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Affichage des articles du 2021

Matrix resurrections de Lana Wachowski // Aussi ludique que brillant //

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Pour savoir avec certitude si sa réalité propre est une construction physique ou mentale, et pour véritablement se connaître lui-même, M. Anderson devra de nouveau suivre le lapin blanc. J'ai récemment revu le premier opus, ce qui m'a permis de me remettre dans le bain car si j'ai vu la trilogie au cinéma, je ne me souvenais plus de grande chose sinon de ce qui est resté dans la culture populaire.  Ce quatrième opus comprend de nombreuses auto-références bien pensées, bien pratiques quand on ne se souvient pas de tout, du coup, le spectateur n'est jamais perdu malgré les ajouts technologiques, les modifications et les nouveaux personnages. Je ne nie pas qu'un deuxième visionnage puisse avoir son utilité pour saisir toutes les subtilités, notamment les références à la pop culture (Dernier Train pour Busan par exemple). Toujours métaphysique dans  son propos, Matrix se double cette fois d'un questionnement sur lui-même et son propre impact. Et c'est brillant

Tous en scène 2 de Garth Jennings // Réjouissant //

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Si Buster et sa troupe ont fait du Nouveau Théâtre Moon la salle de concert à la mode, il est temps de voir les choses en plus grand : monter un nouveau spectacle dans la prestigieuse salle du théâtre de la Crystal Tower à Redshore City.  On prend les mêmes, et on recommence, la surprise en moins. J'ai retrouvé les mêmes qualités et défauts que dans le premier : des personnages attachants, un humour bon enfant qui fonctionne, une animation colorée, précise et inventive, une B.O au top, des personnages pas tout à fait assez développés, pas ou peu de sous-texte adulte (sauf une chanson de Billie Eilish heureusement non comprise par les plus jeunes). C'est drôle et plein d'énergie, on a envie de taper du pied pour marquer le rythme. On se laisse embarquer par ce spectacle qui se veut grandiose, à l'image de son personnage principal un peu mytho sur les bords.   7,5/10   

Mince alors 2 de Charlotte de Turkheim // Inégal //

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Isabelle et sa nièce Nina ouvrent une cure jeûne et détox en Provence, avec l’aide de Baptiste, yogi et homme à tout faire, et Maxime, séduisant équithérapeute et infirmier. Parmi les premiers curistes, quatre adolescents, Marion et Lio, deux sœurs, leur amie Émilie délestée de ses kilos... J'avais bien aimé le premier, notamment grâce aux personnages de Lola Dewaere et Victoria Abril. Or ici la seconde a disparu et si les anciens personnages ont gardé leur prénom et une partie de leur passé, ils connaissent aussi des changements inexpliqués qui m'ont déroutée. Les nouveaux personnages sont nombreux et d'épaisseur inégale. Tous ne m'ont pas plu. Quant au propos, si le film touche parfois juste, il tombe aussi parfois dans le cliché à pieds joints. Heureusement certains dialogues font mouche et on s'amuse bien, parfois malgré nous. Un scénario pataud plein de bonnes intentions ne suffit pas à apporter quoi que ce soit de plus par rapport au premier opus.   5/10 

Spider-man : No way home de Jon Watts // Assez ébouriffant //

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Spider-Man est démasqué et ne peut désormais plus séparer sa vie normale de ses lourdes responsabilités. Quand il demande de l'aide à Doctor Strange, les enjeux deviennent encore plus dangereux, le forçant à découvrir ce qu'être Spider-Man signifie véritablement.  Je ne m'attendais pas à grand chose, j'ai aimé les deux précédents mais aucun ne m'a laissé une impression mémorable depuis ceux de Raimi. Cet opus, un peu foutraque niveau personnages tant il en accumule – et pour certains les expédie, a le mérite de jouer avec une certaine roublardise avec le concept de multivers, ce qui s'avère réjouissant. C'est auto-référencé tout en faisant évoluer le personnage vers plus de maturité. Tom Holland s'affirme dans son rôle de super-héros qui se questionne tout essayant de sauver l'ennemi, face à une pléiade de seconds rôles inspirés. La première moitié s'étire un peu trop, comme si le réalisateur voulait appuyer son propos, ce qui est inutile. Si les

Mes très chers enfants d'Alexandra Leclère // Sans conséquence //

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Depuis que Sandrine et Stéphane ont quitté le nid, ils ne donnent plus beaucoup de nouvelles à leurs parents, Chantal et Christian. Quand les rejetons annoncent qu’ils ne viendront pas fêter Noël, ils décident de leur faire croire qu'ils ont touché le jackpot...  Voici l'histoire cruelle d'enfants indignes et de parents envahissants. J'ai trouvé les personnages des enfants abjects et leur rédemption finale, quoique prévisible ressemble à un deus ex machina. Seul le beau-fils paraît doué de raison et de sentiments. Josiane Balasko et Didier Bourdon s'en sortent bien mais Marilou Berry et Ben surjouent dangereusement, surjeu qui s'étend à Laurent Stocker, étrangement caricatural. Cependant, malgré ces défauts, cette comédie vise juste et en dit beaucoup sur notre affligeante société individualiste et cupide. J'ai souri parfois, mes voisins d'une tranche d'âge plus élevée ont souvent ri. Au final, c'est léger et un peu vain, comme le scénario. 4,5/1

West side story de Steven Spielberg // Superbe mais vieillot //

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À New-York dans les années 1950, les Jets et les Sharks se battent pour le monopole du territoire. Tony, ami du chef des Jets, Riff, rencontre Maria, la sœur de Bernardo, chef des Sharks. Ils tombent amoureux l'un de l'autre au premier regard lors d'une soirée dansante.  Je n'ai qu'un vague souvenir de la première version et il n'est pas très bon. J'avais pourtant fondé de grands espoirs sur ce remake qui a au moins de mérite de faire camper les Portoricains par des acteurs latinos. D'abord, j'ai été frappée par la lenteur de l'entrée en matière, dès le début on peut couper un quart d'heure, ainsi que d'autres liaisons (linge séchant, vues des rues...). Puis j'ai remarqué la beauté des images, c'est vraiment beau : la lumière, photographie, les costumes, les décors, les chorégraphies... Cependant, celles-ci ne sont pas adaptées aux personnages, il existe une dichotomie entre eux qui aurait mérité une modernisation, comme le scénar

Les Tuche 4 d'Olivier Baroux // Distrayant malgré sa totale absurdité //

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Après avoir démissionné de son poste de président, Jeff et sa famille sont heureux de retrouver leur village de Bouzolles. A l’approche des fêtes de fin d’année, Cathy demande un unique cadeau : renouer les liens avec sa sœur Maguy, et son mari Jean-Yves avec qui Jeff est fâché depuis 10 ans.  Les Tuche, c'est un mélange de balourdise totale et d'humour absurde complètement à l'Ouest.  On re-re-reprend les mêmes et on re-re-recommence. On est à peu près au niveau du précédent, c'est à dire mieux que le deuxième, sans la fraîcheur du premier avec la répétition en plus. Les Tuche, crétins à tendance abrutis mais attachants, balancent leurs vannes potaches en égratignant cette fois les films de Noël avec leur retrouvailles familiales et leurs belles histoires de petites entreprises face aux géants de l'économie. Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau, Sarah Stern, Pierre Lottin, Theo Fernandez, toujours complices, n'hésitent pas à plonger dans le ridicule d

De son vivant d'Emmanuelle Bercot // Émouvant //

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Benjamin découvre que son cancer est incurable. Il essaie de continuer à vivre, avec l'aide de sa mère. Une année, quatre saisons, pour danser avec la maladie, l’apprivoiser, et comprendre ce que ça signifie : mourir de son vivant.  Ma plus grande crainte en allant à cette séance : me retrouver devant un drame lacrymal sans finesse uniquement destiné à faire pleurer dans les chaumières. Heureusement il n'en est rien. Bercot laisse beaucoup de place aux silences, elle filme avec pudeur le chagrin forcément égoïste d'une mère, le profond désarroi d'un homme qui se sent mourir, l'incertitude d'un fils, l'empathie d'un médecin. Benoît Magimel, d'une grande intensité, montre toute l'étendue de son talent face à une Catherine Deneuve impeccable. Cécile de France se fait discrète tout en étant là. Quant au professeur Sara, il n'a pas de mal à jouer le médecin qu'il est, d'autant qu'une bonne part de sa propre philosophie, chaleureuse et

Madres paralelas de Pedro Almodovar // Sans plus //

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Janis et Ana, se rencontrent à l'hôpital sur le point d’accoucher. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret et est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Les quelques mots qu'elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles.  J'ai vu des morceaux de films d'Almodovar mais a priori aucun en entier, ou en tout cas ça ne m'a pas marquée. J'en ai l'image d'un cinéma tourné vers les femmes mais aussi assez hystérique avec force cris, larmes et claquages de porte. Ici, pas d'hystérie, au contraire, assez peu d'émotion, surtout au vu du caractère dramatique des événements. Le parallèle entre la maternité contrariée de ces dames et le travail de mémoire sur la guerre civile me paraît hasardeux. Le lien ne fonctionne pas, notamment parce que le montage ne fait pas l'économie de scènes esthétisantes inutiles. Comme souvent chez le réalisateur, le casting, excellent,

Encanto de Byron Howard, Jared Bush, Charise Castro Smith // Généreux //

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Au cœur des montagnes de Colombie, la famille Madrigal habite une maison enchantée dans une cité pleine de vie, Encanto. Chacun des enfants de la famille est doté d’une faculté magique, sauf Mirabel. Lorsque la magie de l’Encanto est menacée, elle pourrait être leur unique espoir… Le dernier né des Disney constitue une bonne surprise. Le design coloré et foisonnant m'a plu. Le scénario présente d'abord les personnages avant de débuter l'intrigue qui finalement s'avère assez courte avec une résolution brève. Les personnages sont attachants, surtout Mirabel, pleine d'enthousiasme et d'espoirs et l'adorable petit Antonio. Dommage que les dons soient sous-exploités dans l'avancement de l'intrigue. Les chansons sont entraînantes parce que la musique est vraiment chouette, en revanche, les paroles sont un peu faibles et pas toujours correctement articulées. La chanson de Bruno est vraiment marrante. Souvent drôle, le dessin animé explore les relations fami

House of Gucci de Ridley Scott // Tape à l'œil //

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À la fin des années 1970, l’empire italien de la mode est à un tournant critique de son histoire. Si l’entreprise rayonne désormais à l’international, elle est handicapée par des rumeurs de malversations financières, une innovation en berne, une dévalorisation de la marque et une famille déchirée par les luttes de pouvoir intestines. Entrée en scène d'une manipulatrice ambitieuse, ça ne pouvait que mal finir.  La bande annonce promettait beaucoup, le film tient peu, malheureusement. J'ai été frappée par le montage complètement azimuté : scènes coupées trop tôt ou trop tard, sans maîtrise des ellipses temporelles. De la part d'un réalisateur aussi expérimenté, cela surprend. Cela dit, je n'ai pas trouvé le temps long malgré quelques petits ventres mous, rien de grave de ce côté. J'ai plutôt aimé le casting, Lady Gaga, excellente dans l'avidité sans fin de tout posséder, Adam Driver, génial et élégant, Al Pacino, toujours aussi charismatique, sont excellents. Deux

Amants de Nicole Garcia // Très décevant //

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Lisa et Simon s’aiment passionnément depuis leur adolescence et mènent une vie urbaine et nocturne. A la suite d’une soirée qui tourne mal, Simon décide de fuir. Lisa attend des nouvelles qui ne viendront jamais. Des années plus tard, dans l’Océan Indien, elle est mariée à Léo quand leurs destins se croisent à nouveau…  Quelle déception ! J'attendais beaucoup de ce film. Dès le premier plan, étiré à l'extrême pour sursignifier la fusion totale entre Lisa et Simon, j'ai compris que le caractère appuyé du propos et un rien esthétisant risquait de me déplaire. Surtout avec une B.O aigrelette et répétitive. Gagné. J'ai trouvé un certain nombre de plans, certes brefs, complètement inutiles et sans intérêt. Le couple, loin d'être attachant, ne s'intéresse qu'à lui-même, ne parle que de lui-même. Lisa est une femme-enfant qui ne répond pas quand on lui parle et dont la voix m'a agacée. De surcroît la maigreur de l'actrice dans les scènes d'intimité n

On est fait pour s'entendre de Pascal Elbé // Charmant et intelligent //

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Antoine semble n’écouter ni ses élèves, ni ses collègues, ni sa compagne... Et pour cause : il a perdu beaucoup d’audition. Claire, venue s’installer chez sa sœur avec sa fille après la perte de son mari, s'agace de ce voisin bruyant. Je m'attendais à une comédie française gentillette. Je suis donc agréablement surprise par le fait que la surdité ne soit pas qu'un ressort comique. Le sujet est aussi traité sérieusement, sans pour autant oublier de faire sourire. Le scénario aborde l'isolement et les difficultés liées à l'appareillage, ainsi que le deuil. Si le sujet de la surdité est si bien traité, notamment grâce au travail de la bande-son, c'est que le réalisateur se trouve en terrain connu (ce que j'ignorais). Sandrine Kiberlain et Pascal Elbé forment un duo complice secondé par une pléiade de bons seconds rôles de Valérie Donzelli à François Berléand en passant par Emmanuelle Devos. Si elle n'évite pas quelques maladresses, ni facilités scénaristi

Tre piani de Nanni Moretti // Intéressant //

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Une série d’événements bouleverse l’existence des habitants d’un immeuble romain, dévoilant leur difficulté à être parent, frère ou voisin. Tandis que les hommes sont prisonniers de leurs entêtements, les femmes tentent, chacune à leur manière, de raccommoder ces vies désunies.  Trois tranches de vie pour quatre familles vivant dans le même immeuble romain. Les personnages, incarnés par un casting épatant, Riccardo Scamarcio, Margherita Buy, Alba Rohrwacher en tête, sont attachants parce qu'ils ont de l'épaisseur. Il sont imparfaits, ce qui rend le film très humain, bien que le scénario donne à voir une masculinité – et particulièrement une paternité – toxique opposée à des femmes plus courageuses, qui regardent la vérité en face. Assez esthétique mais pas prétentieux, le film ne donne pas une image très joyeuse de la capitale italienne qui semble engluée dans un pessimisme douloureux, presque amer. L'intrigue, un peu trop légère, un peu lente, est desservie par un fina

Cry macho de Clint Eastwood // Bancal //

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Mike, star déchue du rodéo, se voit confier une mission a priori impossible : se rendre au Mexique pour y trouver un adolescent turbulent et l’amener jusqu’au Texas. Il lui faudra pour cela affronter la pègre mexicaine, la police et son propre passé.  La plupart du temps, j'apprécie Eastwood le réalisateur. Ici, cela se confirme à moitié. Clint Eastwood est désormais un peu âgé pour ce type de rôle encore assez physique, il n'est plus crédible en cowboy et semble être ralenti. Le scénario aurait paru plus fluide, moins cliché, si le rôle du mentor avait été campé par Josh Brolin ou Jeff Bridges, notamment parce que les deux seuls rôles féminins se jettent sur le cowboy avec une avidité qui m'a semblé exagérée et sans objet. Si la photographie et la B.O country sont belles, je ne suis pas convaincue par le montage un peu mou et la longueur totale. Comme souvent avec Eastwood, il est question de rédemption, de virilité et de transmission. Le film ne manque pas d'humanité,

Aline de Valérie Lemercier // Extravagant, décalé //

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Québec, fin des années 60, Sylvette et Anglomard Dieu accueillent leur 14ème enfant : Aline. Lorsqu’il entend la voix d'Aline, le producteur de musique Guy-Claude n’a plus qu’une idée en tête… faire d’elle la plus grande chanteuse au monde. Epaulée par sa famille et guidée par l’expérience puis l’amour naissant de Guy-Claude, ils vont ensemble écrire les pages d’un destin hors du commun. Je suis perplexe, je ne sais que penser de ce film. Je n'ai pas aimé les incrustations du débuts qui sont laides et bizarres, autant prendre une autre actrice. Il en est de même pour les années de jeune adulte d'Aline, pour lesquelles Lemercier est trop âgée et ça complique l'immersion dans son univers loufoque. En revanche, j'ai adoré la B.O, les chansons de Céline Dion et les autres, même si finalement, il n' y a pas tant de chansons de Céline que ça. Si la doubleuse voix chantée (Victoria Sio) est exceptionnelle, le play-back se voit et m'a dérangée. Il s'agit clairem

Haute couture de Sylvie Ohayon // Attachant //

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Première d’atelier chez Dior, Esther participe à sa dernière collection de Haute Couture avant de prendre sa retraite. Un jour, elle se fait voler son sac dans le métro par Jade, 20 ans. Mais celle-ci, prise de remords, décide de le lui restituer. Séduite malgré elle par l’audace de la jeune fille et convaincue qu’elle a un don, Esther lui offre la chance d’intégrer les ateliers.  Avant tout, il s'agit de transmission, d'un passion mais aussi d'une envie, celle d'exister par un métier qui ne soit pas un simple boulot alimentaire mais un véritable amour du geste parfait et du beau. Et c'est vrai que c'est beau : les ateliers, les tissus, les robes... (même si on n'en voit pas assez à mon goût). C'est aussi l'histoire d'une main tendue malgré les préjugés – de part et d'autre –  pour casser un cycle, celui de la glande et de la petite délinquance d'un côté, de la solitude de l'autre. L'intrigue n'invente rien, elle suit la voie

Les Eternels de Chloé Zhao // Flottant //

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Depuis l’aube de l’humanité, les Éternels, un groupe de héros venus des confins de l’univers, protègent la Terre des Déviants. Lorsqu'ils réapparaissent mystérieusement, les Éternels sont à nouveau obligés de se réunir…  Je suis prise au dépourvu par mon manque d'inspiration au sujet de ce film. Si je l'avais trouvé mauvais ou très bon, ce serait facile. La difficulté relève peut-être du fait qu'il ne se distingue pas du reste des productions Marvel qui finissent par toutes se ressembler à force d'employer les mêmes ingrédients en changeant seulement le casting, cette fois hyper inclusif, ou woke. A moins que le film manque de lisibilité ? Je ne sais pas. Au fond ça ne m'a pas déplu loin de là.  J'ai immédiatement trouvé qu'il y avait trop de personnages, ce qui impose le sacrifice d'une partie d'entre eux.  D'autant que les personnages manquent de cohérence et le groupe d'unité.  Heureusement, les acteurs, notamment Gemma Chan, Richard M

Si on chantait de Fabrice Maruca // Sympathique //

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Quiévrechain, ville industrielle du Nord de la France. Après la fermeture de leur usine, Franck, passionné de variété française décide d’entraîner ses anciens collègues, Sophie, José, et Jean-Claude, dans un projet un peu fou : monter une entreprise de livraisons de chansons à domicile.  Y allant sans rien en attendre, je suis assez satisfaite de ma séance. Cette comédie franchouillarde n'a rien de particulier, sinon une bonne humeur à toute épreuve qui fait du bien en cette période morose. Jeremy Lopez, Alice Pol et Artus dominent le casting grâce à leur enthousiasme. Sur fond d'humour inégal, parfois drôle, parfois sans finesse, les chansons sont plutôt marrantes et la plupart des acteurs chantonne pas mal, à l'exception de Clovis Cornillac dont le filet de voix n'est pas à la hauteur. Le scénario aligne les clichés, faute d'ambition, mais sans méchanceté. Ajoutez une bluette aussi prévisible que sympathique et vous obtiendrez un joli petit film.  6/10

The french dispatch de Wes Anderson // Un néant abyssal //

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The Evening Sun de Liberty, Kansas, possède une antenne nommée The French Dispatch à Ennui-sur-Blasé, une ville fictive évoquant le Paris des 1950-60's. Arthur Howitzer Jr., le rédacteur en chef , meurt subitement. Selon son testament, la publication du journal est arrêtée après un dernier numéro, dans lequel trois articles sont publiés, ainsi qu'une nécrologie. Les trois articles traitent de Moses Rosenthaler, un détenu psychopathe qui se révèle être un grand artiste peintre, des évènements de Mai 68 et d'une enquête gastronomique qui vire au polar. J'aurais vraiment dû suivre mon intuition plutôt que de m'infliger cette longue séance de torture. Cependant, la programmation de ce mois d'octobre étant ce qu'elle est, je me suis motivée, pleine d'espoir, priant pour que le film ressemble plus à Moonrise kingdom qu'au Grand Budapest Hotel.  Perdu. Les dieux du cinéma ne m'ont pas exaucée. Que dire ? Je suis complètement passée à côté, et de t

Lui de Guillaume Canet // Complaisant //

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Un compositeur en mal d’inspiration, qui vient de quitter femme et enfants, pense trouver refuge dans une vieille maison à flanc de falaise, sur une île bretonne déserte. Dans ce lieu étrange et isolé, il ne va trouver qu’un piano désaccordé et des visiteurs bien décidés à ne pas le laisser en paix.  Je m'attendais à une comédie dramatique enlevée sur les déboires d'un compositeur qui essaie de s'isoler. On se retrouve dans la psychothérapie d'un personnage détestable qui imagine la réaction de ses proches, les fait parler, se réconcilie avec la version imaginée de ses proches, se cherche lui-même, s'invente des maux. Je ne reproche rien aux acteurs qui font de leur mieux, notamment Guillaume Canet, Virginie Efira et Laetitia Casta. Néanmoins, je n'ai aucune envie d'assister au nouveau délire égotiste de Canet, même s'il est emballé dans une photographie superbe magnifiée par les paysages bretons. Le problème vient du propos empli de clichés sur le coupl

Venom : Let there be carnage d'Andy Serkis // Distrayant //

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Eddie cohabite toujours avec Venom quand Cletus Kasady, un tueur en série, le convoque du fin fond de sa prison. Le journaliste espère ainsi relancer sa carrière.  Enfin un film de super-héros de moins de deux heures ! Inutile d'en faire des tonnes pour divertir. Trois ans après le premier opus, on retrouve avec gourmandise ce duo formé par Tom Hardy et son avatar. Au fond il s'agit d'un buddy movie avec un seul acteur mais deux personnages qui passent une bonne partie de leur temps à se chamailler. J'avoue qu'à la longue, c'est un peu lassant. Tom Hardy, cabotin en diable, campe avec plaisir ce double personnage attachant face à un Woody Harrelson déjanté. Clairement, ce film constitue leur petite récré. Côté féminin, on oppose la douceur de Michelle Williams à la colère vengeresse de Naomie Harris. L'humour ne vole pas haut mais amuse, dommage que cela amoindrisse un peu le ton. Les effets spéciaux tiennent plutôt la route à une déplorable exception près.

Tout nous sourit de Melissa Drigeard // Sympa, sans plus //

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Tout sourit à Audrey et Jérôme : trois merveilleux enfants et des métiers passionnants. Le temps d’un week-end, ils partent chacun de leur côté... Avec leurs amants respectifs. Sauf qu’ils ont la même idée : aller dans leur maison de campagne.  Je m'attendais à une comédie de boulevard, un vaudeville mais au cinéma. Des portes qui claquent, des répliques qui fusent. Il y a un peu de ça au début mais sans que cela convainque complètement. C'est plutôt une chronique familiale un peu moralisatrice tournant autour de l'adultère et de la famille qui fait sourire. Le casting dans son ensemble est satisfaisant, notamment Elsa Zylberstein, Stéphane de Groodt et Guy Marchand. Leur petite famille dysfonctionnelle s'avère attachante mais je regrette que la ligne comique ne soit pas tenue sur toute la durée, l'aspect dramatique n'était pas nécessaire. Le traitement réservé à la maîtresse et l'amant m'a déplu, c'est cruel et vulgaire. Le scénario aurait peut-être

Le dernier duel de Ridley Scott // Décevant //

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Basé sur des événements réels, le film dévoile d’anciennes hypothèses sur le dernier duel judiciaire connu en France entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, deux amis devenus rivaux. Lorsque Marguerite de Carrouges est violée par Le Gris - une accusation que ce dernier récuse - elle refuse de garder le silence.  Soyons clairs, toute vraisemblance historique oubliée, le film pourrait avoir un intérêt en ce qu'il présente trois versions des mêmes faits, trois visions personnelles, trois vérités appartenant à leur auteur. Chacun croit en sa propre version. Je n'apprécie guère en revanche qu'on me pointe la vérité à croire, non plus que le côté répétitif de l'exercice. D'autant que le film est long, trop long. Le casting est plutôt bon, Adam Driver en tête, malgré le goût discutable des scénaristes en matière de coupe de cheveux (un mulet très long pour l'un, un blond hors de propos pour l'autre). Cependant, il échoue à créer de l'empathie pour les perso