samedi 16 juin 2018

Ocean's 8

Debbie Ocean a mis à profit ses cinq années de prison pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle recrute une équipe de choc composée de diverses spécialistes. Le butin convoité est une rivière de diamants d'une valeur de 150 millions de dollars. 
Huit jolies femmes additionnent leurs talents pour voler un bijou -gros mais pas forcément hyper beau au passage. Parmi ces personnages en carton-pâte à peine dessinés et stéréotypés, seules l'actrice, la styliste et la receleuse ont un véritable intérêt. Anne Hathaway, Helena Bonham Carter et Sarah Paulson s'en sortent avec les honneurs avec des interprétations plutôt hautes en couleur. Cate Blanchett et Sandra Bullock -qui a clairement fait un casse dans une clinique de chirurgie esthétique- surnagent, les autres sont peu ou prou transparentes. Le scénario n'invente pas la poudre mais réserve son lot de rebondissements finaux mais pas vraiment de péripéties. Les décors sont clinquants, les robes somptueuses, les blagues rigolotes, la B.O entraînante. Féministe ? Je ne sais pas. Féminin en tout cas, c'est déjà pas mal. Un spectacle creux, sympathique, malicieux et divertissant.















6/10

Le cercle littéraire de Guernesey

Londres, 1946. Juliet Ashton, écrivain, reçoit une lettre d’un mystérieux membre du Club de Littérature de Guernesey créé durant l’occupation. Elle décide de se rendre sur l’île et rencontre alors les excentriques membres du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates dont Dawsey, le charmant et intriguant fermier à l’origine de la lettre.

J'ai raté le livre dont est tiré ce joli film, je ne tarderai pas à réparer cette erreur. On parle beaucoup de lecture mais aussi et surtout du passé, des conséquences de l'occupation sur une petite île qui constitue un superbe décor reconstitué notamment à l'aide de costumes parfaits. Ça donne envie d'aller visiter. Lily James campe avec fraîcheur un auteur curieux et bienveillant, soutenue par son éditeur, le séduisant et toujours impeccable Matthew Goode. Dommage qu'elle soit un peu fade. Heureusement, elle est épaulée par des seconds rôles bien troussés, Michiel Huisman, Katherine Parkinson, Tom Courtenay, Penelope Wilton, et le très sexy Glen Powell. Le scénario s'avère aussi prévisible qu'on pourrait le prévoir mais bien plus émouvant. En effet, s'il fait sourire, le film réussit à émouvoir à plusieurs occasions, parfois inattendues. C'est suranné, élégant, charmant.

8,5/10

samedi 9 juin 2018

Le book club

Quatre amies de toujours se retrouvent, comme chaque semaine, au sein de leur club de lecture, lorsque l’une d’entre elles propose de découvrir ‘’50 nuances de Grey’’ ! Elles ont réussi leur vie et elles comptent bien continuer à en profiter, et vivre de nouvelles expériences !

Il y a une vie après soixante ans ! Il y a une vie sexuelle après soixante ans. Rassurant. Quatre sexagénaires et plus -voire bien plus- redécouvrent leur sexualité et l'amour grâce à leur lecture du bouquin de E.L James. Diane Keaton, Jane Fonda, Candice Bergen et Mary Steenburgen s'en donnent à cœur joie dans cette comédie jubilatoire et dynamique. Parmi les messieurs, on retiendra Andy Garcia, toujours plein de charme. J'ai failli rire en voyant les mauvaises incrustations de jolis décors. Dommage car certains paysages sont magnifiques. Le scénario s'avère peu épais et utilise pas mal de clichés mais satisfait par sa légèreté joyeuse et ses réparties cinglantes. J'ai souvent ri des mésaventures amoureuses et sexuelles de ces dames.

7/10

vendredi 8 juin 2018

Jurassic world : fallen kingdom

Depuis trois ans, Isla Nublar est abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes. Lorsque le volcan de l'île entre en activité, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. 

J'avais moyennement aimé Jurassic world, trop peu original, trop fade, trop facile. Changement de réalisateur pour un opus plus sombre, mieux contrôlé, plus gothique. Les personnages ont encore des réactions peu logiques mais le scénario, quoique bancal et clairement bourré d'incohérences, met en place de nouveaux enjeux et pose de nouvelles questions tout à fait intéressantes. Chris Pratt et Bryce Dallas Howard forment un duo attachant et énergique. Isabella Sermon est étonnante pour son âge et joue impeccablement. Les seconds et troisièmes rôles sont campés par des visages connus plaisants à retrouver. On profite à plein des dinosaures ultra bien faits et réalistes, il y aurait même pu y en avoir plus. Le film est bien construit en deux parties différentes et également tendues. J'adore l'image du dino sur le toit du château, un rien artificielle mais top. On renoue avec la veine du premier Jurassic park et ça c'est chouette.

7,5/10

samedi 2 juin 2018

Opération Beyrouth

Beyrouth, 1972. Diplomate américain, Mason Skiles donne une réception sacrément gâchée par l'arrivée de terroristes qui canardent les convives. Dix ans plus tard, Mason, médiateur privé à Boston, a sombré dans l'alcool. Jusqu'au jour où il revient à Beyrouth à la demande de l'Agence.

Décidément l'espionnage a la cote cette année. Ici, les intérêts de la moitié du monde s'entrechoquent au Liban dans les 70's et les 80's, ne manquent que l'URSS mais je suis sûre que c'est seulement pour ne pas rajouter une demi-heure au film. Personne ici n'a le beau rôle (et pourtant le réalisateur ne peut se défendre d'un élan patriotique -dit coup du drapeau- à la fin). Les espions pensent surtout à leur intérêt personnel qu'il soit politique ou financier et le héros est alcoolique et surtout sacrément paumé. John Hamm campe sobrement un négociateur largué mais brillant, collaborant avec un agent efficace, une Rosamund Pike parfaite mais sous-employée. J'ai beau savoir que le Liban est volontiers francophone, pourquoi une diplomate-espionne américaine parle-t-elle français à tout bout de champ ? A noter en passant la jolie apparition de Leïla Bekhti. On peut regretter le classicisme de ce film réalisé trop platement mais on retient surtout son efficacité. Si la tension est réelle, ce qui frappe le plus c'est le contexte géopolitique, très intéressant. Un peu plus de punch et une réelle complicité entre les deux acteurs principaux auraient pu en faire un film dont on se souvient.

7/10

lundi 28 mai 2018

La délicatesse de David Foenkinos

Ayant terminé mon Christie, je me trouve sans livre pour reprendre mon train. Je pique donc La délicatesse à ma mère. Je l'ai déjà lu, c'est parfait pour le train. 

David Foenkinos (1974 - ) est victime à seize ans d'une infection à la plèvre qui l'oblige à passer plusieurs mois à l'hôpital. C'est sur son lit de convalescent qu'il commence à dévorer les livres, puis à peindre et à jouer de la guitare. Il étudie les lettres à la Sorbonne et parallèlement la musique dans une école de jazz, ce qui l'amène au métier de professeur de guitare. Le soir, il est serveur dans un restaurant. Après une poignée de manuscrits ratés, il trouve son style, poste son premier roman Inversion de l'idiotie, refusé par tous les éditeurs sauf Gallimard qui le publie en 2002, avec lequel il obtient le Prix François-Mauriac. C'est avec Le Potentiel érotique de ma femme, qui obtient le prix Roger-Nimier en 2004, que la carrière de l'auteur décolle vraiment. Parallèlement à ses fictions romanesques, il publie Les Cœurs autonomes, roman inspiré de l'affaire Florence Rey et, en 2010, un livre consacré à John Lennon. En 2009, il publie La Délicatesse, qui constitue le véritable tournant de sa carrière. Le livre est encensé par la critique et se retrouve sur toutes les listes des grands prix littéraires : Renaudot, Goncourt, Fémina, Médicis et Interallié. Il obtiendra finalement dix prix et deviendra un phénomène avec l'édition Folio, dépassant le million d'exemplaires. En 2011, avec son frère Stéphane, il co-réalise le film La Délicatesse, adaptation de son roman éponyme. Le film sera nommé deux fois aux Césars 2012, pour le César de la meilleure adaptation, et pour le César du meilleur premier film. En 2014, il co-adapte son roman Les souvenirs. En 2014, avec son roman Charlotte, David Foenkinos connaît la consécration. Finaliste du Prix Goncourt, il obtient finalement plusieurs grands prix littéraires, dont le Prix Renaudot et le Goncourt des lycéens. Il obtient également le Globe de Cristal du meilleur roman de l'année 2014. Ses romans sont traduits dans une quarantaine de langues.

Nathalie et François sont heureux, s'aiment et semblent avoir la vie devant eux. Mais, un jour, la belle mécanique s'enraye. François décède brutalement. Le cœur de Nathalie devient une forteresse sur laquelle même les plus grands séducteurs vont se heurter. Sauf un : Markus, un collègue terne et maladroit, sans séduction apparente, qu'elle embrasse un jour sur un coup de tête. 

L'ayant déjà lu, je me souvenais que j'avais bien aimé, que j'avais éprouvé le frisson caractéristique d'un livre qui m'a touchée au cœur. La raison pour laquelle l'alchimie de ce roman opère sur moi reste un sérieux mystère. Je n'apprécie pas tellement ce genre de littérature d'habitude et pourtant j'adore celui-ci. L'écriture de Foenkinos me semble parfois trop simple et trop explicative (eh ! David, je sais lire entre les lignes, pas besoin de me faire un dessin) mais elle emporte le lecteur dans cette drôle d'histoire d'amour qui n'avait rien au départ pour exister. C'est plus fort que moi, ça m'émeut. 
J'aime l'élégante Nathalie qui se noie dans le travail pour oublier sa souffrance et a finalement un coup de folie comme un coup de pied au fond du bassin. J'aime l'étrange Markus, doux géant maladroit mais toujours prévenant. Même Charles m'amuse, avec son obsession amoureuse contrariée pour Nathalie. J'aime aussi les intermèdes iconoclastes entre les chapitres et les notes de bas de page en forme de clin d'œil au lecteur. C'est léger, très léger bien sûr, car ce roman porte très bien son titre. Il y est question de délicatesse, sous toutes ses formes : celle d'une femme blessée, celle d'un Suédois plein de doutes mais aussi de tendresse, l'absence de celle d'un homme dépassé par ses propres sentiments. 
Il faut prendre cette œuvre pour ce qu'elle est : un roman léger, pétillant, charmant, pas un chef d'œuvre, une étrange alchimie bercée de folie douce. Bref une gourmandise de vacances qui fait sourire, distrait et même émeut.

9/10

dimanche 27 mai 2018

Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie

J'aime l'adaptation anglaise ainsi que la française de ce roman que je n'avais pas eu l'occasion de lire... jusqu'à présent. 
Pour la première fois depuis vingt ans, le vieux Simeon Lee a décidé de réunir tous ses enfants pour les fêtes de fin d'année. Le 24 décembre, on le trouve sauvagement assassiné dans sa chambre. Tout le monde détestait ce vieillard cynique : Alfred et sa femme pour la tyrannie qu'il exerçait sur leur couple, David pour les humiliations dont il a abreuvé sa mère, George pour la rente - trop parcimonieuse à son goût - qu'il lui sert, Harry, le fils prodigue, pour le mépris dans lequel il le tient. Et puis il y a ce mystérieux M. Farr qui vient d'Afrique du Sud. Et la jeune Pilar, la petite-fille espagnole, n'a-t-elle pas déclaré froidement qu'elle n'hésiterait pas à trancher la gorge d'un ennemi ? 

Pour en savoir plus sur cette chère Agatha Christie, vous pouvez vous contenter du petit paragraphe qui suit. Pour la version longue, vous pouvez vous reporter à ma critique de Mort sur le Nil. 
Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller (1890 - 1976), surnommée la « Reine du crime » est considérée comme l'auteur le plus lu chez les Anglo-Saxons après Shakespeare. Elle a écrit plusieurs romans sous le pseudonyme de Mary Westmacott. C'est aussi l'auteur le plus traduit dans le monde. Elle a publié 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre. Ses romans et nouvelles ont été maintes fois adaptés au cinéma ou à la télévision. 

Ici l'auteur a choisi un véritable huis clos familial, plein de tensions, de rancœurs et doté d'un meurtre sanglant. Certains personnages sont particulièrement antipathiques : le détestable vieillard tyrannique aimant distiller son venin, le politicien avide et sa superficielle épouse, le valet à patte de velours... D'autres apparaissent nettement plus sympathiques : Lydia, l'épouse racée et ironique, Stephen Farr, l'aventurier séduisant, Hilda, l'épouse protectrice et lucide, Tressilian, le vieux majordome à l'insubmersible fidélité. Dans cet opus, les hommes sont souvent faibles, protégés ou guidés par leur femme. Pilar reste à part, un charmant petit monstre cruel et exotique dont la beauté fascine ces messieurs.
L'intrigue, principalement basée sur les témoignages relatifs aux alibis des différents protagonistes, bénéficie de ses personnages bien troussés, et pour certains dotés d'une verve appréciable. L'enquête, menée par un policier local efficace et ce cher Hercule Poirot, plus discret que d'habitude, avance à coups de déductions logiques, dont une est copieusement appuyée par Christie. Celle-ci use de ficelles un peu épaisses mais cela n'a diminué en rien le plaisir de ma lecture. Celui-ci devant beaucoup à l'atmosphère -so british- très réussie du roman. 
Au final, Christie livre un roman policier bien ficelé don j'adore l'ambiance surannée.

8,5/10

mercredi 23 mai 2018

La fête des mères

Possessives, bienveillantes, maladroites, absentes, omniprésentes, débordées, culpabilisantes, indulgentes, aimantes, fragiles... Fils ou fille, nous restons quoiqu'il arrive leur enfant avec l'envie qu'elles nous lâchent et la peur qu'elles nous quittent. Et puis nous devenons maman ... et ça va être notre fête !

Je ne m'attendais à rien de bon, il s'agissait surtout d'une coïncidence d'horaires. Un film sur la maternité, je craignais le côté moralisateur. Ce fut plutôt une agréable surprise. Le casting, majoritairement féminin, mais aussi masculin, est bon. Citons Audrey Fleurot et Olivia Côte en tête, la première en femme de pouvoir bouleversée par une maternité qui tombe vraiment mal, la seconde en fille traumatisée par une mauvaise mère qui ne veut pas avoir d'enfant. Ce film choral manque parfois de fluidité mais se révèle assez drôle. Je regrette néanmoins un final poussif et longuet, paradoxalement un peu bâclé. Réaliste, touchant, le film pose un regard tendre sur les mères et sur leurs enfants, en alignant trop de personnages. Globalement réussi malgré ses faiblesses.

6,5/10

samedi 19 mai 2018

Le palmarès du festival de Cannes 2018

Le 71ème Festival de Cannes 2017 a dévoilé ce samedi 19 mai son palmarès, décerné par le jury présidé par Cate Blanchett. 

Palme d'or : Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda

Palme d'or spéciale : Le Livre d'image de Jean-Luc Godard
Grand prix : BlacKkKlansman de Spike Lee
Prix de la mise en scène : Cold War de Pawel Pawlikowski

Prix d'interprétation masculine : Marcello Fonte pour Dogman
Prix d'interprétation féminine : Samal Yeslyamova pour Ayka
Prix du jury : Capharnaüm de Nadine Labaki

Prix du scénario (ex-æquo) : Nader Saeivar pour Trois visages ; Alice Rohrwacher pour Heureux comme Lazzaro
Prix Un certain regard : Border de Ali Abbasi
Prix du jury Un certain regard : Les Morts et les autres de João Salaviza et Renée Nader Messora
Prix d'interprétation Un certain regard : Victor Polster pour Girl

Prix de la mise en scène Un certain regard : Sergei Loznitsa pour Donbass
Prix du scénario Un certain regard : Meryem Benm'Barek pour Sofia
Caméra d'or : Girl de Lukas Dhont

Deadpool 2

L’insolent mercenaire de Marvel remet le masque ! Plus grand, plus-mieux, il devra affronter un Super-Soldat dressé pour tuer, repenser l’amitié, la famille, et ce que signifie l’héroïsme – tout en bottant cinquante nuances de culs, car comme chacun sait, pour faire le Bien, il faut parfois se salir les doigts. 
J'avais moyennement aimé le premier opus. Le deuxième, c'est rebelote mais en pire ! Ordurier comme jamais, d'une vulgarité sans nom et inutile de surcroît, des blagues salaces pas drôles... Quelques moment amusants et la dénonciation des discriminations et de la violence faite aux enfants ne compensent pas la vacuité de ce film. Oui aux effets spéciaux soignés, oui à la drôle d'habitude du personnage de briser le quatrième mur. Si Morena Baccarin amène son charme et Zazie Beetz son énergie pétillante, Ryan Reynolds s'avère limité par le port du masque et Josh Brolin par son personnage. Le jeune Julian Dennison exprime une sacrée rage, c'est sans doute le personnage le plus intéressant. Et qu'est-ce que les X-men viennent faire dans ce bac à sable ? Je n'ai pas réussi à rentrer dans le film malgré la bonne B.O, pas réussi non plus à m'émouvoir du sort des personnages.

3,5/10

dimanche 13 mai 2018

Monsieur Je-sais-tout

Vincent Barteau, 35 ans, entraîneur de foot, voit débouler dans son quotidien de célibataire, son neveu, Léo, 13 ans, Asperger et joueur d'échecs émérite. Cette rencontre aussi singulière qu'explosive va bouleverser l'existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie. 

Je ne m'attendais à rien parce que je ne suis pas fan du tout d'Arnaud Ducret. Heureusement, même s'il n'a pas un immense talent, il parvient à éviter de surcharger son personnage. Je pense toutefois que d'autres acteurs plus doués auraient fait mieux de ce rôle d'oncle colérique qui n'a rien réglé de ses conflits familiaux passés et se retrouve avec un neveu pour le moins particulier sur les bras. Max Baissette de Malgraive a une bonne bouille et s'avère attendrissant. Alice David offre un contre-point d'équilibre à ce duo explosif. Bien que la fin soit courue d'avance, ce qui compte, c'est le voyage. Ici, il est plaisant, notamment grâce au reste du casting et aux beaux paysages de La Rochelle. On sourit souvent, on est légèrement ému parfois. L'Asperger est traité de façon relativement sobre et sans prétention à un réalisme total (du moins j'espère parce que résoudre un autisme non soigné en 10 jours, si c'était possible, ça se saurait). Je regrette un certain aspect caricatural et bien trop resserré dans le temps. En revanche, la critique du traitement médical de l'autisme a le mérite d'être claire et a priori justifiée. Sympathique.

6,5/10

mercredi 9 mai 2018

Everybody knows

A l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

 Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre même après avoir vu la bande annonce. J'avais tablé sur un thriller dramatique et je ne suis pas tombée loin. Everybody knows ressort plus du drame familial et parfois social tendu que du thriller. Après des premières scènes de retrouvailles joyeuses et un mariage qui respire le bonheur, l'évènement nous cueille car l'on ne s'y attend pas. Ensuite, la tension monte, connaît un léger creux, puis reprend. Penelope Cruz est épatante, interprétant cette femme digne mais pas fière avec beaucoup de justesse. Javier Bardem et Ricardo Darin sont impeccables. Pourquoi ce n'est pas le chef d'œuvre attendu ? Sans doute parce que la justesse du propos, la démonstration des vieilles rancœurs dans un village vinicole et du poids des secrets de famille (rapidement éventés me concernant), ne parvient pas à émouvoir complètement, d'autant que parfois les lenteurs agacent. C'est dommage parce que cette atmosphère paranoïaque où chacun suspecte l'autre, alors que cet autre fait partie de la famille, rend claustrophobe tant elle est étouffante. 

7/10

samedi 5 mai 2018

Rampage

David Okoye, primatologue, s'est pris d'affection pour George, un gorille albinos. Mais suite à une expérience génétique catastrophique, George se métamorphose en monstre incontrôlable. D'autres animaux se transforment en prédateurs enragés, détruisant tout sur leur passage. 

Le film commence fort avec une première scène tendue ultra bien faite portée par Marley Shelton. Et puis patatras. Les effets spéciaux, inégaux, ne compensent pas un scénario pauvre et un jeu invisible. Dwayne Johnson, le regard plus vide que jamais, le sourire mega-ultra-bright, campe un primatologue ex des forces spéciales -oui, oui, tout ça ! Faut bien justifier le fait qu'il sache piloter un hélico et tirer au fusil d'assaut-. Naomie Harris et Jeffrey Dean Morgan complètent le trio de tête. La première de façon assez transparente et le second en surjeu quasi permanent. Les méchants sont caricaturaux et sans envergure. L'avantage du film : de la distraction au deuxième ou troisième degré, parfois volontaire, parfois non et un gigantesque jeu de destruction en forme d'exutoire jubilatoire. On pose son cerveau à l'entrée, on le reprend en sortant. Un divertissement efficace qui manque d'un second degré total pour convaincre.

4/10

mercredi 2 mai 2018

Otages à Entebbe

1976, un vol Air France de Tel Aviv pour Paris est détourné sur Entebbe, en Ouganda. Les faits qui s'y sont déroulés ont changé le cours de l'histoire.

 Je ne sais pas si cette prise d'otages a changé le cours de l'Histoire mais il m'a surtout fait l'effet d'un reportage avec reconstitution, menée par d'excellents acteurs. Si ce film manque sérieusement d'un véritable point de vue, il ne manque pas de bons comédiens à commencer par Rosamund Pike, Daniel Brühl et Denis Ménochet. A noter que, pour une fois, les personnages français ne sont ni ignorés ni nuls, au contraire. Heureusement que le personnel de bord a eu un comportement héroïque. J'avoue que, malgré ma sympathie pour les acteurs principaux, je n'ai pas éprouvé d'empathie pour les personnages. Les otages sont trop peu personnifiés, les preneurs d'otages sont des bourges sans passé communo-intello-radicaux qui se vautrent dans l'idée de la révolution avant de se casser les dents sur la réalité. Seul Rabin m'a intéressée dans sa tentative de se montrer humain et politique, de faire la paix sans perdre les élections ni la face. La scène de libération finale, montée en parallèle et parasitée un spectacle de danse heureusement ultra rythmé, fait monter la tension à la quasi-perfection. Intéressant mais plombé, dès l'affiche, assez moche. 

6/10

samedi 28 avril 2018

Red sparrow de Jason Matthews

J'ai acheté le livre peu avant d'aller voir le film qui en est tiré mais n'ai pas eu le temps de lire jusqu'à présent. Voilà qui est fait.
Jason Matthews (1951 - ) est un ancien agent de la CIA ayant pris sa retraite après 30 ans de service actif. Il est devenu romancier, l'écriture étant devenue selon lui « une forme de thérapie ». En 2014, il publie son premier roman Le Moineau rouge (Red Sparrow) pour lequel il est lauréat du prix Edgar-Allan-Poe du meilleur premier roman. Ce roman est adapté au cinéma sous le titre homonyme en 2018 par Francis Lawrence. Deux autres romans poursuivent la série, Palace of Treason en 2015 et The Kremlin’s Candidate en 2018. 

Nate Nash, contact privilégié d'une taupe ultra-secrète du SVR, travaille à Moscou pour la CIA. Après un incident, sa couverture est mise à mal. Il est exfiltré vers Helsinki où Dominika, une espionne russe, est envoyée pour le piéger. Trahisons, manipulations, secrets, mensonges : un jeu dangereux se met en place entre Dominika et Nate, où vie sentimentale et professionnelle ont vite fait de se confondre.

 Plus de 600 pages d'espionnage pur, de coups bas, de manipulations et de rouages dévoilés. Red sparrow met en lumière le fonctionnement des services secrets russes et américains et visiblement, l'auteur n'en pense pas que du bien, surtout des russes d'ailleurs, à qui il fait commettre les pires turpitudes entre l'ex-spetnatz psychopathe et l'interrogateur maniaque. Véritables repères de bureaucrates étriqués, d'ambitieux dangereux et de cinglés en tout genre, seuls quelques personnages bénéficient de ses faveurs et donc d'une caractérisation positive, physique ou comportementale. Il aime décrire des personnages affreusement laids, peut-être pour compenser l'exceptionnelle beauté de son héroïne. Celle-ci, d'abord agaçante, devient attachante lorsqu'elle révèle ses failles. J'aime sa capacité de "voir" les couleurs des gens et des mots. Cette capacité n'est pas reprise dans le film, c'est dommage. Nate est son contre-point de normalité : un type consciencieux qui veut bien faire son boulot. J'ai bien aimé Gable - bratok et Forsthyth, des vieux de la vieille qui ont tout vu mais n'ont pas perdu leur humanité, ainsi que les retraités du service actif pas tout à fait retraités, rois de la filature invisible.  L'oncle Vania, nettement moins sexy que dans le film, n'a rien d'un oncle bienveillant mais tout du monstre dans le placard. Poutine en prend pour son grade.
Le roman s'avère assez complexe, suivant deux lignes parallèles qui ne cessent de se croiser, à peine interrompues par des recettes de cuisine (si si). L'intrigue, bien construite, avance logiquement et sur une écriture agréable. L'auteur prend le temps de raconter des histoires, de poser le contexte, notamment de la vie dans la Russie d'aujourd'hui et de la condition féminine. Toutefois, sur la fin, j'avoue avoir commencé à ressentir une certaine lassitude, il était temps que cela finisse (différemment du film d'ailleurs mais sur un seul gros détail). La forme ultra-classique choisie par Matthews peut sans doute en être rendue responsable. Elle a ce petit côté guerre froide pas encore terminée qui pourrait ternir le récit.
Au final, ce roman d'espionnage se lit avec plaisir et intérêt malgré quelques défauts.

7,5/10