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Affichage des articles du janvier, 2022

Les promesses de Thomas Kruithof // Ambitieux //

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Maire d’une ville du 93, Clémence livre avec Yazid, son directeur de cabinet, une bataille acharnée pour sauver le quartier des Bernardins, miné par l’insalubrité et les marchands de sommeil. Quand Clémence est approchée pour devenir ministre, son ambition remet en cause tous ses plans. Je m'attendais à un film sociopolitique en mode ascension et chute et c'est presque ça ; la chute réserve néanmoins un petit twist. Moins social que politique, le scénario dépeint la tambouille politique, les petits arrangements et les compromis que l'on fait avec soi-même et les autres. Isabelle Huppert excelle en femme politique engagée qui se découvre une ambition tandis que Reda Kateb, génial de nuances, incarne un dir cab' affichant un cynisme à toute épreuve alors qu'au fond, il y croit encore. Les nombreux rôles secondaires, impeccables, donnent corps au tissu humain qui entoure ce duo a priori mal assorti et pourtant complice. Tout cela est intéressant, vraiment, mais aussi u

Nightmare Alley de Guillermo del Toro // Très décevant //

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Alors qu’il traverse une mauvaise passe, le charismatique Stanton Carlisle débarque dans une foire itinérante et parvient à s’attirer les bonnes grâces d’une voyante et d'une ancienne gloire du mentalisme. S’initiant auprès d’eux, il décide d’utiliser ses nouveaux talents pour arnaquer l’élite de la bonne société new-yorkaise des années 40.  Pour commencer, je trouve le synopsis trompeur : la moitié du film environ se passe dans le cirque, l'autre à New-York. Et Stan ne décide pas d'arnaquer les gens, il se produit en spectacle et se retrouve presque par hasard à arnaquer un couple et un type, certes avec des conséquences funestes. Ensuite les deux parties s'avèrent complètement inégales. La première est nettement plus prenante grâce à l'univers du cirque qui aurait mérité un approfondissement, d'autant que les personnages secondaires, incarnés par des comédiens de talent, sont complètement sous-utilisés. Gâcher ainsi Toni Colette, Ron Perlman et Willem Dafoe, c

Tendre et saignant de Christopher Thompson // Sympathique //

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Rédactrice en chef d’un magazine de mode, Charly hérite de la boucherie familiale. Alors qu’elle s’apprête à la vendre, elle rencontre Martial, l’artisan-boucher de son père, bien décidé à se battre pour sauver le commerce. Comme je m'attendais plus ou moins à une comédie lourdingue et un brin chichiteuse, je suis agréablement surprise. Arnaud Ducret n'en fait pas des tonnes, et Géraldine Pailhas assure assez élégamment. Ils forment un duo complice qui fonctionne. Déjà un bon point. Certes, on connaît l'issue, cependant il n'en voudrait pas d'autre et les péripéties pour y parvenir sont sympas. Le scénario réussit à traiter de tradition, d'artisanat, de transmission sans trop tomber dans le cliché (sauf sur le milieu de la mode mais je me demande s'il s'agit vraiment d'un cliché). On sourit souvent des échanges mi-figue mi-raisin des protagonistes. Le film est parcouru par une bonne énergie et un rythme satisfaisant. Il est assez joli. C'est char

Adieu monsieur Haffmann de Fred Cavayé // En demi-teinte //

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Paris 1941. François Mercier est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec la femme qu’il aime, Blanche. Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann. Mais face à l’occupation allemande, les deux hommes n’auront d’autre choix que de conclure un accord dont les conséquences, au fil des mois, bouleverseront leur destin.  Ne connaissant pas la pièce, je n'évoquerais donc pas la qualité de l'adaptation, d'autant qu'il semble que Cavayé se soit passablement éloigné de l'original.  J'avais pas mal d'attentes concernant ce film et là où il ne les déçoit pas, c'est sur le casting. Gilles Lellouche campe adroitement ce type médiocre que l'opportunité, l'amour et l'avidité transforment en salaud, face à Daniel Auteuil, sobre, et Sara Giraudeau, excellente – sa voix ne m'a presque pas gênée pour une fois. En revanche, le scénario ne tient pas ses promesses. J'avais l'impression d'avoir déjà vu le film.

Dune - Partie I de Denis Villeneuve // Brillant et spectaculaire //

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Les Atréides, l'une des grandes Maisons, doivent rejoindre Arrakis, la planète désertique sur laquelle on récolte le précieux Épice. Les intrigues sont nombreuses et la chute programmée.  J'ai lu les quatre premiers romans du cycle de Dune il y a de nombreuses années, il ne m'en reste que les grandes lignes. Le film est déjà réussi en ce qu'il me donne envie de les relire.  D'abord, ce qui frappe, c'est la beauté visuelle du film. La photographie est soignée et les décors naturels. Peu de numérique et ça se voit ! L'immersion est totale dans cet univers foisonnant doté d'une bande-son qui s'intègre parfaitement à l'intrigue et aux décors. Le casting est incroyable, particulièrement Timothée Chalamet et Rebecca Ferguson, éblouissants et excellemment secondés, notamment par Oscar Isaac, Jason Momoa, Josh Brolin et Stellan Skarsgard. La première partie met peut-être un peu trop longtemps à s'installer, cependant cela permet à la tension de mont

Palmarès des Golden Globes 2022

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La 79ème cérémonie s'est tenue à distance et a été boycottée par une partie d'Hollywood.  Cinéma   Meilleur film dramatique The Power of the Dog Belfast La Méthode Williams (King Richard) Dune CODA Meilleur film musical ou comédie West Side Story Cyrano Don't Look Up : Déni cosmique (Don't Look Up) Licorice Pizza Tick, Tick... Boom ! Meilleur acteur dans un film dramatique Will Smith pour le rôle de Richard Williams dans La Méthode Williams (King Richard) Mahershala Ali pour le rôle de Milo dans Swan Song Javier Bardem pour le rôle de Desi Arnaz dans Being the Ricardos Benedict Cumberbatch pour le rôle de Phil Burbank dans The Power of the Dog Denzel Washington pour le rôle de Macbeth dans Macbeth (The Tragedy of Macbeth)   Meilleure actrice dans un film dramatique Nicole Kidman pour le rôle de de Lucille Ball dans Being the Ricardos Jessica Chastain pour le rôle de Tammy Faye Messner dans Dans les yeux de Tammy Faye (The Eyes of Tammy Faye) Kristen St

En attendant Bojangles de Régis Roinsard // Magique //

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Camille et Georges dansent tout le temps sur leur chanson préférée Mr Bojangles. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Jusqu'au jour où Camille va trop loin, contraignant Georges et leur fils Gary à tout faire pour éviter l'inéluctable coûte que coûte.  N'ayant pas lu le roman, je n'avais aucun a priori sur l'adaptation. Dans les années 50-60 rêvées, on découvre d'abord le couple, incandescent, puis leur fils – et bien sûr, son oiseau de compagnie, la merveilleuse Mademoiselle Superfétatoire. Et on s'attache complètement à ses personnages poétique, dansant au bord de l'abîme, flirtant avec la démesure. Virginie Efira est fabuleuse, capable de passer du rire aux larmes en une seconde. Romain Duris est incroyablement émouvant et tout à fait séduisant en beau-parleur fantaisiste portant sa famille à bout de bras. Grégory Gadebois tire aussi son épingle du jeu, en finesse. Solan Machado-Graner, malgré son jeune âge, s

355 de Simon Kinberg // Divertissant //

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Cinq agents de nationalité différentes se retrouvent à Paris pour récupérer une arme technologique capable de prendre le contrôle de réseaux informatiques . Si les péripéties de ce film d'action apparaissent quelque peu téléphonées et le scénario pas avare d'incohérences, comme souvent dans ce genre de film si une femme peut se battre en talons aiguille et robe longue bustier, entre autres), on n'en ressort pas moins satisfait de ce quintet d'espionnes, notamment Jessica Chastain, Diane Kruger et Penelope Cruz. Elles sont parfaitement secondées par Edgar Ramirez, Sebastian Stan et Jason Flemmyng. Dommage que le féminisme ne puisse se teinter de nuances et permettre des rôles masculins plus conséquents. Dommage aussi que l'écriture ne soit pas plus fouillée, cela aurait permis au film de passer à un autre niveau. Cela dit, il ne faut pas bouder son plaisir. Glamour, humour et scènes de combat bien chorégraphiées, c'est tout ce qu'on demande à ce genre de fil

The King's Man de Matthew Vaughn // Divertissant //

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Lorsque les pires tyrans et les plus grands génies criminels de l’Histoire se réunissent pour planifier l’élimination de millions d’innocents, un homme se lance dans une course contre la montre pour contrecarrer leurs plans.  Plus sérieux que les deux autre opus, celui-ci se concentre sur la mission qui a donné lieu à la création du service Kingsman. Même s'il use parfois d'humour salace à base d'allusions graveleuses pas très fines, on est moins face à une parodie foutraque qu'une comédie d'espionnage dotée d'un casting solide mais sous-exploité, de quelques gadgets malins, de séquences d'action rythmées, et de méchants mégalos bien comme il faut. On regrettera un début qui s'éternise sur une opposition dont on connaît déjà l'issue. Toujours efficace, le film n'a pas les outrances des précédents, et même ose la gravité mais reste satisfaisant, sans être inoubliable, vu que ça manque sérieusement de fun. 7/10