Suco est excellente en professeur ayant à cœur de transmettre son savoir et de donner confiance en soi à ses élèves, de même qu’Oussama Keddham. Darroussin est un peu en dessous, pas aidé par un rôle de proviseur démissionnaire plus intéressé par ses mémoires illusoires que par ses élèves, ceux-ci étant assez caricaturaux

Plancha d'Eric Lavaine // Un peu creux mais plaisant //

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Huit ans ont passé pour la bande d'Antoine. Cette année ils se réjouissaient de fêter les 50 ans d’Yves en Grèce. Ce sera finalement dans le manoir familial d’Yves en Bretagne. La météo tempétueuse met les nerfs du groupe d’amis à rude épreuve. Voilà un sympathique film de potes que l’on retrouve pour certains avec plaisir, pour d’autres avec un certain agacement amusé. J’ai trouvé que la nouvelle, Ana, prenait trop de place et écrase un peu les autres histoires, notamment celui de Nathalie et Laurent. On s’amuse de leurs défauts, de leurs passes d’armes dans un très joli décor breton. C’est un agréable moment, quoique guère mémorable, faute d’un scénario assez solide. À noter, c’est l’arrivée, attendue, de Jérôme Commandeur, et donc de l’attachant Jean-Mich, qui relève l’intérêt du film. Ces retrouvailles amicales auraient pu être plus pêchues, plus pimentées, plus inspirées aussi.  6/10

Le nouveau jouet de James Huth // Mauvais //

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Sami vit heureux dans une cité de banlieue, entre ses amis, voisins et sa femme Alice. Pour l’anniversaire de son fils, l’homme le plus riche de France fait ouvrir le grand magasin qui lui appartient. Alexandre choisit Sami, le gardien de nuit, comme nouveau jouet... Je n’attendais rien de cette comédie, n’étant pas fan de Jamel Debbouzze. Cependant, la semaine était relativement pauvre au niveau cinématographique, je me suis un peu forcée. Mal m’en a pris. C’est sensé être une comédie mais ce n’est pas drôle. La violence sociale est filmée de façon crue et vulgaire. Je ne trouve pas que l’humiliation soit un sujet hilarant. Pour moi le film ressemble plus à un drame avec un happy end et un vieux jeune homme de quarante-sept ans qui fait pitre et hésite entre cliché joué à fond (la théière à deux becs) et lutte anti-cliché (Le baron perché). Je ne suis pas sûre que le réalisateur ait bien saisi la morale anti-consumériste de l’histoire car le personnage objectivé est payé une blinde po

Black Adam de Jaume Colet-Serra // Sans saveur //

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A Kahndaq, l’esclave Teth Adam avait reçu les super-pouvoirs des dieux, puis a disparu. Cinq millénaires plus tard, alors qu’il a été libéré, il fait régner sa conception très sombre de la justice. Refusant de se rendre, Teth Adam doit affronter une bande de héros d’aujourd’hui qui composent la Justice Society qui comptent bien le renvoyer en prison pour l’éternité. J’en attendais peut-être trop parce que je suis un peu déçue. Ce n’est pas un mauvais film mais ce n’est pas réellement un bon non plus. Les effets spéciaux sont souvent bons mais dès qu’il concerne le corps des acteurs, c’est un carnage. L’histoire est simpliste mais ni plus ni moins que celle des autres origin stories. Le fait que Black Adam soit un anti-héros bourrin est plutôt marrant, le problème c’est qu’il est incarné par Dwayne Johnson qui est sympathique mais n’a aucun charisme et seulement trois expressions à son actif. Le reste du casting est meilleur mais n’a guère les moyens de faire des étincelles, faute d’un

Simone, le voyage du siècle d'Olivier Dahan // Poignant //

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Le destin de Simone Veil, son enfance, ses combats politiques, ses tragédies.  On a tendance à réduire Simone Veil à son combat de 1974 pour la légalisation de l'avortement. C'est oublier combien elle a été une femme de convictions et de combats, pour la mémoire des déportés, pour les droits des femmes, pour la dignité, pour l'humanisme, pour la paix. Certes hagiographique, le film retrace de façon non linéaire la vie de cette femme exceptionnelle que l'horreur des camps n'a pas détruite, de cette femme pleine d'humanité capable de se passionner et de se battre pour la cause des autres, de cette emmerdeuse prompte à la colère. C'est aussi en filigrane un film sur l'amour sous toutes ses formes. Il inonde les scènes familiales de douceur et de simplicité. Simone Veil s'est battue toute sa vie mais au sein de sa famille, elle avait un refuge, des soutiens. À cet égard, je me suis interrogée sur le choix d'écarter Denise Vernay, peut-être seulement

L'origine du mal de Sébastien Marnier // Vénéneux et un peu vain //

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Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille : un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d’affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi qu’une inquiétante servante.  Quelqu’un ment.  Entre suspicions et mensonges, le mystère s’installe et le mal se répand… Les premières minutes sont déroutantes, on peine à entrer dans l'histoire et l'atmosphère. Celle-ci devient oppressante dès que l'on entre dans la splendide villa de la famille. Selon l'auteur du scénario qui met ses mots dans la bouche de l'adolescente de la maison, l'origine du mal, c'est la famille, un véritable poison. Tous les personnages sont troubles et mystérieux, parfois plus que nécessaire, comme par afféterie. Le casting s'en donne à cœur joie et offre une composition plus ou moins barrée mais toujours dans le ton. Très vite, on comprend que quelque chose ne va pas, mais quoi ? Les relations familiales sont pourries

Ticket to paradise d'Ol Parker // Abyssalement creux //

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Un couple séparé est réuni pour tenter d’empêcher leur fille de commettre la même erreur qu’eux jadis : céder au coup de foudre. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais. Pas à un chef d'œuvre bien sûr, juste un film sympa. Mais ce n'est même pas ça. Ce film ne raconte rien, sinon que les parents doivent laisser les enfants vivre leur vie. De surcroît le scénario s'accroche à l'idée souvent absurde que les parents divorcés peuvent reconstituer le couple parental. C'est faux. On sent une réelle complicité entre Julia Roberts et George Clooney ; ni cela, ni les beaux paysages joliment photographiés ne suffisent à tenir un film malgré quelques répliques rigolotes. Face à autant de vide, on ne ressent qu'un ennui poli. On dirait un téléfilm de l'après-midi de la 6, version luxe. 3,5/10

Novembre de Cédric Jimenez // Sans âme //

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Une plongée au cœur de l’Anti-Terrorisme pendant les 5 jours d'enquête qui ont suivi les attentats du 13 novembre.  Une plongée nauséeuse tant la caméra - à l'épaule - virevolte façon reportage au plus prêt de l'action, si bien que parfois on ne voit rien. Le scénario est confus, comme la situation, ce qui est assez réaliste mais agaçant. La casting est génial mais leur rôle est réduit à un archétype, seule Lyna Khoudri a une partition intéressante qui rend son personnage nettement plus attachant que les flics, à peine nommés. Je lis que c'est un parti pris, certes, d'un point de vue intellectuel, je peux le comprendre mais je ne suis pas rentrée dedans. Quelques scènes d'action forte, notamment l'assaut final, d'une grande violence. Bizarrement la tension côtoie un vague ennui, sans doute à cause d'un aspect clinique. J'approuve l'absence de pathos, mais là c'est glacial, presque un reportage. Ça manque de récit, de dramaturgie, de chair

Maria rêve de Lauriane Escaffre et Yvo Muller // Charmant //

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Maria, femme de ménage, mariée depuis 25 ans, réservée, timide et maladroite, ne quitte jamais son carnet dans lequel elle écrit des poèmes. Lorsqu’elle est affectée à l'École des Beaux-Arts, elle découvre un lieu fascinant où règnent la liberté, la créativité et l'audace...  Un joli film poétique et social à la fois sur une femme de ménage qui se pique de poésie et s’ennuie ferme dans sa vie et   s’ouvre à l’art en commençant à travailler aux Beaux-Arts. Elle se découvre du courage, de la fantaisie, des envies. Bref, elle renaît à elle-même. Tendre, plutôt drôle, le film suit ses découvertes et ses errements romantiques. Karin Viard fait merveille en femme discrète et naïve face à un Grégory Gadebois en gardien facétieux, un peu ours, un peu malicieux. Leur duo, complice, en pleine redécouverte du désir et du plaisir de plaire, fait le sel de cette comédie réussie. J'aurais aimé que la relation avec la fille de Maria soit approfondie. La B.O est un peu facile mais plaisant

Le sixième enfant de Leopold Legrand // Émouvant //

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Franck, ferrailleur, et Meriem ont cinq enfants, un sixième en route, et de sérieux problèmes d’argent. Julien et Anna sont avocats et n’arrivent pas à avoir d’enfant. C’est l’histoire d’un impensable arrangement.  Que se passe-t-il quand des gens biens se trouvent dans une situation impossible ? Le choix qui en découle est-il moral ? La réponse à cette question est-elle vraiment importante ? Qu'est-ce que la maternité ? Le scénario laisse le spectateur se faire sa propre idée, il ne juge pas, ne tranche pas, restant sur le fil. Pas de méchant dans cette histoire, pas de manichéen. Le quatuor d’acteurs est formidable, notamment le toujours émouvant Benjamin Lavernhe. L’histoire, forte et simple, génère des émotions nuancées, complexes. Certes, le film n’invente rien, cependant il dépeint avec sincérité les liens nés entre ces deux couples pas destinés à se rencontrer et qui pourtant sont immédiatement en sympathie. C’est aussi une histoire de femmes car ce sont elles qui prennent l