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Affichage des articles du août, 2022

Là où chantent les écrevisses d'Olivia Newman // Somptueux //

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Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la " Fille des Marais ", l'isolant encore davantage de la communauté. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville ouvre à Kya un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l'un d'eux est retrouvé mort, toute la communauté la considère immédiatement comme la principale suspecte.  C'est un film sur une fille tellement adaptée à son environnement qu'elle en devient un élément à part entière, presque en dehors de la société qui de toute façon la rejette pour son étrangeté. Comme le marais de Caroline du Nord est beau ! Et quelle photographie ! Le travail sur la lumière est extraordinaire, ça donne presque envie de visiter. On suit donc Kya, de son enfance malheureuse à son émancipation de femme et de naturaliste ; c'est une personnage attachant et fascinant par son lien indéfectible au marais. Daisy Edga

Vesper Chronicles de Kristina Buozyte, Bruno Samper // Ambitieux //

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Dans le futur, les écosystèmes se sont effondrés. Quelques privilégiés se sont retranchés dans des citadelles, tandis que les autres tentent de subsister dans une nature hostile. Vivant dans les bois avec son père alité, la jeune Vesper rêve de s’offrir un autre avenir, grâce à ses talents de bio-hackeuse.  Je ne m'attendais pas tout à fait à cela. Le film, notamment grâce à des décors naturels à une faible utilisation des effets numériques, parvient à créer une atmosphère particulière, très organique avec ses plantes étranges, parfois belles et son sol spongieux et grouillant. Si parfois il connaît des fulgurances d'action, ou plutôt de violence maîtrisée, il s'agit plus d'un film d'ambiance qui raconte une Terre désolée où tout est gris ou brun et où la survie est difficile et dangereuse. Si le scénario tient la route dan l'ensemble, il manque de finition et quelques scènes s'avèrent trop étirées et auraient mérité une coupe franche au montage. Le casting

De l'autre côté du ciel de Yusuke Hirota // Joli //

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Lubicchi vit au milieu de grandes cheminées dont l’épaisse fumée recouvre depuis toujours le ciel de sa ville. Il aimerait prouver à tous que son père disait vrai et que, par-delà les nuages, il existe des étoiles. Un soir d’Halloween, le petit ramoneur rencontre Poupelle, une drôle de créature avec qui il décide de partir à la découverte du ciel.  J'y suis allée sur la foi de l'affiche que je trouvais jolie. Je suis un peu déçue par une histoire pas transcendante très 1er degré et des dessins simplistes. C'est mignon mais ça manque de détails. Le concept en lui-même - la ville cheminée au ciel obscurci de fumée - n'est pas mal mais j'ai trouvé l'ensemble un peu fade. Pourtant il se dégage une certaine poésie de cet animé humaniste qui prône la liberté, la solidarité, l'écologie et la transmission. Les personnages sont attachants et le design de "l'homme-poubelle" est inventif et particulièrement réussi. Toutefois je regrette un ventre mou  la

La bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins

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J'ai découvert ce roman en fouinant dans une librairie au cours d'une semaine de vacances.  Carolyn était une jeune Américaine comme les autres, avant la mort de ses parents. Avant qu’un mystérieux personnage, Père, ne la prenne sous son aile avec d’autres orphelins. Depuis, Carolyn n’a pas eu tant d’occasions de sortir. Elle et sa fratrie d’adoption ont été élevés suivant les coutumes anciennes de Père. Ils ont étudié les livres de sa Bibliothèque et appris quelques-uns des secrets de sa puissance. Mais Père a disparu – peut-être même est-il mort – et il n’y a maintenant plus personne pour protéger la Bibliothèque des féroces combattants qui cherchent à s’en emparer.  Scott Hawkins (1969 - ) est un informaticien et écrivain. Titulaire d'un B.S.C.S. en informatique en 1991 et d'un M.S. en 1993, il est spécialiste des systèmes Unix/Linux. "La bibliothèque de Mount Char" (The Library at Mount Char, 2015) est son premier roman.  Pendant les 350 premières pages, j

La très très grande classe de Frédéric Quiring // Mouais //

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Sofia, jeune prof de français martyrisée par ses élèves croyant enfin tenir la mutation de ses rêves, se lance dans des adieux explosifs. Problème : sa mutation est gelée, elle est désormais en concurrence avec une professeure au CV irréprochable et ses élèves sont bien décidés à lui faire payer ses paroles.  Je n'en attendais tellement rien que je ne pouvais pas être déçue. Le scénario, prévisible à souhait, surfe sur une tonne de clichés avec un mélange de paresse, d'ironie et de tendresse. Certaines vannes fonctionnent bien et font marrer le spectateur qui accepte d'abandonner toute velléité de finesse. L'ensemble est balourd mais plein de bonnes intentions. Le casting –Bedia, Elmaleh, Berléand – est sympa même si Audrey Fleurot est en-dessous de ses standards habituels. Le final est un peu bâclé mais on ressort détendu.  5/10

Nope de Jordan Peele // Surcoté //

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Les habitants d’une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d’une découverte terrifiante à caractère surnaturel.  Convaincue par la bande annonce, je plaçais pas mal d'espoirs dans ce film qui est mon premier de Jordan Peele. force est de constater ma déception quant à ma première rencontre avec ce réalisateur. C'est lent, long, ça tarde à commencer. La photographie est très sombre ; sur un écran plus petit, on ne verra rien. Les personnages ont souvent plus agaçants qu'attachants. Lui est monolithique, elle trop expansive. Keke Palmer est top en hystérique de service mais Daniel Kaluuya inexpressif et dépourvu d'émotion. Le monteur est énigmatique au point d'être incompréhensible, même si j'adore la voix de Michael Wincott. Le coté western est plutôt sympa, le concept intéressant mais sous-exploité, notamment au regard du design de l'alien qui ressemble fort à une soucoupe volante gonflable puis à des voiles de bateau. Il ne fait pas peur, e

Bullet train de David Leitch // Fun //

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Coccinelle, un assassin malchanceux doit récupérer une mallette. Il embarque dans le train le plus rapide au monde aux côtés d'adversaires redoutables qui ont tous un point commun, mais dont les intérêts divergent radicalement...  Je craignais de me trouver face à un énième film d'action avec beaucoup – beaucoup trop – d'humour lourdingue qui fait retomber tous les effets tentés. Effectivement, le scénario n'est pas avare en blagues pas très fines et en répliques un peu nulles mais pas au point de rendre le film insupportable ou même agaçant. Youpi ! En effet l'humour régressif, ironique se marie assez bien à une violence graphique aux couleurs pop. Brad Pitt cabotine un max dans cette comédie bourrée de combats bien fichus et d'effets spéciaux réussis. Il interprète en effet un assassin baba cool qui philosophe entre deux bastons. Il est accompagné de seconds couteaux plus ou moins bien campés ; s'en sortent avec les honneurs Aaron Taylor-Johnson, Andrew Ko

Sundown de Michel Franco // Crépusculaire et désabusé //

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Une riche famille anglaise passe de luxueuses vacances à Acapulco quand l’annonce d’un décès les force à rentrer d’urgence à Londres. Au moment d’embarquer, Neil affirme qu’il a oublié son passeport dans sa chambre d’hôtel. En rentrant de l’aéroport, il demande à son taxi de le déposer dans une modeste pension d’Acapulco... Faute d'offre pléthorique ces derniers temps, je suis allée voir ce film sur le nom des acteurs et la jolie affiche sans voir la bande-annonce, si bien que je ne m'attendais pas du tout à cette ambiance quasi crépusculaire alors même qu'on passe la moitié du film sur une plage. D'ailleurs les paysages sont magnifiques. Le film contient très peu de dialogues car il se concentre sur Neil, un personnage taiseux, mystérieux, qui esquive toutes les tentatives de l'approcher, ou presque. On découvre à la fin pourquoi, de même que le lien avec les autres personnages qui reste au début assez obscur. On s'ennuie à regarder Neil descendre les bières, s