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Affichage des articles du 2024

Nosferatu de Robert Eggers / Grandiloquent et pompeux /

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Nosferatu est une fable gothique, l’histoire d’une obsession entre une jeune femme tourmentée et le terrifiant vampire qui s’en est épris, avec toute l’horreur qu’elle va répandre dans son sillage. Je suis déçue par ce remake.  Je n’ai pas vu l’original mais j’en connais l’esthétique et les grandes lignes. Le réalisateur reprend les mêmes codes, parfois à la limite de l’expressionnisme, voire du grotesque. Il faut voir Lili-Rose Depp s’arcbouter et se tortiller en crachant du sang. Pour moi, ça n’a pas fonctionné, ça a plutôt prêté à sourire. L’atmosphère gotique est réussie, à grands renforts de clairs-obscurs – si bien que l’on flirte avec le noir et blanc – et de la musique un peu pompière. Tout cela manque cruellement de subtilité. J’aurais pu le pardonner si je ne ‘étais pas ennuyée pendant la moitié du film. Quant aux personnages féminins, ils sont vus comme en 1922 : mère sacrificielle ou hystérique soignée à coups de « serrez donc mieux votre c...

Kraven the hunter de J.C Chandor / Honnête /

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Kraven, un homme dont la relation complexe avec son père, l’impitoyable Nikolai Kravinoff, l'entraine vers une vengeance aux conséquences brutales, l’appelant à devenir non seulement le plus grand chasseur du monde, mais aussi l'un des plus redoutés.  Je m’attendais à un film de Fantasy (je n’ai pas vue la bande-annonce et je ne me suis pas particulièrement renseignée sur le sujet). De fait, la première scène m’a surprise. Comme je ne connaissais pas le personnage, je l’ai découvert avec plaisir. Aaron Taylor-Johnson, plutôt charismatique, campe un anti-héros charmant. Russell Crowe, Ariana DeBose, Fred Hechinger, Alessandro Nivola et Levi Miller complètent ce casting intéressant. Le scénario est très prévisible, mais plaisant, pas d’innovation, pas de sortie de route. Les effets spéciaux sont satisfaisants, la B.O vraiment sympa, les personnages plutôt attachants, le casting efficace, les abdos d’Aaron, attendus, bien dessinés. Cette origin story ne casse pas trois pattes à un...

Mufasa : Le roi Lion de Barry Jenkins / Pour les grands enfants /

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Rafiki raconte à Kiara la légende de Mufasa, aidé par Timon et Pumbaa. Mufasa, orphelin seul et désemparé, fait la connaissance de Taka, héritier d'une lignée royale. Leurs liens d’amitié seront soumis à rude épreuve lorsqu’il leur faudra faire équipe pour échapper à un ennemi aussi menaçant que mortel… Je ne suis que très moyennement emballée par les lives Disney, d’autant plus lorsqu’ils sont entièrement en image de synthèse. La technique a beaucoup évolué, et souvent, les images sont belles mais ce n’est jamais réaliste. N’eut-il pas mieux valu un dessin animé ? Le scénario, bien fichu, quoique prévisible, fonctionne, même si je ne vois pas l’intérêt du procédé sous forme de récit, sinon pour imposer la présence de Timon et Pumbaa qui ne servent pourtant à rien. On aime reconnaître les personnages, deviner ce qu’il va se passer pour raccrocher avec Le roi lion avec lequel il est plutôt cohérent. Amusant, le film est parfois émouvant, surtout pour les grands enfants comme moi pou...

Sarah Bernhardt, La Divine de Guillaume Nicloux / Exubérant /

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Paris, 1896. Sarah Bernhardt est au sommet de sa gloire. Icône de son époque et première star mondiale, la comédienne est aussi une amoureuse, libre et moderne, qui défie les conventions.  Je connais très mal Sarah Bernhardt, sinon à travers une biographie romancée écrite par Françoise Sagan sous forme épistolaire, charmante, mais loin d’être exhaustive. Le film n’a pas non plus vocation à l’exhaustivité puisqu’il traite de deux périodes de la vie de la comédienne : celle de son amputation et, par flashback, celle de son triomphe vingt ans plus tôt. Quoiqu’elle ne ressemble en rien à Sarah Bernhardt, Sandrine Kiberlain parvient à retranscrire son aura, son caractère expansif et généreux, trouble, torturé parfois. En revanche, on parle peu de son travail, de ses tournées gigantesques, du théâtre qu’elle a possédé…   Accompagnée d’une ribambelle de seconds rôles plus ou moins étoffés – Laurent Lafitte, Amira Casar, Laurent Stocker, Grégoire Leprince-Ringuet, elle ...

Wicked de Jon M. Chu / Fastidieux /

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Elphaba, incomprise à cause de la couleur inhabituelle de sa peau ne soupçonne pas l’étendue de ses pouvoirs. Glinda, aussi populaire que privilégiée, ne connaît pas la vraie nature de son cœur. Leur rencontre à l'Université de Shiz, dans le monde d'Oz, marque le début d’une amitié improbable mais profonde. Cependant, leur rapport avec Le Magicien d'Oz va mettre à mal cette amitié et voir leurs chemins s’éloigner.  Le synopsis du film(que j’ai écourté) et la bande annonce dévoilent la quasi-totalité du film. La seule surprise, c’est la superficialité des personnages et la longueur aberrante de cette première partie. Il ne s’y passe rigoureusement rien sinon des rivalités estudiantines dignes de Gossip girl et c’est plein d’incohérences ou de facilités . Pendant les trente dernières minutes, il se passe enfin quelque chose, et encore, une petite péripétie qui même à une réaction disproportionnée et abrupte qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Quant aux personnages, Glin...

Conclave d'Edward Berger / En demi-teinte /

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Quand le pape décède de façon inattendue, le cardinal Lawrence se retrouve en charge d’organiser la sélection de son successeur. Alors que les machinations politiques au sein du Vatican s'intensifient, il se rend compte que le défunt leur avait caché un secret qu'il doit découvrir avant qu'un nouveau Pape ne soit choisi.  Je m’attendais à un thriller politique haletant, il se révèle plutôt mou, très prévisible, qui met en avant le caractère très humain et donc faillible de l’Église catholique. Le sujet, intéressant, est traité bizarrement, on ne voit pas bien où le scénario veut en venir sinon que le vieux monolithe catholique se fissure de partout entre le mariage homosexuel, les abus sexuels, la place des femmes dans l’Église, les vœux des prêtres… Rien ne va plus. Ralph Fiennes et Stanley Tucci sont excellents et la finesse de leu jeu sert le peu que leurs personnages assez impénétrables ont à donner. En effet, les personnages, assez caricaturaux car limités à leur fonct...

En fanfare d'Emmanuel Courcol / Généreux et juste /

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Thibaut, chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde, apprend qu’il a été adopté, qu’il a un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du Nord. En apparence, tout les sépare, sauf l’amour de la musique.  C’est l’histoire de deux frères qui s’apprivoisent grâce à leur passion commune pour musique qui transcende tout : leurs différences de caractère, de passé, de relation à la mère, de milieu social. J’avais peur que la bande-annonce en dévoile trop, mais, heureusement ce n’est pas le cas. Quoique parfois un peu caricatural, notamment parce que le travail sur les contrastes, les décors, les couleurs, est réussi, le film fait rire et émeut, sincèrement. L’équilibre entre drame social et comédie fonctionne. Le scénario suit un schéma classique parvient à surprendre jusqu’à un final émouvant et rythmé, comme tout le film par la musique. Qu’elle soit classique, jazz ou populaire, elle irrigue un bonne partie des s...

Une part manquante de Guillaume Senez / Mélancolique /

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Tous les jours, Jay parcourt Tokyo au volant de son taxi à la recherche de sa fille, Lily. Séparé depuis 9 ans, il n’a jamais pu obtenir sa garde. Alors qu’il a cessé d’espérer la revoir et qu’il s’apprête à rentrer en France, Lily entre dans son taxi…  J’y suis allée sur le nom de l’acteur principal et un visionnage de bande-annonce car je n’ai pas vu de promo pour ce petit film qui se passe au Japon et comprend d’ailleurs de beaux plans de Tokyo. Il évoque les difficultés des parents séparés face à la loi japonaise sur la garde des enfants, et c’est pire lorsque l’un des parents est étranger. On suit le parcours désespéré et mélancolique de Jay qui trouve enfin une lueur d’espoir. Incarné par un Romain Duris attendrissant, sensible et qui semble maîtriser le japonais à la perfection, il épaule d’autres paumés de la parentalité dont une explosive Judith Chemla. Malheureusement, les personnages secondaires sont à peine esquissés, dommage ça aurait donné de la profondeur au film. Ic...

En tongs aux pieds de l'Himalaya de John wax / Touchant /

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Pauline est la maman d’Andréa, un petit garçon formidable à qui on a diagnostiqué un trouble du spectre autistique. Il n’est pas vraiment au niveau mais il est toujours scolarisé. Pour Pauline, sans revenu fixe et récemment séparée de Fabrice, le père d’Andréa, tout semble concourir à faire de sa vie une succession d’échecs.  Le sujet peut faire peur, la trame est convenue, mais il est traité avec sobriété et justesse. Le film est un heureux mélange de drôlerie, de cocasserie et de dureté. Car il n’élude rien des difficultés de cette mère submergée par les emmerdes entre un ex paternaliste, un père absent, un frère largué, un fils autiste, une enseignante peu compréhensive et une crise de la quarantaine carabinée. Parfois, elle fait n’importe quoi, parfois elle n’en peut plus, et puis, parfois, il y a de la lumière, un moment parfait. Audrey Lamy fait merveille et parvient à nous faire partager son découragement et son impression de submersion. Le reste du casting fonctionne hyper ...

Gladiator 2 de Ridley Scott / Un péplum généreux /

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Des années après la mort de Maximus, Lucius vit paisiblement en Numidie avec sa femme. Un général romain aux ordres d’un duo d’empereurs tyranniques conquiert ce territoire. Lucius devient un esclave gladiateur plein de rage, conseillé par un marchand d'esclaves - propriétaire de ludus plein d'ambition.  On prend les grandes lignes du premier, on remplace deux acteurs bankables par trois autres, on garde la seule actrice, on rajoute des combats sur l’eau (avec des effets spéciaux numériques assez laids) et voilà le deux. Est-ce que ça fonctionnerait avec des têtes d’affiche moins charismatiques ? Carrément pas. Paul Mescal impose sa présence compacte, son adorable sourire de guingois, ses jolis yeux bleus et sa voix rauque, face à Pedro Pascal, sobre, Connie Nielson, juste, et Denzel Washington, machiavélique à souhait. Le duo d’empereurs cinglés de rigueur en fait des tonnes, horrifie autant qu’il amuse. Les scènes de combat sont bien chorégraphiées et la bande originale est ...

The substance de Coralie Fargeat / Écœurant et grotesque /

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Avez-vous déjà rêvé d’une meilleure version de vous-même ? Vous devriez essayer ce nouveau produit : the substance. Il a changé ma vie. Il permet de générer une autre version de vous-même, plus jeune, plus belle, parfaite. Respectez les instructions, il suffit de partager le temps. C’est si simple, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? C'est évident ce qui va mal tourner. Ce film est terriblement prévisible, et à la fin, on en vient à souhaiter que ce qu'on prévoit arrive enfin. Si l'objectif de la réalisatrice était de nous mettre mal à l'aise, c'est réussi. Très réussi même. Je crois qu'il n'y a que deux films qui m'aient à ce point dérangée. Il y a une bonne idée de départ : cette actrice reconvertie dans le fitness, belle encore, mais que sa cinquantaine rend has been dans un milieu masculin toxique et qui se hait elle-même au point de vouloir être une autre, meilleure. Cette autre version d'elle-même se révèle être une garce égoïste et superficie...

Louise Violet d’Éric Besnard / Édifiant /

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1889. Envoyée dans un village de la campagne française, l’institutrice Louise Violet doit y imposer l’école de la République. Une mission qui ne la rend populaire ni auprès des enfants… ni auprès des parents.  Il s’agit d’un film historique classique, doté d’une belle reconstitution, d’un bon casting et bénéficiant de beaux décors naturels. Le scénario aurait mérité un peu plus de subtilité et de tension. Sur un rythme assez mou et malgré des situations convenues, il dresse le portrait d’une institutrice engagée, citadine perdue dans une campagne hostile au milieu de paysans sans instruction et fort préoccupés de la terre plus que de savoir lire, formidable Alexandra Lamy. Elle évolue aux côtés de Grégory Gadebois en colosse esseulé au cœur tendre, Jérôme Kircher en postier très curieux et Jeremy Lopez en paysan malchanceux. Cet hymne à l’école républicaine, gratuite, laïque et obligatoire revient sur les bienfaits de l’école et rappelle son pouvoir libérateur.  7/10

Anora de Sean Baker / Survolté /

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Anora, jeune strip-teaseuse de Brooklyn, se transforme en Cendrillon des temps modernes lorsqu’elle rencontre le fils d’un oligarque russe qu’elle épouse très vite. Lorsque la nouvelle parvient en Russie, les parents du jeune homme partent pour New York avec la ferme intention de faire annuler le mariage...  Je me méfie toujours des films primés à Cannes, en général, ce n’est pas mon style. La surprise est plutôt bonne. Le film est composé de trois parties avec des ambiances différentes homogénéisées par le grain seventies de l’image : la fête (sex, drug & shit music), l’opposition et le road-trip urbain dans Brighton, déjantés, pleins d’humour et enfin l’arrivée des parents, pleine de désillusion et d’ironie. Les deux premières parties auraient pu être écourtées car elle finissent par tourner en rond et globalement le film resserré sur 2h, ça aurait évité quelques baisses de tension. Le final est très fort grâce aux deux personnages concernés, émouvants l’un et l’autre, e...

Juré n°2 de Clint Eastwood / Intense et ambigu /

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Alors qu'un homme se retrouve juré d'un procès pour meurtre, il découvre qu'il est à l'origine de cet acte criminel. Il se retrouve face à un dilemme moral entre se protéger ou se livrer.  Clint Eastwood revient avec élégance, après deux films qui m’ont déçue, avec un drame judiciaire intense et nuancé sur ce qui est juste, ce qui fait un homme bien et la culpabilité. Le film est un peu long mais conserve un admirable suspense jusqu’à la fin, énigmatique et frustrante. Le casting est excellent et impliqué – Nicolas Hoult, subtil, Toni Colette, brillante, Zoey Deutch, émouvante... Malgré le caractère vraiment prenant et une esthétique réussie (photographie et travail des contrastes de couleurs), je regrette un certain manque d’émotion, notamment parce que les personnages s’avèrent peu sympathiques : de la procureur carriériste à la victime gueularde, en passant par les jurés plus préoccupés par l’idée d’en finir le plus vite possible que par la vie de l’homme dont le ...

Venom : the last dance de Kelly Marcel / Indigent /

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Eddie et Venom sont en cavale. Chacun est traqué par ses semblables et alors que l'étau se resserre, le duo doit prendre une décision dévastatrice qui annonce la conclusion des aventures d'Eddie et de Venom.  Ok, là, c’est vraiment un carnage ! Rien ne va. Du scénario décousu et vide d’enjeu, aux effets spéciaux sous forme de bouillasse numérique en passant par les personnages inutiles en carton-pâte, les acteurs peu concernés, les incohérences en veux-tu, en voilà, la VF immonde, les dialogues à l’avenant. Tom Hardy ne semble même plus vraiment s’amuser, même s’il assure toujours en costard et en « tonton » rassurant (seule scène où il s’avère attendrissant), et ce malgré un personnage qui n’évolue pas d’un iota. Les autres acteurs ne peuvent pas faire grand-chose de leurs caractéristiques limitées (l’une a perdu un frère, l’autre porte une broche sapin de Noël toute l’année, un autre est un militaire attaché à ses hommes, un autre un père de famille loufoque, et c’...

Monsieur Aznavour de Grand Corps Malade, Mehdi Idir / Intéressant mais sage /

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Fils de réfugiés, petit, pauvre, à la voix voilée, on disait de lui qu’il n’avait rien pour réussir. À force de travail, de persévérance et d’une volonté hors norme, Charles Aznavour est devenu un monument de la chanson.  Je ne connaissais pas grand-chose de l’histoire d’Aznavour, sinon son lien avec l’Arménie et le fait qu’il avait été le secrétaire d’Édith Piaf dans sa jeunesse. Ce biopic à la reconstitution riche permet d’en savoir nettement plus la vie d’Aznavour, notamment ses débuts, extrêmement laborieux par ailleurs. J’ai ressenti deux problèmes de minutage sur le déroulement : d’une part, le scénario s’étend trop sur la jeunesse, ce qui génère aussi un problème de chansons, on ne connaît pas du tout celles qu’il chantait avec Pierre Roche et elles sont terriblement datées, d’autre part, le film s’arrête sur une note négative pendant la gloire de l’artiste, si bien que nombre de chansons attendues ne sont pas présentes ou en pot-pourri sur le générique de fin –...

L'amour ouf de Gilles Lellouche / Généreux et foisonnant /

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Les années 80, dans le Nord de la France. Jackie et Clotaire se rencontrent devant le lycée ; elle étudie, il traîne. C'est l'amour fou mais le destin en décide autrement.  Il faut avoir une sacrée confiance dans son film pour le laisser durer 2h40. Parce que quand même, c’est long (surtout au milieu). Mais ça fonctionne. Après un premier coup d’essai en solo réussi, Gilles Lellouche prouve qu’il est un grand réalisateur. Son film ne manque pas de défauts, pourtant il est terriblement attachant. Ses personnages sont des écorchés vifs, lui tout en rage plus ou moins contenue, elle décalée, perdue, qui s’aiment passionnément mais sans trop d’effusions. D’ailleurs, aucune vulgarité, aucun voyeurisme dans la réalisation soignée, élégante qui montre la beauté des paysages du Nord aussi bien que le jeu des regards, soutenue par une B.O au top. Mallory Wanecque, Adèle Exarchopoulos, Malik Frikah et François Civil campent ces personnages fêlés, parfois fracassés, avec brio. Dommage qu...

Le robot sauvage de Chris Sanders / Magnifique et généreux /

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L’unité ROZZUM 7134, alias “Roz”, fait naufrage sur une île déserte. Elle doit apprendre à s'adapter à un environnement hostile en nouant petit à petit des relations avec les animaux de l'île et finit par adopter un oison orphelin.  La bande annonce était alléchante, et, même si elle montre trop du film, n’est pas déceptive. C’est une vraie réussite Dreamworks. L’animation est magnifique. Elle m’évoque un peu la poésie d’un Miyasaki avec des touches impressionnistes qui changent et donnent un côté onirique. L'île est superbe, très agréable et pleine de détails. Le scénario est assez linéaire, quoique cohérent, touchant, drôle, rythmé et bien construit. Il propose un message clair : pour survivre, il faut lutter contre son individualisme naturel et s’unir. C’est joli, idéaliste, mais joli. Le sous-texte sur la transcendance et la transmission plaira aux plus grands qui pourraient interroger un peu la qualité des dialogues et le dépassement vraiment peu réaliste de l’instinct...

The apprentice d'Ali Abbasi / Édifiant /

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Le film retrace l'ascension vers le pouvoir du jeune Donald Trump grâce à un pacte faustien avec l'avocat conservateur et entremetteur politique Roy Cohn. Je ne pense pas que ce film fasse changer d’avis les spectateurs sur Trump.  Personnellement, je ne l’aime pas. Il est presque tolérable quand il était jeune, ambitieux, un peu visionnaire, déjà obsédé par ses cheveux mais pas aussi sûr de lui. Puis il acquiert assurance et jusqu’au-boutisme, la violence aussi, verbale ou physique et il devient insupportable. Ce qui fait du personnage de Roy Cohn un personnage nettement plus attachant, quoiqu’il soit un salopard fini, c’est dire. D’ailleurs, le réalisateur développe ce personnage inquiétant, presque autant que Trump même s’il a moins de background. Sebastian Stan et Jeremy Strong campent avec maestria deux rastignacs prêts à tout pour réussir et obtenir du pouvoir. Visuellement, le fait d’avoir une image différente dans les années 70 et 80, c’est malin mais souvent laid. Malg...

Lee Miller d’Ellen Kuras / Classique mais fort /

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Lee Miller, ex-modèle pour Vogue et muse de Man Ray, évoluant dans un milieu intellectuel et artistique des surréalistes, devient l’une des premières femmes photographes de guerre. Partie sur le front et prête à tout pour témoigner des horreurs de la Seconde Guerre, elle a, par son courage et son refus des conventions, changé la façon de voir le monde.  Les biopics ont souvent tendance à verser dans l’hagiographie, ce n’est pas – totalement – le cas ici. Lee Miller est présentée sous un jour favorable : déterminée, volontaire, libre, elle ne lâche rien mais ses défauts ne sont pas occultés : elle boit, se drogue, n’en fait qu’à sa tête, prend des risques insensés. Il dit peu de la dépression et du TSPT d’après, disons que c’est suggéré ; quant à la relation avec David Scherman, le scénario laisse un flou qui ne me paraît pas tout à fait honnête avec la réalité. La réalisation est classique, académique, même si elle tente un petit suspense avec l’i...

Quand vient l'automne de François Ozon / Trouble et un peu ennuyeux /

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Michelle vit sa retraite paisible dans un village de Bourgogne, pas loin de sa meilleure amie Marie-Claude. À la Toussaint, sa fille Valérie lui rend visite pour déposer son fils Lucas pour les vacances. Mais rien ne se passe comme prévu.  Avec Ozon, j'ai une relation cinématographique en dents de scie : parfois j'adore, parfois je déteste, plus rarement je reste entre deux eaux. Là, je suis indécise. J'aime les acteurs principaux, qui, tous, sont excellents, d'Hélène Vincent, magnifique de nuances, à Josiane Balasko en passant par Pierre Lottin, génial de trouble, toujours au bord du précipice entre violence rentrée et tendresse bourrue, et Ludivine Sagnier. Les décors sont chouettes, l'histoire intéressante entre non-dits, passé familial qui ne passe pas et vieillesse qui étend son ombre. Alors quoi ? C'est trop long, souvent il ne se passe rien et certaines scènes ne mènent à rien. Le début s'étire inexplicablement dans une mise en place sans fin qui o...

Les barbares de Julie Delpy / Décevant /

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Dans un élan de solidarité, les habitants de Paimpont acceptent d'accueillir des réfugiés ukrainiens. Sauf que les réfugiés qui débarquent sont… syriens ! Et certains, dans ce petit village breton, ne voient pas l’arrivée de leurs nouveaux voisins d’un très bon œil. J'avais des espoirs pour ce film car, pour moi, la réalisatrice est synonyme de cinéma populaire intelligent. Honnêtement, je suis déçue. Je me suis ennuyée dans cette succession de scénettes plus ou moins drôles, plus ou moins intéressantes. Les personnages constituent des caricatures détestables : la prof hystérique, le beauf raciste et macho, la femme trompée, le politicien pleutre et opportuniste... Seule la famille syrienne y échappe, plutôt attachante dans le portrait d'urbains éduqués paumés dans une campagne hostile. J'ai peu ri, d'autant que les bonnes répliques se trouvent dans la bande-annonce. Le scénario est limité, ne suit pas les pistes qu'il propose, c'est dommage. On ne peut déni...

Joker : Folie à deux de Todd Phillips / Inégal /

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À quelques jours de son procès pour les crimes commis sous les traits du Joker, Arthur Fleck rencontre le grand amour et se trouve entraîné dans une folie à deux.  J’avais moyennement aimé le premier opus, et même si j’ai un peu plus apprécié celui-ci, mes reproches seront sensiblement les mêmes je crois. À savoir, une longueur excessive avec une construction assez répétitive, des personnages secondaires à peine esquissés. Seule Lee est un peu plus esquissée, sous forme d’une psychopathe manipulatrice asse loin des comics. Harvey Dent est présenté comme un procureur arriviste et arrogant, et c’est tout. L’avocate est compatissante, le gardien brutal et méprisant, et c’est tout. Quant au Joker, il reste un type profondément pathétique qui s’invente parfois une vie. Cette fois, il le fait beaucoup en chanson, même s’il chante aussi dans la réalité. Les passages chantés sont correctement amenés et chantés même si aucun morceau n’est particulièrement mémorable. La performance de Joaqui...

Week-end à Taipeï de George Huang / Un bon film popcorn /

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John Lawlor, agent de la DEA dévoué à son travail, retrouve Joey Kwang, épouse d’un homme d’affaires douteux, à Taipeï, autour de la recherche de preuves pour faire tomber ledit homme d’affaires.  J’adore les séries B d’action. Celle-ci lorgne du côté des années 90-2000, pas étonnant de la part d’une production Luc Besson. Le scénario est prévisible et déjà vue, les effets spéciaux très inégaux (les incrustations sont d’une laideur !). Pourtant, c’est efficace, décomplexé, fun, en plein milieu d’une ville superbe et méconnue. Les acteurs, Luke Evans, Gwei Lun Mei, Sung Kang, sympathiques, campent des personnages attachants. Les combats et courses-poursuites satisfont le besoin d’action. Basique, mais terriblement efficace.  7,5/10 

L'heureuse élue de Franck Bellocq / Prévisible mais satisfaisant /

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Pour soutirer de l’argent à ses parents, Benoît se retrouve à proposer le rôle de sa fiancée à Fiona, son chauffeur Uber ! La jeune femme, au tempérament impulsif et sans filtre, détonne dans la famille bourgeoise de Benoît.  J’y suis allée sans rien savoir, par pure boulimie cinématographique. Pour une comédie française traditionnelle, pas mal. Lionel Erdogan a un certain charme, Camille Lellouche en fait des tonnes mais amuse, Michèle Laroque et Gérard Darmon restent sobres, dans des rôles un peu différents de ce qu’ils font d’habitude (un peu), entourés par Amaury de Crayencour, toujours excellent en connard veule, et Clémence Bretécher, parfaite en garce carriériste. Les personnages sont de purs stéréotypes, ils manquent clairement de profondeur. Il manque aussi une alchimie amoureuse entre les deux acteurs principaux qu’on imagine volontiers meilleurs potes mais pas engagés dans une relation à potentiel érotique. D’ailleurs le film surfe énormément sur les clichés, avec plus o...

Speak no evil de James Watkins / Saisissant /

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Une famille américaine passe le week-end dans la propriété d'une charmante famille britannique rencontrée en vacances. Mais ce séjour qui s’annonçait idyllique se transforme rapidement en atroce cauchemar.  Plus qu’un film d’épouvante, ce remake d’un film danois (que je n’ai pas vu) est un thriller psychologique qui joue de la lutte des classes et de la personnalité de ses protagonistes. Entre masculinité toxique, apparences trompeuses et effritement des convenances, deux couples s’affrontent dans une ambiance de moins en moins feutrée quand peu à peu le vernis civilisé craque. James McAvoy, saisissant, et Mackenzie Davis prennent le lead, l’un en homme fantasque et tyrannique visiblement habité par de nombreux traumatismes se montrant de plus en plus inquiétant, elle en femme volontaire et mère surprotectrice qui s’affirme peu à peu. Ils sont efficacement secondés par Aisling Franciosi et Scoot McNairy, elle en femme soumise et douce en apparence, lui en mari qui a abandonné. Malg...

Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton / Amusant /

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Après une tragédie, la famille Deetz revient à Winter River. Toujours hantée par le souvenir de Beetlejuice, Lydia voit sa vie bouleversée lorsque sa fille Astrid, adolescente rebelle, ouvre accidentellement un portail vers l’Au-delà… On prend presque les mêmes et on recommence, même si les personnages sont moins hystériques. Il y a des évolutions, et de bonnes idées, malheureusement pas toujours assez développées. Si celle de conserver le côté arty, carton-pâte tout en améliorant les effets spéciaux qui avaient quand même bien vieilli dans le premier, fonctionne à merveille, clairement l’acteur-policier, incarné par Willem Dafoe, aussi intrigant que cinglé, et l’ex-épo use, campée par la vamp Monica Bellucci, sont complètement sous-exploités, au profit d’une intrigue un peu dispersée. Cependant, c’est amusant, vulgaire et enfantin à la fois, grave et pourtant léger, sombre et coloré, bref du Burton pur jus, c’est déjà ça. On retrouve vraiment ses obsessions et son style. Il dit qu’il ...

Le fil de Daniel Auteuil / Laborieux /

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Depuis qu’il a fait innocenter un meurtrier récidiviste, Maître Jean Monier ne prend plus de dossiers criminels. La rencontre avec Nicolas Milik, père de famille accusé du meurtre de sa femme, le touche et, convaincu de l’innocence de son client, il est prêt à tout pour lui faire gagner son procès aux assises.  Je n’avais pas vu la bande-annonce, j’y suis allée sur le synopsis et le nom des acteurs. Force est de constater que je plus sévère que la critique. Je me suis ennuyée ! Beaucoup. J’ai somnolé, un peu, d’autant que la musique est répétitive. Le personnage de Milik est intéressant mais finalement peu creusé. L’avocat n’est que ça, il n’a pas d’autre facette et le rôle de sa femme n’est là que pour le montrer, sans rien apporter ou presque (c’est dommage pour l’excellente Sidse Babett Knudsen). D’ailleurs, pas de seconds rôles, peu d’approfondissement et en parallèle, des scènes parasites de tauromachie ou de nature (sans rapport) qui allongent inutilement ce film trop lo...

À l'ancienne d'Hervé Mimran / Affligeant /

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Deux vieux amis vivant sur une  île bretonne découvrent que l'un des habitants a gagné le gros lot à la loterie nationale. Ils se mettent à la recherche du mystérieux gagnant qu'il découvrent mort, ticket en main. Ils décident d’organiser une arnaque pour prendre sa place.  La moitié du film tient dans le synopsis, c'est déjà un problème. Parmi d'autres. Je ne m'attendais pas à grand chose, j'accompagnais ma mère. À elle, le film a plu. À moi, nettement moins. Pas du tout. Il n'y a pas grand chose qui va, malgré une idée de départ prometteuse. Las ! Les comédiens, au mieux, cabotinent, au pire, jouent à côté de leurs rôles. Le scénario ne tient pas la route : pas de rebondissement, c'est plat, certaines pistes sont inexplorées (par exemple l'auteur parisien dont le personnage n'intervient pas dans "l'intrigue" principale et ne génère même pas d'intrigue secondaire, seulement deux ou trois scènes sans conflit ni intérêt). Les ...

Fêlés de Christophe Duthuron / Gentillet /

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L'Arc-en-ciel, authentique lieu associatif à Marmande, accueille des personnes ordinaires mais violentées par la vie. Quand on menace de les expulser, un élan de solidarité s'organise autour de Pierre, le fondateur, pour sauver cette maison d’accueil unique.  Cette comédie dramatique gentillette pêche gravement par son scénario bien trop léger et dépourvu d'enjeu et qui ne donne pas corps à toutes ses possibilités. Cependant, il a le mérite de pointer un vide institutionnel : que fait-on des gens qui ne sont pas "fous" mais pas non plus capables de se débrouiller seuls ? Cette association comble le vide comme elle peut, avec les moyens du bord. Les acteurs sont sympathiques, d'ailleurs tout l'est. On n'a pas envie de démolir ce film parfois amusant et toujours tendre car il déborde de bonnes intentions. Néanmoins, tout sympathique qu'il soit, on ne peut pas dire qu'il soit bon non plus. 5/10