L'invitation d'Olivia Wilde / Élégant mais frustrant /

Angela et Joe invitent leurs voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes. 
Olivia Wilde s’attaque à un remake américain d’un film espagnol que j’avais aimé dans sa version française, notamment pour ses excellents acteurs et ses répliques savoureuses. Le résultat est plus cru que je ne l’aurais imaginé, mais aussi beaucoup moins sensuel qu’il ne le voudrait. Et ce décalage résume assez bien les limites du film. 
Le choix de faire du couple invité des quinquagénaires, plus proche de l'esprit du film espagnol, était pourtant une bonne idée. Il permettait d’aborder le désir, la lassitude conjugale et la monogamie avec une maturité intéressante. Mais cette piste est finalement assez mal exploitée, comme si le film ne savait jamais vraiment quoi faire de ce qui aurait pu constituer sa singularité. Penélope Cruz, heureusement, illumine chaque scène. Magnifique et sexy sans jamais forcer le trait, elle est surtout excellente dans les moments où elle joue la psy, avec ce mélange de charme, d’assurance et d’ambiguïté qui lui va si bien. Edward Norton possède un petit charme et joue parfaitement sa partition, mais son personnage manque de charisme pour que l’emballement qu’il suscite soit totalement convaincant. Olivia Wilde et Seth Rogen, eux, composent avec beaucoup de justesse un couple arrivé au bout de quelque chose, et leur relation est sans doute l’un des aspects les plus crédibles du film. 
La mise en scène est élégante et le huis clos fonctionne plutôt bien. La musique, très présente, installe une atmosphère pesante et parfois presque étouffante, efficace pour faire monter le malaise, mais assez peu propice à la sensualité. Car le film est étonnamment cru sans parvenir à être vraiment suggestif. La présence de Penélope Cruz ne suffit pas à résoudre ce paradoxe. Le grand déballage sur le couple, le désir et la fidélité aurait dû être jubilatoire. Il est malheureusement souvent plus gênant que drôle, et certaines scènes mettent franchement mal à l’aise sans que ce malaise débouche sur un véritable effet comique. 
La VF, assez catastrophique, n’arrange rien et émousse encore davantage des dialogues qui auraient dû faire mouche. Mais pour une comédie qui prétend explorer les zones troubles du désir et de la monogamie, le principal problème est finalement très simple : malgré ses qualités, ce film ne m’a pas fait rire. 

5/10


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