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Affichage des articles du août, 2019

La vie scolaire de Mehdi Idir et Grand Corps Malade

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Samia, jeune CPE novice, débarque de son Ardèche natale dans un collège réputé difficile de la ville de Saint-Denis. Elle y découvre les problèmes récurrents de discipline, la réalité sociale pesant sur le quartier, mais aussi l'incroyable vitalité et l'humour, tant des élèves que de son équipe de surveillants.  Les deux bandes annonces m'avaient fait rire et j'avais aimé Patients , alors j'ai tenté bien que les films sur la banlieue ne soient pas mon truc. Si la qualité de la réalisation a nettement augmenté, le propos est moins évident. Que veut-on dire au spectateur sur l'école de banlieue ? Que c'est difficile pour tout le monde, profs et élèves ? Que ces gamins sont paumés ? En quête d'un but ? Mal élevés et dotés d'un langage des plus orduriers ? Je ne sais pas vraiment où les réalisateurs veulent en venir car ils n'apportent rien de neuf, ni dans le point de vue, ni dans le sujet. Comédie sociale, ou plutôt chronique sociale drôl

La chute du président de Ric Roman Waugh

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Victime d’un coup monté, Mike Banning, agent des services secrets, est accusé de tentative d’assassinat sur le président américain, Allan Trumbull. Poursuivi par le FBI, il doit trouver l’identité de celui qui menace la vie du président…  Après celle de la Maison blanche, puis celle de Londres, voici celle de l'ange (en V.O). Même principe que précédemment, quoique moins d'action en duo. Cette fois, Mike est seul contre tous, ou quasi. Ça tire partout, ça explose, c'est prévisible : du bon gros blockbuster estival. Toutefois, même eu égard à sa catégorie – B – assumée, a qualité de certains effets spéciaux laisse à désirer ; on dirait un mauvais téléfilm catastrophe. Gérard Butler fait le job, soutenu par des pointures comme Morgan Freeman ou Nick Nolte. Dommage, le méchant n'a rien de charismatique et il est rapidement identifié. Oui, le spectateur ne doit surtout pas avoir à réfléchir une seconde, alors la réalisation lui colle de grosses flèches indicatives.

Late night de Nisha Ganatra

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La célèbre présentatrice d'un late show sur le déclin est contrainte d’embaucher une femme d’origine indienne, Molly, au sein de son équipe d’auteurs. Ces deux femmes que tout oppose, leur culture et leur génération, vont faire des étincelles et revitaliser l’émission.  Je m'attendais à une comédie hilarante remplie de punchlines chic et choc. Je me suis trouvée face à une comédie féministe post #metoo dotée d'un humour très américain qui ne passe pas toujours bien la frontière, surtout en VF, même si certains échanges sont réussis. Tantôt drôle, tantôt balourd, parfois sous la ceinture, le scénario vaut pour la découverte de l'envers du décor des late shows qui cartonnent aux USA, un univers machiste dans lequel un bande de crétins plus ou moins dilettantes préparent des blagues pour un présentateur tyrannique. Bizarrement, cela reste trop lisse, trop politiquement correct : on prône l'ouverture, la tolérance, le multiculturalisme, la diversité, la famille, l

Les baronnes d'Andrea Berloff

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New York, 1978. Hell's Kitchen, un quartier mal famé, est tenu par la pègre irlandaise. Lorsque leurs maris sont envoyés en prison, Kathy, Ruby et Claire, épouses de mafieux, reprennent en main les affaires familiales.  Surfant sur la vague féministe qui déferle sur Hollywood avec plus ou moins de succès, plus ou moins de profondeur, Andrea Berloff propose un film doté de personnages féminins à poigne faisant face à des hommes lâches, dépassés, voire bêtes et méchants. Elle a soigné sa reconstitution de la fin des années 70 sur une B.O extra. Le scénario, bien ficelé, tient en haleine jusqu'au bout grâce à un rythme et un suspense maîtrisés. Melissa McCarthy, Tiffany Haddish et Elisabeth Moss tiennent leur rôle avec précision et subtilité. Elles campent merveilleusement ces femmes obligées de se montrer fortes et de trouver en elles des ressources insoupçonnées. Domhnall Gleeson joue un type mystérieux assez sexy. Au-delà du propos féministe assaisonné d'humour, la

L'autre héritière de Lauren Willig

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Trouvé en librairie sur mon lieu de vacances. Dévoré en deux jours.  À la mort de sa mère, Rachel découvre que son père, qu'elle croyait décédé, est bel et bien en vie. Mieux encore, il a une autre fille. En quête d'explications, la jeune femme fait la connaissance de Simon Montfort, aristocrate et journaliste mondain. Ensemble, ils échafaudent un plan pour approcher le père de Rachel : elle devient la pétillante Vera Merton, une cousine éloignée de Simon. Il l'introduit dans l'aristocratie londonienne, elle lui fournit en retour de quoi alimenter sa chronique. Lauren Willig (1977 - ) est une romancière américaine, reconnue pour ses fictions historiques. Diplômée de Yale et d'Harvard, elle a brièvement travaillée dans un cabinet juridique tout en commençant à publier la série des «  Pink carnation  ». Elle a reçu plusieurs récompenses littéraires et donné des cours de littérature à Yale. Elle a Aliénor d'Aquitaine pour idole.  L'auteur

Le gangster, le flic et l'assassin de Lee Won-tae

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Un puissant chef de gang manque de se faire tuer par un homme qui prend la fuite. Sachant sa réputation endommagée, il doit retrouver l’assassin et le faire payer. De son côté, un inspecteur de police, est persuadé que ce dernier est l’insaisissable tueur en série nommé « K ». Le film tient exactement ce qu'il promet : un polar nerveux, violent, drôle, généreux, jouissif. Réunissez un gangster respecté, bourru, brutal, un flic cabotin aux méthodes douteuses et un assassin aussi séduisant que cinglé et crispant, vous obtenez un film noir (les scènes et l'humour) aux combats soigneusement chorégraphiés dans une ambiance sombre. Ma Dong-seok a un charisme fou en chef de la pègre et le reste du casting assure. Pas de morale, pas de question philosophique, seulement trois personnages en confrontation et une enquête dans les bas-fonds d'une Corée du Sud corrompue. Certes, la mécanique est connue et le film aurait gagné à être resserré d'une dizaine de minutes pour é

Once upon a time... in Hollywood de Quentin Tarantino

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En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.  Ça fait un an qu'on en parle et des semaines que la bande-annonce est diffusée quasi en boucle. Résultat : beaucoup d'attentes. J'espérais un grand Tarantino. Autant le dire tout de suite, la déception est à la hauteur de l'attente. Et ce n'est pas peu dire ! Parlons des points positifs. Il y en a. Quatre. La B.O sixties parfaite. Les comédiens, excellents même s'ils n'ont parfois rien à jouer. Ainsi Margot Robbie doit avoir cinq lignes de texte. Néanmoins, elle réussit à presque émouvoir en jeune actrice qui voir son propre film en salle pour découvrir la réaction du public. Leonardo DiCaprio joue bien l'enfant pourri gâté, pas très malin et crade. Brad Pitt, sexy en diable, s'en tire mieux, très bien même, grâce à un rôle plus avenant – bien qu'assez sale,

Fast & Furious : Hobbs & Shaw de David Leitch

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Hobbs, combatif mais droit, et Shaw, un homme sans foi ni loi, se détestent. Lorsque Brixton, un anarchiste génétiquement modifié, met la main sur une arme de destruction massive, les deux ennemis de longue date vont devoir alors faire équipe pour faire tomber le seul adversaire capable de les anéantir.  Dis comme ça, ça a l'air grandiloquent. Ça l'est. Tout le film est à prendre au millième degré. On garde les valeurs très familiales de Fast & Furious mais sur un mode beaucoup plus humoristique et déconnant. Si la castagne, sous toutes ses formes, est au rendez-vous et fort bien réalisée, les effets spéciaux n'ont pas toujours la qualité escomptée malgré quelques scènes de bravoure visuelle. En effet, certaines incrustations, clairement visibles, affichent une laideur malvenue. Jason Statham et Dwayne Johnson s'envoient des piques et se battent aussi efficacement qu'à l'accoutumée. Ils se font voler la vedette par Vanessa Kirby, bagarreuse mais s

Never grow old d'Ivan Kavanagh

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Un charpentier et croque-mort irlandais, Patrick Tate, vit avec sa famille à la périphérie d’une petite ville sur la route de la Californie pendant la ruée vers l’or de 1849. La vie y est dure mais paisible jusqu’à l’arrivée de Dutch Albert et sa bande de hors-la-loi qui va tout faire basculer et l’obliger à protéger sa famille…  J'aime les westerns modernes. Vraiment. Mais là, je me suis trouvée face à un film hybride. Toute la première partie installe la famille Tate dans leur milieu : un village paumé les pieds dans la boue omniprésente avec un shérif un peu mou et un pasteur un peu trop virulent. La deuxième partie traite des changements provoqués par l'arrivée des antagonistes, tant sur la communauté, lâche, indifférente, que sur les Tate, divisés entre appât du gain et crainte du regard des autres. Enfin, la troisième partie fait démarrer l'action, et notamment via la réaction de Patrick, jusque-là complètement passif. Outre deux parties plus sociologiques qu

Les faussaires de Manhattan de Marielle Heller

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Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israel se découvre un don : imiter à la perfection le style de grands romanciers. Elle monte une arnaque pour renflouer ses comptes. Je m'attendais à une comédie enlevée et jouissive combinant arnaque et littérature. Je me suis trouvée face à une comédie dramatique sur la solitude qui démarre tard, notamment parce que le synopsis dévoile plus de la moitié du film. Melissa McCarthy campe une auteur acerbe alcoolique incapable de se tenir correctement, adorant son chat, seul être avec qui elle accepte de tisser un lien. Malgré ses piques, ce personnage a quelque chose de fade, peut-être parce qu'il ne vit pas vraiment, vivant à travers les livres. Richard E. Grant, connu pour ses seconds rôles, apporte une touche de bonne humeur grâce à son personnage de dandy un peu idiot, sans le sou, léger et profond à la fois, inconséquent. Derrière la gouaille, on devine l'élégance de celui qui ne se plaint jamais. Malgré des d