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Affichage des articles du juin, 2022

En roue libre de Didier Barcelo // Fantaisiste et tendre //

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La folle histoire de Louise qui se retrouve un beau matin, prise au piège dans sa propre voiture, terrassée par une attaque de panique dès qu’elle veut en sortir, et de Paul qui vole la voiture et du coup la kidnappe.  L'idée de départ est un peu barrée mais une fois accepté le caractère improbable de la chose, on peut profiter de la folie douce qui inonde le film, ou quand deux paumés se rencontrent et parviennent à unir leurs solitudes. Marina Foïs, fragile, et Benjamin Voisin, intense, excellent dans ces rôles pourtant pas faciles et les rendent attachants. Leur complicité constitue l'un des piliers de cette comédie dramatique douce amère qui amuse et émeut. Ils sont secondés par des apparitions plus ou moins longues, plus ou moins loufoques, notamment de Jean-Charles Clichet en psy sous pression et Emilie Arthapignet en auto-stoppeuse cinglée. Comme les personnages, le scénario part dans tous les sens, tout en conservant un rythme et une certaine unité. Bien mené, quoique b

Les goûts et les couleurs de Michel Leclerc // Joli //

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Marcia, jeune chanteuse passionnée, enregistre un album avec son idole Daredjane, icône rock des années 1970, qui disparait soudainement. Pour sortir leur album, elle doit convaincre l’ayant-droit de Daredjane, Anthony, placier sur le marché d’une petite ville, qui n’a jamais aimé sa lointaine parente et encore moins sa musique.  C'est drôle comme deux films vus la même semaine, n'ayant apparemment pas de lien peuvent finalement évoquer la même chose, ici la musique, la création musicale. Celui-ci ajoute la transmission, la filiation, le partage de la musique et son caractère clivant socialement. Il évoque aussi nombre d'autres sujets, plus ou moins adroitement et de toute façon superficiellement. Rebecca Marder et Felix Moati rendent leurs personnages attachants, ce qui n'était pas gagné au départ, entre une bobo qui se la joue un peu et un beauf ébloui par l'argent. La première a une vraie sensibilité musicale, le second découvre la beauté de la musique et son pou

Elvis de Baz Luhrmann // Flamboyant //

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La vie et l'œuvre musicale d'Elvis Presley à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux manager, le colonel Tom Parker, de l'ascension du chanteur à son statut de star inégalé, sur fond de bouleversements culturels et de la découverte par l'Amérique de la fin de l'innocence. Ce biopic, forcément musical, doté d'une B.O extraordinaire, raconte autant la vie de Presley que l'emprise folle qu'a eu son manager sur lui. Décors et costumes flamboyants, dans le plus pur style Luhrmann qui s'offre une réalisation clinquante. La première scène d'hystérie m'a décontenancée tant les réactions sont démesurées et paraissent complètement disproportionnées. Il faut se replacer dans le contexte du Sud puritain des États-Unis des années 50 : son déhanché pour le moins suggestif n'avait jamais été vu. Presley accompagne le mouvement de libération sexuelle et des droits civiques. Aujourd'hui icône un peu passée de mode, Elvis a été

La chance sourit à madame Nikuko de Ayumu Watanabe // Bordélique //

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Nikuko est une mère célibataire bien en chair et fière de l'être, tout en désir et joie de vivre.  Après avoir ballotté sa fille Kikurin la moitié de sa vie, elle s’installe dans un petit village de pêcheurs. Kikurin ne veut pas ressembler à sa mère et ses relations avec Nikuko ne sont pas toujours simples. Jusqu’au jour où ressurgit un secret du passé. Je suis déçue par ce dessin animé dont j'avais lu qu'il se rapprochait d'un Miyasaki. Que nenni ! Le trait est souvent un peu grossier, la nourriture n'est jamais appétissante, les paysages sont jolis mais statiques. On ne retrouve pas la poésie de Miyasaki. Certes le thème est social  mais ce n'est pas vraiment drôle, ni émouvant. C'est sympathique. Elle est mignonne cette petite Kikurin qui regarde sa mère en entomologiste et s'effare de son comportement à la fois joyeux et goinfre.  L'enjeu en lui-même est intéressant mais trop tardivement dévoilé. La narration part dans tous les sens, alternant sa

Petite fleur de Santiago Mitre // Déroutant //

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José, Lucie et leur petite fille viennent de s'installer dans une petite ville d'Auvergne. L’ennui s’installe. Lucie consulte un psy, José rend visite à leur voisin. Ils lancent une nouvelle thérapie : trinquer, danser et jouer au meurtrier tous les jeudis : la nouvelle recette du bonheur !  Comme beaucoup de films, le synopsis raconte un bon premier tiers du scénario, du coup aucune surprise et une mise en situation qui s'étire en longueur dans des décors tristes et gris. Le morne quotidien d'un couple malmené par un nourrisson et la perte d'un emploi dans une ville on l'on ne connaît pas grand monde. Bof, m'en fiche. Le film démarre vraiment quand les meurtres débutent même si on comprend mal ce qui pousse ce type fade à tuer son voisin, certes agaçant de suffisance mais aussi charismatique. Ce dernier est incarné par Melvil Poupaud, excellent, élégant, brillant. La scène de la danse est assez jubilatoire. J'aurais apprécié une explication, ou même un

Champagne ! de Nicolas Vanier // Réussi //

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Jean, Patrick, Joanna, Romane et Guillaume se connaissent depuis plus de 30 ans. Ce week-end, ils se retrouvent en Champagne pour l'enterrement de vie de garçon de Patrick, le dernier célibataire de la bande. Mais la future épouse, arrivée à l'improviste, ne fait pas l'unanimité...  J'adore les films sur l'amitié et les bandes de potes. Celui-ci nous présente une bande unie composée de grandes gueules qui se disputent, se rabibochent, se soutiennent, s'aiment, se détestent, se pardonnent... Chaque couple mène sa propre vie de son côté que l'on devine en filigrane entre les discussions, les engueulades, les cuites. Le scénario évoque l'amitié, le couple, la fidélité, l'usure du temps sur les sentiments, leur pérennité, l'amour. Bien sûr tout est prévisible, il faut accepter de se laisser porter, malgré les plans inutiles sur la tourterelle. On rit beaucoup avec ce casting complice qui parvient à nous inclure bien mieux que la pauvre nouvelle pièce

Jurassic world : le monde d'après de Colin Trevorrow // Divertissant //

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Quatre ans après la destruction de Isla Nublar. Les dinosaures font désormais partie du quotidien de l’humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l’espèce humaine maintenant qu’elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l’histoire ait jamais connues. J'avais bien aimé le précédent que j'avais trouvé visuellement intéressant. Clairement, celui-ci est en-dessous, notamment à cause d'effets spéciaux en demi-teinte, parfois excellents et parfois vraiment laids avec des animatroniques peu réussis. Le scénario accumule les rebondissements de façon un peu artificielle mais se suit plaisamment. Je m'interroge sur la nécessité de l'enfermer systématiquement dans des lieux clos plutôt que de profiter du contexte "dinosaures en liberté". Le casting est impressionnant (Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Laura Dern, Sam Neill, Jeff Goldblum, DeWanda Wise, Omar Sy...) mais le nombre pléthorique de person

C'est magnifique de Clovis Cornillac // Déconcertant //

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Pierre a toujours vécu loin des désordres du monde entre ses abeilles et ses hibiscus. Lorsque ses parents meurent, il découvre qu’il a été adopté et doit apprendre à survivre dans une société moderne. Déterminé à élucider le mystère de ses origines, il croise la route d’Anna qui, touchée par la bienveillance de cet homme pas comme les autres, accepte de l’aider.   À la fois poétique, naïf, désuet et légèrement ringard, comme Pierre en fait qui semble venir d'un autre siècle, voire d'une autre planète, le film suit les pérégrinations de cet inadapté social qui rencontre des gens plus ou moins bien intentionnés. J'aurais aimé que le scénario s'attarde plus sur la campagne où les images sont très belles et où le caractère fantastique du récit s'exprime le mieux. Clovis Cornillac réalise une ode à la famille de cœur et à la fantaisie qui enchante le quotidien. Il joue bien mais son personnage lunaire s'avère pour le moins déconcertant. Alice Pol réussit à amener sa

Firestarter de Keith Thomas // Sympathique //

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Andy et Vicky tentent d'échapper à une agence fédérale qui cherche à capturer leur fille Charlie. En effet, celle-ci dispose d’une faculté extraordinaire de pyrokinésie… Andy a appris à sa fille à maîtriser sa colère ou sa douleur qui déclenchent son pouvoir. Mais Charlie a désormais 11 ans et elle a de plus en plus de mal à maîtriser ses émotions – et donc le déclenchement du feu.  J'ai lu le roman il y a environ quinze ans ; je me souviens que je l'ai aimé mais pas des détails. Après la séance, je me suis dit que l'intrigue avait été considérablement simplifiée et un personnage très modifié. Après vérification, effectivement, j'avais raison. La brève durée du film aurait largement permis avec un allongement raisonnable de plus amples développements et donc une plus grande fidélité à l'œuvre originale. Cela dit dit, j'aime bien la direction prise pour le personnage de Rainbird, toujours obsessionnel mais dans un autre sens ; dommage que le scénario sacrifie