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Affichage des articles du 2022

Chœur de rockers d'Ida Techer et Luc Bricault // Pas terrible //

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Alex, chanteuse dont la carrière n'a jamais décollé, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables qui ne rêve que d’une chose, chanter du rock...  Certes, j'y allais à reculons mais pleine d'envie d'être détrompée. L'affiche, déjà... Fallait-il être deux pour réaliser cette comédie gentillette ? Je ne pense pas. Comme je m'y attendais, c'est plein de bon sentiments, de facilités et de clichés. La réalisatrice a dit vouloir s'inspirer des comédies sociales anglaises. Il faut un peu plus que de l'inspiration. Le plus gros problème est sans doute le résultat musical, pour le moins aléatoire en fonction des chansons. Dès qu'on passe à l'anglais, l'articulation n'y est plus et on ne comprend plus grand chose. Enfin, il faut admettre que ça a le mérite d'être énergique ou au moins de vouloir l'être. Le casting est mitigé, pas toujours juste. Allez,

Corsage de Marie Kreutzer // Inspiré //

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Noël 1877, Élisabeth d’Autriche fête son 40e anniversaire. Impératrice d’Autriche, elle n’a pas le droit de s’exprimer et doit rester à jamais la belle et jeune. À cette fin, elle se plie à un régime rigoureux de jeûne, d’exercices, de coiffure. Étouffée par ces conventions, Élisabeth se rebelle de plus en plus contre cette image.  Le principal atout du film réside dans sa capacité à faire ressentir le mal-être profond de Sissi, son inadaptation à ses fonctions, grâce à une mise en scène moderne loin des bluettes – charmantes – avec Romy Schneider. Je m'interroge néanmoins sur d'apparents anachronismes ou liberté prises avec l'Histoire (le dermographe électrique ? le téléphone ? le doigt d'honneur, le saut du bateau...). Il y a toutefois quelque chose de jouissif à voir l'impératrice traiter l'aide de camp de son époux de "connard" sur une B.O délicieusement contemporaine. Cela dit, elle fumait vraiment comme un pompier. Drôle, austère et dérangeant, l

Whitney Houston : I wanna dance with somebody d'Anthony McCarten // Dansant //

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Le portrait sans concession d’une femme complexe qu’on surnommait la Voix. De ses débuts comme choriste à son statut d’artiste parmi les plus récompensées de tous les temps, le film retrace le périple galvanisant, poignant et profondément émouvant de Whitney Houston.  Sans concession n'est peut-être pas le qualificatif que j'aurais retenu car ce biopic se montre un peu léger sur les nombreux problèmes de la chanteuse : alcool, violences conjugales et drogues sont évoqués mais avec trop de retenue et le fisc est pour ainsi dire ignoré. Le résultat s'avère donc assez lisse. C'est d'autant plus dommage qu'il est parfois un peu longuet. Cela dit, il reste tout à fait plaisant car il permet de redécouvrir la diva et ses chansons. Naomi Ackie, bluffante, incarne une Whitney tour à tour fragile ou arrogante, épaulée par Stanley Tucci, parfait, Tamara Tunie et Nafessa Williams, excellentes. Le scénario ne transcende rien, et la réalisation n'atteint pas le niveau ga

Le tourbillon de la vie d'Olivier Treiner // Émouvant //

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Les grands tournants de notre existence sont parfois dus à de petits hasards. Si Julia n’avait pas fait tomber son livre ce jour-là, aurait-elle croisé Paul ? Ou sa vie aurait-elle pris une toute autre direction ?  Pourquoi est-on bouleversé par un film plutôt qu'un autre ? Aucune idée. Parfois tout s'assemble. Je n'ai jamais trouvé Lou de Laâge aussi bonne, enfin débarrassée de son ironie un rien condescendante. Elle rayonne dans toutes les variations de son personnage, touche par sa simplicité et sa subtilité. Dommage que son vieillissement soit moyennement bien géré. En forme de jeu de pistes et de poupées gigognes, ce film, aussi drôle qu'émouvant, est multiple, avec, toujours au centre d'une manière ou d'une autre, la musique et donc une jolie B.O. Sans jamais perdre le spectateur dans ses méandres, il célèbre la femme, dans ce qu'elle a de complexe, de fort, de contradictoire et de douloureux, plus qu'une réflexion sur le hasard. Le casting, formid

Tempête de Lilou Fogli et Christophe Donner // Joli //

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Née dans le haras de ses parents, Zoé a grandi au milieu des chevaux et n’a qu’un rêve : devenir jockey ! Tempête, une pouliche qu’elle voit naître, va devenir son alter ego. Mais un soir d'orage, Tempête, affolée, renverse Zoé et vient briser son rêve. Un joli film sur la persévérance, ou comment on peut transcender les difficultés par la passion, en l’occurrence celle des chevaux et des courses de trot. Assez beau, simple, familial, il se concentre sur les vingt premières années de Zoé, avec ses joies, ses drames, mais surtout son amour profond des chevaux et son talent à les dresser. Le synopsis et la bande-annonce en révèlent trop, ils vont jusqu’à la moitié du film environ, ce qui donne l’impression que le film démarre lentement, alors que non, il raconte juste ce qui précède l’évènement central. Vers la fin du deuxième tiers, le rythme connaît un creux, avant de repartir vers un final haletant. Le scénario, sans prétention, n’invente rien et se montre plutôt prévisible, sans

Avatar 2 La voie de l'eau de James Cameron // Très beau mais trop long //

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Jake, Neytiri et leurs enfants sont confrontés à de nouveaux danger et doivent se protéger les uns les autres, les batailles qu’ils doivent mener pour rester en vie et les tragédies qu'ils endurent.  James Cameron offre un univers foisonnant, esthétique, coloré dans lequel il aime visiblement s’attarder, longtemps. Car sur une histoire de vengeance somme toute banale, il étire son scénario sur plus de trois heures. Et c’est long. Looooong… Ça n’en finit pas de commencer. D’ailleurs, Sully, pendant l’exposition, fait un laïus sur le bonheur, en omettant l’une de ses caractéristiques : à l’écran, il est ennuyeux. La famille Ingalls dans les arbres, on s’en fiche un peu. Heureusement, la dernière partie retrouve un peu de punch et d’action. Le scénario n’invente rien et n’apporte pas grand-chose sinon une dénonciation caricaturale de l’avidité des Hommes. Le casting est plutôt sympathique, certains personnages le sont plus que d’autres : Kiri (Sigourney Weaver), Spider (Jack Champion)

Mon héroïne de Noémie Lefort // Feel-good //

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Depuis son plus jeune âge, Alex ne rêve que d'une chose : réaliser des films. Surprotégée par sa mère Mathilde, elle espère intégrer une prestigieuse école de cinéma à New York. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu. Refusant d’accepter son sort, Alex décide de partir pour la grosse pomme avec l’aide de son excentrique tante Juliette pour un projet fou : donner son scénario à Julia Roberts.  Un petit film sympathique sur la puissance des rêves. Leçon n°1 : croire en ses rêves. Leçon n°2 : se donner les moyens de les réaliser. Chloé Jouannet, Pascale Arbillot et Louise Coldefy forment un trio plein de charme et de complicité. Julia Roberts a presque un rôle à part entière tant l’amour de la réalisatrice pour la star inonde le film, autant que son amour pour le cinéma. Le scénario en forme de comédie initiatique à l’américaine n’est pas bien solide mais reste plaisant. On a droit à la vision carte postale de New-York avec une incursion assez déplaisante dans le milieu de

Annie Colère de Blandine Lenoir // Généreux et juste //

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Février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC – Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l’aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l’adoption de la loi sur l'avortement un nouveau sens à sa vie.  Grâce à des récits factuels, sans pathos, cette comédie dramatique parvient à émouvoir sans trop en faire. Elle met en lumière une réalité encore trop souvent méconnue et tue : quand l’avortement est interdit, les femmes avortent quand même, a fortiori quand la contraception est peu ou pas accessible. Elles le font alors dans des conditions dramatiques. Elle redonne aussi ses lettres de noblesse au MLAC et à son poids dans la légalisation de l’avortement. À l’heure ou plusieurs États reviennent sur ce droit, elle est d’autant plus nécessa

Maestro(s) de Bruno Chiche // Sympathique mais sans plus //

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Chez les Dumar, on est chefs d'orchestre de père en fils : François achève une longue et brillante carrière internationale tandis que Denis vient de remporter une Victoire de la Musique Classique. François apprend qu'il a été choisi pour diriger la Scala, son rêve ultime. D'abord heureux pour son père, Denis déchante lorsqu'il découvre qu'en réalité c'est lui qui a été choisi pour aller à Milan…  Le film a un petit côté psychothérapie familiale dans le milieu de la musique classique. Ce qui n'est pas nécessairement un reproche. Celui que je ferais serait peut-être le manque de scènes de musique ; il y en a, qui sont belles, j'en aurais aimé plus. Yvan Attal et Pierre Arditi forment un duo père-fils qui a du mal à communiquer, qui s'aime sans savoir le dire. On ne sait finalement pas grand chose de leur relation antérieure, sinon qu'elle est aujourd'hui très tendue, en partie à cause d'une guerre d'egos. Miou-Miou est épatante en

Le chat Potté 2 : la dernière quête de Januel P. Mercado et Joel Crawford // Plaisant //

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Le Chat Potté découvre que sa passion pour l'aventure et son mépris du danger ont fini par lui coûter huit de ses neuf vies. Il s'embarque dans une aventure épique aux confins de la Forêt Sombre afin de dénicher la mythique Étoile à vœu.  Le Chat Potté aborde un carrefour de sa vie et nous embarque dans une course aux trésors mêlée d'introspection. Si DreamWorks donne un côté western humoristique marqué à son film, il trait de sujets sombres, comme la peur et la mort. C'est gentiment drôle, plutôt enlevé, peuplé de personnages plus ou moins attachants. Le chien est craquant, le loup très flippant avec sa grosse voix rocailleuse. L'animation, réussie, a parfois un côté très manga. Le problème c'est que le film démarre lentement, très lentement, avec un Potté très suffisant et donc agaçant, avant d'adopter un rythme énergique et un Potté en pleine crise de la cinquantaine. C'est sympa mais pas mémorable. 6,5/10

Violent night de Tommmy Wirkola // Réjouissant //

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Le soir de Noël, quand un groupe de mercenaires entre par effraction sur la propriété d’une famille riche qu’ils prennent en otage, ils vont devoir affronter un adversaire auquel ils ne s’attendaient pas : Le Père Noël.  Wirkola propose une parodie de film de Noël déjantée, mâtinée d’humour noir parfois bien bas de plafond. On suit la tradition du film de Noël placé sous le signe de la réconciliation familiale avec des références aux Die Hard, à Maman j’ai raté l’avion, et d’autres films. Saignant et dégoulinant de mièvrerie, il mélange les genres avec un certain bonheur, en mode défouloir total, non sans rappeler les valeurs de Noël au passage, le tout sur bande-son de circonstance en délicieux décalage avec la violence à l’écran. David Harbour se fait plaisir en affrontant John Leguizamo et ses sbires, le jeu n’est pas mirobolant mais suffisant. Le scénario ne vole pas haut, mais ce n'est pas non plus le but recherché. Les scènes d’action sont bien fichues, surtout lorsque le Pèr

Mes rendez-vous ave Leo de Katy Brand // Audacieux et jouissif //

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Nancy Stokes, enseignante à la retraite, a vécu une vie sage et sans excès. Après la mort de son mari, elle est prise d'un inavouable désir d’aventure. Elle s’offre alors les services d’un jeune escort boy, Leo Grande. Mais cette rencontre improbable pourrait leur apporter bien plus que ce qu’ils recherchaient et bouleverser le cours de leur vie... C’est avant tout l’histoire d’une femme qui se libère de son carcan, de toutes les injonctions sociales et intimes qui ‘empêchent de vivre et de jouir, grâce à la bienveillance d’un jeune homme magnifique et secret. Sensuel, drôle, brillant, à la fois léger et profond, le film n’est jamais vulgaire. Il explore différents thèmes : le mariage, la maternité, le sexe bien sûr, la morale, l’ennui, les limites. Emma Thompson, généreuse, fait merveille dans un rôle pas facile qu’elle rend attachant et fait évoluer avec justesse. Daryl McCormack, superbe, donne une palette pleine de nuances à son escort boy touchant et gentleman. Ils ont créé un

Le torrent d'Anne Le Ny // Pas mal //

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Lorsqu’Alexandre découvre que sa jeune épouse, Juliette, le trompe, une violente dispute éclate. Juliette s’enfuit dans la nuit et fait une chute mortelle. Le lendemain, des pluies torrentielles ont emporté son corps. La gendarmerie entame une enquête et Patrick, le père de Juliette, débarque, prêt à tout pour découvrir ce qui est arrivé pendant cette nuit d’inondations. Il s’agit plus d’un drame familial situé dans les belles et sinueuses hauteurs vosgiennes que d’un thriller et c’est sans doute un bon choix d’angle de la part de la réalisatrice. En effet, elle nous plonge dans la relation entre le père et la fille. Lui un peu manipulateur, elle en quête d’attention. José Garcia excelle dans un rôle ambigu, sans manichéisme, face à Capucine Valmary, touchante. André Dussollier retrouve un rôle à sa hauteur, père accablé, grand-père attentif. J’ai toujours du mal à comprendre ces personnes qui s’empêtrent dans des mensonges compliqués plutôt que d’immédiatement dire une vérité simple,

Trois nuits par semaine de Florent Gouëlou // Touchant //

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Baptiste, 29 ans, est en couple avec Samia, quand il fait la rencontre de Cookie Kunty, une jeune drag queen de la nuit parisienne. Poussé par l’idée d’un projet photo avec elle, il s’immerge dans un univers dont il ignore tout, et découvre Quentin, le jeune homme derrière la drag queen. Baptiste, en découvrant le milieu coloré et loufoque des drag-queens, nous y introduit en douceur, à travers son regard amusé et bienveillant. C’est aussi celui du réalisateur, qui ne porte pas de jugement. Pablo Pauly, magnétique, fait merveille avec son sourire craquant et son regard fasciné. On le suit dans ses questionnements et son parcours sentimental. Le film réussit à ne pas être vulgaire, certaines scènes sont mêmes très sensuelles, tandis que d’autres sont franchement drôles, notamment grâce au mélange d’aplomb et de fragilité de Romain Eck. Un film plein de joie et de paillettes qui incite au vivre ensemble en acceptant la différence.  8,5/10  En plus, je trouve l’affiche très belle.

Les femmes du square de Julien Rambaldi // Sympathique mais sans saveur //

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Angèle, jeune Ivoirienne pleine de tchatche et de culot en situation difficile, parvient à se faire embaucher comme nounou d’Arthur, un garçon de 8 ans des beaux quartiers.  En découvrant les conditions de travail des autres nounous et leur précarité, elle décide de prendre les choses en mains. Il s’agit d’un film moyen, assez distrayant, qui a le mérite d’aborder un sujet social peu évoqué : les nounous parisiennes, ces femmes souvent d’origine étrangère à la situation juridique précaire qui prennent soin d’enfants de familles aisées pour que leur mère puisse travailler – ou vaquer à d’autres occupations pour certaines. La réalisation, comme le scénario, manque d’ambition, nous imposant même ces détestables ralentis qui semblent fort à la mode ces derniers temps (mais on n’est pas dans Matrix les gars !). Ce serait même assez terne sans l’énergie communicative d’Eye Haïdara, qui amène un fond de révolte au sein de ces femmes résignées. L’histoire d’amour me paraît dispensable, au prof

Couleurs de l'incendie de Clovis Cornillac // Élégant et captivant //

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Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille, Madeleine, prend la tête de son empire financier. Mais son fils commet un geste tragique et ses proches sont décidés à s'approprier sa fortune. Face à l'adversité des hommes, et dans un monde qui change, Madeleine devra mettre tout en œuvre pour survivre et reconstruire sa vie.  Cette adaptation d'un roman de Pierre Lemaître m'inspirait des espoirs modérés vu que je n'ai pas aimé Au-revoir là-haut . Finalement je suis convaincue par la qualité du film. Cornillac signe une reconstitution élégante dotée d'une bonne B.O et d'un casting convaincant. Léa Drucker fait merveille en mère aimante obligée de sortir de sa zone de confort face à l'adversité de la société patriarcale de l'entre deux-guerres. Malgré un commencement un peu mou, la tension monte peu à peu jusqu'au paroxysme, efficace bien qu'attendu. Car si le scénario s'avère partiellement prévisible, ce thriller politico-fina

Black Panther 2 : Wakanda forever de Ryan Coogler // Vraiment divertissant //

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La Reine Ramonda, Shuri, M’Baku, Okoye et les Dora Milaje luttent pour protéger leur nation des ingérences d’autres puissances mondiales après la mort du roi T’Challa. Alors que le peuple s’efforce d’aller de l’avant, nos héros vont devoir s’unir et compter sur l’aide de la mercenaire Nakia et d’Everett Ross pour faire entrer le royaume du Wakanda dans une nouvelle ère. Mais une terrible menace surgit d’un royaume caché au plus profond des océans : Talokan.  C'est un Marvel plus grave qu'à l'accoutumée et ça fait du bien. On quitte le potache ridicule pour toucher au deuil, à la reconstruction, à la politique et à la guerre des ressources, des thèmes particulièrement actuels. I ci le féminisme est traité en filigrane : il s'impose de lui-même.    Une petite demi-heure de moins aurait permis de resserrer l'action et d'éviter les scènes de ralenti vieillottes.  La façon de traiter le décès de Chadwick Boseman est respectueuse et permet de passer le flambeau, fût à

Mascarade de Nicolas Bedos // Joyeusement cruel //

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Lorsqu’un jeune gigolo tombe sous le charme d’une sublime arnaqueuse, c’est le début d’un plan machiavélique sous le soleil brûlant de la Côte d’Azur. Les deux amoureux sont-ils prêts à tout pour s’offrir une vie de rêve, quitte à sacrifier celle d’une ancienne gloire du cinéma et d’un agent immobilier ? Mascarade c'est l'histoire de personnes qui se racontent une vie qui n'est pas la leur, vue par d'autres. Vous suivez ? L'actrice se raconte qu'elle est encore jeune et en pleine gloire, le gigolo qu'il peut être autre chose que décoratif, l'agent immobilier qu'il peut tout plaquer pour recommencer, l'arnaqueuse, elle ment tout le temps. Bedos a le chic pour nous faire aimer des personnages détestables, notamment grâce à une brillante direction d'acteurs et à un casting solide : Pierre Niney, Marine Vacth, Isabelle Adjani, François Cluzet, Emmanuelle Devos, Laura Morante, Charles Berling... Dans un Nice sublimé par la lumière et la photograph

Amsterdam de David O. Russell // Foutraque //

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L'histoire de trois amis proches qui se retrouvent au centre de l’une des intrigues parmi les plus secrètes et choquantes de l'histoire américaine. Avec un casting et un synopsis pareils, on s'attend à un grand film. Le principal problème de celui-ci réside probablement là : il manque d'ambition, d'ampleur et d'une histoire solide. Il va dans tous les sens sans rien raconter et en réussissant à être prévisible. Mêlant le drame et le burlesque, il ne se prend pas au sérieux et parfois on se demande s'il ne se moque pas de nous, enfin je me le serais demandé si je n'avais pas somnolé pendant le gros ventre mou du milieu avant que le film devienne un peu intéressant vers la fin. C'est d'autant plus rageant que je n'ai rien à reprocher aux acteurs qui rendent leurs personnages attachants, Christian Bale, Margot Robbie, John David Whashington et Rami Malek en tête et que les décors et les costumes sont réussis. On sent la volonté de rendre hommage

Vous n'aurez pas ma haine de Kilian Riedhof // Poignant //

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L’histoire d’Antoine Leiris, qui a perdu Hélène, sa femme bien-aimée, pendant les attentats du Bataclan à Paris, nous montre une voie possible : à la haine des terroristes, Antoine oppose l’amour qu’il porte à son jeune fils et à sa femme disparue.  Comme prévu, j'ai pleuré comme une madeleine pendant la moitié du film, non parce que la réalisation abuse du pathos mais parce que l'histoire est tragique en soi. Pierre Deladonchamps porte le film de bout en bout, dévoilant un homme imparfait, contradictoire, touchant, qui essaie de survivre à la mort de sa femme qu'il aimait passionnément. Parfois dans l'incompréhension de son entourage, parfois avec égoïsme. C'est triste et beau. La subtilité du comédien permet de s'attacher au personnage, d'avoir l'impression de comprendre, parfois. Toutefois, et parce que le film scénario choisit de montrer la caractère égocentré du processus, les personnages secondaires sont sacrifiés, à peine nommés malgré la s

L'école est à nous d'Alexandre Castagnetti // Enthousiasmant//

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Virginie Thévenot, une prof de maths un peu spéciale, profite d’une grève générale dans un collège pour tenter une expérience hors du commun avec un petit groupe d’élèves. Elle prend un pari : leur laisser faire ce qu’ils veulent… Même si elle n’évite pas les clichés, cette comédie fait la part belle au vivre ensemble et à l’expérimentation pédagogique. S’il est suffisamment enthousiaste pour amener l’enjouement voire l’engouement, je reste dubitative quant à l’efficacité réelle des méthodes employées, difficiles à mettre en œuvre à grande échelle. Pourtant cet idéalisme a quelque chose d’attachant, notamment parce qu’on sent un véritable engagement des acteurs. Sarah Suco est excellente en professeur ayant à cœur de transmettre son savoir et de donner confiance en soi à ses élèves, de même qu’Oussama Keddham. Darroussin est un peu en dessous, pas aidé par un rôle de proviseur démissionnaire plus intéressé par ses mémoires illusoires que par ses élèves, ceux-ci étant assez caricaturaux

Plancha d'Eric Lavaine // Un peu creux mais plaisant //

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Huit ans ont passé pour la bande d'Antoine. Cette année ils se réjouissaient de fêter les 50 ans d’Yves en Grèce. Ce sera finalement dans le manoir familial d’Yves en Bretagne. La météo tempétueuse met les nerfs du groupe d’amis à rude épreuve. Voilà un sympathique film de potes que l’on retrouve pour certains avec plaisir, pour d’autres avec un certain agacement amusé. J’ai trouvé que la nouvelle, Ana, prenait trop de place et écrase un peu les autres histoires, notamment celui de Nathalie et Laurent. On s’amuse de leurs défauts, de leurs passes d’armes dans un très joli décor breton. C’est un agréable moment, quoique guère mémorable, faute d’un scénario assez solide. À noter, c’est l’arrivée, attendue, de Jérôme Commandeur, et donc de l’attachant Jean-Mich, qui relève l’intérêt du film. Ces retrouvailles amicales auraient pu être plus pêchues, plus pimentées, plus inspirées aussi.  6/10

Le nouveau jouet de James Huth // Mauvais //

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Sami vit heureux dans une cité de banlieue, entre ses amis, voisins et sa femme Alice. Pour l’anniversaire de son fils, l’homme le plus riche de France fait ouvrir le grand magasin qui lui appartient. Alexandre choisit Sami, le gardien de nuit, comme nouveau jouet... Je n’attendais rien de cette comédie, n’étant pas fan de Jamel Debbouzze. Cependant, la semaine était relativement pauvre au niveau cinématographique, je me suis un peu forcée. Mal m’en a pris. C’est sensé être une comédie mais ce n’est pas drôle. La violence sociale est filmée de façon crue et vulgaire. Je ne trouve pas que l’humiliation soit un sujet hilarant. Pour moi le film ressemble plus à un drame avec un happy end et un vieux jeune homme de quarante-sept ans qui fait pitre et hésite entre cliché joué à fond (la théière à deux becs) et lutte anti-cliché (Le baron perché). Je ne suis pas sûre que le réalisateur ait bien saisi la morale anti-consumériste de l’histoire car le personnage objectivé est payé une blinde po

Black Adam de Jaume Colet-Serra // Sans saveur //

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A Kahndaq, l’esclave Teth Adam avait reçu les super-pouvoirs des dieux, puis a disparu. Cinq millénaires plus tard, alors qu’il a été libéré, il fait régner sa conception très sombre de la justice. Refusant de se rendre, Teth Adam doit affronter une bande de héros d’aujourd’hui qui composent la Justice Society qui comptent bien le renvoyer en prison pour l’éternité. J’en attendais peut-être trop parce que je suis un peu déçue. Ce n’est pas un mauvais film mais ce n’est pas réellement un bon non plus. Les effets spéciaux sont souvent bons mais dès qu’il concerne le corps des acteurs, c’est un carnage. L’histoire est simpliste mais ni plus ni moins que celle des autres origin stories. Le fait que Black Adam soit un anti-héros bourrin est plutôt marrant, le problème c’est qu’il est incarné par Dwayne Johnson qui est sympathique mais n’a aucun charisme et seulement trois expressions à son actif. Le reste du casting est meilleur mais n’a guère les moyens de faire des étincelles, faute d’un

Simone, le voyage du siècle d'Olivier Dahan // Poignant //

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Le destin de Simone Veil, son enfance, ses combats politiques, ses tragédies.  On a tendance à réduire Simone Veil à son combat de 1974 pour la légalisation de l'avortement. C'est oublier combien elle a été une femme de convictions et de combats, pour la mémoire des déportés, pour les droits des femmes, pour la dignité, pour l'humanisme, pour la paix. Certes hagiographique, le film retrace de façon non linéaire la vie de cette femme exceptionnelle que l'horreur des camps n'a pas détruite, de cette femme pleine d'humanité capable de se passionner et de se battre pour la cause des autres, de cette emmerdeuse prompte à la colère. C'est aussi en filigrane un film sur l'amour sous toutes ses formes. Il inonde les scènes familiales de douceur et de simplicité. Simone Veil s'est battue toute sa vie mais au sein de sa famille, elle avait un refuge, des soutiens. À cet égard, je me suis interrogée sur le choix d'écarter Denise Vernay, peut-être seulement

L'origine du mal de Sébastien Marnier // Vénéneux et un peu vain //

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Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille : un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d’affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi qu’une inquiétante servante.  Quelqu’un ment.  Entre suspicions et mensonges, le mystère s’installe et le mal se répand… Les premières minutes sont déroutantes, on peine à entrer dans l'histoire et l'atmosphère. Celle-ci devient oppressante dès que l'on entre dans la splendide villa de la famille. Selon l'auteur du scénario qui met ses mots dans la bouche de l'adolescente de la maison, l'origine du mal, c'est la famille, un véritable poison. Tous les personnages sont troubles et mystérieux, parfois plus que nécessaire, comme par afféterie. Le casting s'en donne à cœur joie et offre une composition plus ou moins barrée mais toujours dans le ton. Très vite, on comprend que quelque chose ne va pas, mais quoi ? Les relations familiales sont pourries

Ticket to paradise d'Ol Parker // Abyssalement creux //

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Un couple séparé est réuni pour tenter d’empêcher leur fille de commettre la même erreur qu’eux jadis : céder au coup de foudre. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais. Pas à un chef d'œuvre bien sûr, juste un film sympa. Mais ce n'est même pas ça. Ce film ne raconte rien, sinon que les parents doivent laisser les enfants vivre leur vie. De surcroît le scénario s'accroche à l'idée souvent absurde que les parents divorcés peuvent reconstituer le couple parental. C'est faux. On sent une réelle complicité entre Julia Roberts et George Clooney ; ni cela, ni les beaux paysages joliment photographiés ne suffisent à tenir un film malgré quelques répliques rigolotes. Face à autant de vide, on ne ressent qu'un ennui poli. On dirait un téléfilm de l'après-midi de la 6, version luxe. 3,5/10

Novembre de Cédric Jimenez // Sans âme //

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Une plongée au cœur de l’Anti-Terrorisme pendant les 5 jours d'enquête qui ont suivi les attentats du 13 novembre.  Une plongée nauséeuse tant la caméra - à l'épaule - virevolte façon reportage au plus prêt de l'action, si bien que parfois on ne voit rien. Le scénario est confus, comme la situation, ce qui est assez réaliste mais agaçant. La casting est génial mais leur rôle est réduit à un archétype, seule Lyna Khoudri a une partition intéressante qui rend son personnage nettement plus attachant que les flics, à peine nommés. Je lis que c'est un parti pris, certes, d'un point de vue intellectuel, je peux le comprendre mais je ne suis pas rentrée dedans. Quelques scènes d'action forte, notamment l'assaut final, d'une grande violence. Bizarrement la tension côtoie un vague ennui, sans doute à cause d'un aspect clinique. J'approuve l'absence de pathos, mais là c'est glacial, presque un reportage. Ça manque de récit, de dramaturgie, de chair

Maria rêve de Lauriane Escaffre et Yvo Muller // Charmant //

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Maria, femme de ménage, mariée depuis 25 ans, réservée, timide et maladroite, ne quitte jamais son carnet dans lequel elle écrit des poèmes. Lorsqu’elle est affectée à l'École des Beaux-Arts, elle découvre un lieu fascinant où règnent la liberté, la créativité et l'audace...  Un joli film poétique et social à la fois sur une femme de ménage qui se pique de poésie et s’ennuie ferme dans sa vie et   s’ouvre à l’art en commençant à travailler aux Beaux-Arts. Elle se découvre du courage, de la fantaisie, des envies. Bref, elle renaît à elle-même. Tendre, plutôt drôle, le film suit ses découvertes et ses errements romantiques. Karin Viard fait merveille en femme discrète et naïve face à un Grégory Gadebois en gardien facétieux, un peu ours, un peu malicieux. Leur duo, complice, en pleine redécouverte du désir et du plaisir de plaire, fait le sel de cette comédie réussie. J'aurais aimé que la relation avec la fille de Maria soit approfondie. La B.O est un peu facile mais plaisant