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Affichage des articles du 2026

Les contrebandiers de Padraic McKinley / Efficace /

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Oregon, 1933. Samuel Murphy, veuf, est arraché à sa fille et envoyé dans un camp de travail impitoyable. Lorsque le directeur lui promet la liberté contre une périlleuse mission de contrebande d’or, Murphy saisit sa seule chance de rentrer chez lui.  Le film s’inscrit dans une tradition du film d’aventure assez classique, avec des accents de western transposés au cœur des forêts sauvages. S’il reprend certains codes du genre, le film évite heureusement d’en reproduire tous les clichés et trouve ainsi un équilibre intéressant entre récit d’aventure, tension et affrontements plus brutaux.  Ethan Hawke y est particulièrement convaincant dans un rôle de taiseux intelligent et calculateur, dont la retenue donne au personnage une vraie présence. Russell Crowe, dans un rôle très secondaire, est quant à lui parfaitement à l’aise dans un registre qu’il maîtrise : celui d’un homme trouble, à la fois sympathique et potentiellement dangereux. Le reste du casting (Julia Jones, Austin Ameli...

L'invitation d'Olivia Wilde / Élégant mais frustrant /

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Angela et Joe invitent leurs voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.  Olivia Wilde s’attaque à un remake américain d’un film espagnol que j’avais aimé dans sa version française, notamment pour ses excellents acteurs et ses répliques savoureuses. Le résultat est plus cru que je ne l’aurais imaginé, mais aussi beaucoup moins sensuel qu’il ne le voudrait. Et ce décalage résume assez bien les limites du film.  Le choix de faire du couple invité des quinquagénaires, plus proche de l'esprit du film espagnol, était pourtant une bonne idée. Il permettait d’aborder le désir, la lassitude conjugale et la monogamie avec une maturité intéressante. Mais cette piste est finalement assez mal exploitée, comme si le film ne savait jamais vraiment quoi faire de ce qui aurait pu constituer sa singularité. Penélope Cruz, heureusement, illumine chaque scène. Magnifique et sexy sans jamais forcer le trait, elle est surtout excellente d...

La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet / Imparfait mais sensible et délicat /

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Gabrielle se consacre corps et âme à son métier de chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public. Elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille.  Le film saisit avec justesse la charge mentale d’une femme arrivée à la cinquantaine, prise entre parents, famille, travail, collègues, amis, ménopause et vie sentimentale. Le film défend aussi une ambition féminine encore trop rarement montrée dans toute sa complexité : vouloir une vie amoureuse, exercer un métier prenant à responsabilités, et choisir de ne pas avoir d’enfant.  Léa Drucker incarne avec beaucoup de sensibilité cette femme parfois dure, sans jamais la rendre antipathique. Mélanie Thierry livre une composition plus opaque qu’à l’accoutumée, mais d’une grande élégance. Charl...

Pressure d'Anthony Maras / Intelligent et tendu /

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Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, la météo devient une donnée capitale. Le général Eisenhower et le capitaine James Stagg, météorologue, font alors face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude… ou risquer de perdre la guerre.  Le film est prenant et maintient une tension constante, alors même que l’on connaît l’issue historique et la date du débarquement. Il s’appuie sur un sujet rarement traité au cinéma, offrant ainsi un angle original pour aborder la Seconde Guerre mondiale. Le récit explore avec sobriété et intelligence les liens entre recherche scientifique et pression politique, sans jamais perdre de vue les enjeux humains. Les interprétations sont particulièrement convaincantes.  Andrew Scott compose un personnage d’une grande intégrité, qui a le courage de ses convictions, qui se révèle aussi agaçant qu’attachant, avec un jeu à la fois sobre et expressif. Son interprétation emporte l’adhésion. Brendan Fr...

Oklahoma honey d'Andrew Patterson / Singulier et chaleureux /

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Dans l’Oklahoma rural, Amziah King veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit.  Pas du tout le film auquel je m’attendais, et c’est sans doute ce qui le rend intéressant. Oklahoma Honey prend d’abord des allures de chronique rurale, avant de bifurquer, assez brutalement, vers le film d’enquête. La disparition, en cours de route, d’un personnage central participe à ce basculement et m’a laissée assez perplexe, tant elle reconfigure le récit.  Matthew McConaughey est formidable en producteur de miel aussi proche de la nature que parfaitement intégré à une communauté de passionnés de bluegrass. Angelina LookingGlass...

La frappe de Julien Gaspar-Oliveri / Anxiogène et hermétique /

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Enzo, 19 ans et sa sœur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony, est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.  Je ne sais toujours pas exactement ce que La Frappe cherche à dire. Que les enfants traumatisés ont besoin d’aide ? Que l’on peut aimer son agresseur ? Que le traumatisme peut aller très loin dans ses conséquences ? Le film laisse ces questions ouvertes, sans jamais vraiment donner de clés pour les comprendre.  Si son ambition était avant tout d’instiller un malaise sourd et un climat anxiogène, en revanche, c’est réussi. La Frappe est un film opaque, très silencieux, qui installe une tension diffuse et parfois dérangeante. Une atmosphère renforcée par une mise en scène qui pourra diviser. Le retour du très gros plan m’agace pre...

The dog stars de Ridley Scott / Mélancolique /

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Dans un futur proche où une pandémie a décimé la société américaine, Hig, un pilote, vit sur une base aérienne abandonnée avec son chien et un ex-marine. Lorsqu'une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l'espoir qu'une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé...  Adapté d’un roman que je n’ai pas lu, The Dog Stars propose un film postapocalyptique contemplatif, porté par des paysages sublimes et une photographie superbe. Plutôt que de miser constamment sur l’action, le film s’attarde sur les réflexions désespérées de son héros et sur les thèmes du deuil, de la solitude et de l’espoir.  Quelques poches d’humanité subsistent face à des hordes de barbares assez caricaturales, mais suffisamment inquiétantes pour être franchement flippantes. Le contraste fonctionne, même si certains personnages auraient mérité davantage de profondeur. Côté interprétation, Jacob Elordi joue correcte...

Le triangle d'or d'Hélène Rosselet-Ruiz / Captivant /

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Laura accepte un emploi au service de Souria, installée dans un hôtel particulier par son amant, un riche prince saoudien, Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes.  Pour un premier film, Le Triangle d’or est une vraie réussite. Film d’ambiance avant tout, il installe un huis clos social où se croisent domination et sororité. Une domination qui ne se limite pas à celle des riches sur les pauvres, mais qui se joue également entre les hommes et les femmes, et plus largement dans l’emprise d’un système sur ceux qui en sont les membres. Cette sensation d’enfermement est particulièrement bien travaillée. Dans le luxe d’un hôtel particulier placé sous surveillance permanente, les caméras renforcent une atmosphère à la fois oppressante et feutrée, qui constitue l’un des atouts du film.  Au cœur de ce huis clos, la relation entre les deux femmes évolue progressivement. De la méfiance ini...

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi / Humaniste et touchant /

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Directrice d'un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d'y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire.  Quand j’ai découvert, juste avant d’entrer dans la salle, que Soudain durait 3h15, j’ai sérieusement envisagé de renoncer. Je me suis même promis que, si le film s’avérait trop long, je partirais.  Force est de constater que je suis restée jusqu’au bout, malgré un premier tiers particulièrement étiré et une très longue scène de théâtre conceptuel, assez soporifique. Car le film ne commence véritablement qu’après cette interminable exposition. Par moments didactique, il prend le temps d’exposer ses théories économiques et philosophiques comme dans un cours magistral. Il frôle même le documentaire lorsqu’il s’attarde sur la méthode « Humanitude ». À f...

Mutiny de Jean-François Richet / Délicieusement bourrin /

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Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires.  Voici un film d’action bourrin qui ne prétend rien révolutionner : une vengeance ordinaire, un trafic d’êtres humains et beaucoup de baston. Jason Statham y rejoue son éternel justicier solitaire, secondé par une Annabelle Wallis badass et confronté à un Roland Møller particulièrement charismatique.  Intelligent ? Pas vraiment. Porté par une ambition morale particulière ? Pas davantage. Est-ce gênant ? Certainement pas. Le film connaît son registre et l’assume sans chercher à se donner une profondeur artificielle. Avec 1h35 au compteur, il va droit au but et évite surtout de s’éterniser.  Les effets spéciaux sont inégaux, mais les scènes de combat font le travail, avec une efficacité parfaitement calibrée...

Juste pour une nuit de Will Gluck / Frustrant /

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Quand Owen, qui vient de rompre, rencontre Allie, qui croit encore au grand amour, l'étincelle est immédiate. Mais une série de maladresses et de mésaventures vont continuellement séparer les deux seuls célibataires de la ville qui espèrent plus qu'une aventure cette nuit-là.  Je m’attendais à une comédie romantique assumée. Or, le film s’oriente régulièrement vers un humour potache centré sur le sexe et les rencontres d’un soir, dont les issues, systématiquement contrariées par des situations toujours plus improbables, finissent par lasser. Une large partie du récit paraît ainsi peu utile et contribue davantage à faire du surplace qu’à développer la relation entre les deux protagonistes, qui aurait mérité un traitement plus approfondi.  Monica Barbaro et Callum Turner affichent une belle complicité à l’écran. L’actrice se distingue également par sa voix particulièrement agréable. Le postulat de départ demeure toutefois difficile à accepter tant il semble étrange et peu crédib...

La fin d'Oak Street de David Robert Mitchell / Spectaculaire et prévisible /

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Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…  Le film assume pleinement son statut d'hommage au cinéma d'aventure familial popularisé à la Spielberg. Heureusement, il a également la bonne idée de ne pas s'éterniser, ce qui est devenu rare. On y retrouve de nombreux codes du genre : une famille américaine de la classe moyenne traversée par des tensions conjugales, quelques grands moments de solidarité familiale, plusieurs incohérences narratives et même un paradoxe temporel dont les amateurs du genre pourront débattre.  Visuellement, le spectacle est au rendez-vous. Les effets spéciaux sont particulièrement réussis et les dinosaures impressionnent, avec un design qui semble parfois plus proche des connaissances scientifiques actuelles que celui de Jurass...

Les matins merveilleux d'Avril Besson / Délicat et léger /

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La grand-mère de Charlie vient de mourir, en laissant ses vieux vinyles à un certain Titou, qui vit dans le Sud. Alors Charlie embarque les disques dans sa Twingo et elle roule.  Cette comédie dramatique explore avec délicatesse les thèmes du deuil et de la liberté. Adaptée d'un court-métrage que je n'ai pas vu, elle hésite entre profondeur et légèreté. Si le scénario aurait gagné à développer davantage certains aspects de son propos, le film dégage une sincérité touchante qui emporte l'adhésion.  Cette réussite repose en grande partie sur la qualité de son interprétation. India Hair est remarquable de justesse et de nuances, tandis qu'Éric Cantona surprend dans un rôle à contre-emploi de passionné de disco en chemises col pelle à tarte. Son personnage flirte parfois avec la caricature, mais la tendresse qui l'habite lui permet toujours de rester attachant.  Dans le décor paisible d'une station balnéaire du Sud à la fin de l'hiver, la réalisatrice compose un...

Spider-Man : Brand new day de Destin Daniel Cretton / Inégal et étiré, divertissant /

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C’est un tout nouveau jour pour Peter Parker Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler.  N'étant pas familière des comics d'origine et n'étant pas non plus une grande admiratrice de Spider-Man, j'abordais ce nouvel opus sans attente particulière. Le précédent film m'avait laissé une impression mitigée ; celui-ci s'en sort légèrement mieux, mais souffre d'un défaut majeur : sa durée excessive. À 2h25, le récit paraît souvent étiré et peine à maintenir l'intérêt sur la longueur. La révélation de l'identité du principal antagoniste constitue une véritable surprise. Malheureusement, une fois ce mystère levé, le scénario devient nettement plus prévisible.  Le film s'attarde longuement sur les états d'âme de Peter Parker, part...

De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat / Ludique et savoureux /

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Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais rien ne se passe comme prévu. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas.  Un film bref et enlevé qui célèbre avec malice l'esprit de troupe de la mythique Comédie-Française.  Pensionnaires et sociétaires, de Pauline Clément à Christian Hecq, en passant par Danièle Lebrun, Laurent Stocker, Marina Hands, Adeline d’Hermy, Benjamin Lavernhe ou Guillaume Gallienne, prennent un plaisir communicatif à dévoiler les coulisses de cette vénérable institution, placée sous le regard d'un Molière aussi fantasque qu'inattendu. Le casting s'investit pleinement dans ce jeu de miroir entre fiction et réalité, porté par des dialogues vifs et particulièrement savoureux.  Les situations se succèdent avec efficacité, entre vaudeville, drame et joyeux désordre, dans un esprit d'autodérision qui fait souven...

The last Viking d'Anders Thomas Jensen / Humaniste et décalé /

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Après quinze ans derrière les barreaux, un braqueur de banque sort de prison et veut récupérer le butin qu’il avait confié à son frère avant son arrestation. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable… Un film résolument iconoclaste dans le paysage cinématographique actuel. Derrière un rythme parfois un peu lent, The Last Viking interroge avec sensibilité l'amour fraternel et le regard que la société porte sur la maladie mentale.  Mads Mikkelsen est remarquable dans le rôle de cet homme persuadé d'être John Lennon tout en se montrant d’une franchise désarmante. Avec beaucoup de naturel, il parvient à rendre son personnage profondément attachant. Face à lui, Nikolaj Lie Kaas compose un homme peu fréquentable, mais suffisamment nuancé pour ne jamais sombrer dans la caricature.  La quête de l'argent perdu sert avant tout de prétexte à l'exploration des blessures de l'enfance et au portrait ...

L'Odyssée de Christopher Nolan / Une fresque généreuse /

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L’Odyssée est une épopée mythique tournée à travers le monde qui suit le retour d'Ulysse vers Ithaque.  Premier véritable blockbuster de l'été pour moi. Entre le casting prestigieux et le réalisateur, je ne pouvais passer à côté du film malgré une durée approchant les trois heures. Une bonne demi-heure de moins n'aurait d'ailleurs pas nui à l'ensemble, notamment en allégeant les nombreux retours sur la guerre de Troie et le sac de la ville, qui finissent par ralentir le récit. N'ayant qu'un souvenir lointain de ma lecture de L'Odyssée, j'y ai néanmoins retrouvé les grandes lignes du mythe, globalement respectées, même si certains épisodes sont traités de façon assez expéditive.  Matt Damon, dont je ne suis habituellement pas une fervente admiratrice, prête avec conviction sa présence physique et son flegme à un Ulysse marqué par les épreuves. Anne Hathaway livre une Pénélope déterminée, tandis que Charlize Theron compose une Calypso plus discrète qu...

La bataille De Gaulle - J'écris ton nom d'Antonin Baudry / Épique et inégal /

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La suite du premier opus, entre 1942 et 1945.  J'avais beaucoup apprécié le premier volet, et cette suite en reprend les principales qualités. Le film est passionnant, riche en enseignements et éclaire avec pertinence plusieurs aspects de la Seconde Guerre mondiale, notamment sa dimension politique. Le casting est remarquable, avec notamment Simon Abkarian, Niels Schneider, Anamaria Vartolomei, Félix Kysyl, Thierry Lhermitte et Loïc Corbery, tous très convaincants dans leurs rôles. Quelques touches d'humour bien dosées viennent également alléger le récit. Le film ne cherche pas à idéaliser Roosevelt ni Giraud. Quant à De Gaulle, il est dépeint de manière plus nuancée : tour à tour stratège habile, attentif aux conseils avisés ou encore particulièrement difficile à supporter. Cette complexité contribue à humaniser la figure historique.  La qualité de la reconstitution historique est indéniable et la réalisation se distingue par son ampleur et son souffle, parfois même avec une ...

Les Parfait(s) - arnaques en famille de Ludovic Bernard / Gentiment raté /

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Chez les Toussaint, l’arnaque est un art qui rapporte. Poursuivis, ils doivent fuir. Seule option ? Emprunter l’identité d’une famille sans histoire - les Parfait - et se réfugier...en Écosse. Entre des collègues trop curieux et une mystérieuse voisine, leur double vie va rapidement se compliquer…  Je m’attendais à trouver dans cette comédie d’escroquerie l’efficacité et l’élégance du genre. Force est de constater que l’exercice convainc peu. Le déplacement de l’intrigue en Écosse n’apporte guère de singularité à un récit qui reste prisonnier de codes déjà largement exploités. Les acteurs s’investissent avec sérieux et tirent le meilleur parti d’une succession de situations agréables mais rarement véritablement drôles. Cette famille d’arnaqueurs, aussi maladroite qu’improbable, peine à susciter la crédibilité nécessaire : on s’interroge souvent sur la manière dont elle a pu échapper aux autorités pendant tant d’années.  La présence d’Alan Cumming surprend davantage qu’elle ne ...

Des minions et des monstres de Pierre Coffin / Ludique et déjanté /

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Une histoire aussi rocambolesque qu’absurde, mais bien sûr totalement véridique, qui raconte comment les Minions sont devenus des stars de cinéma, pour finalement tout perdre en libérant au passage une bande de monstres déchaînés, avant de s’unir pour tenter de sauver la planète.  Ce troisième volet de la saga dérivée de Moi, moche et méchant introduit un duo à la fois absurde et attachant, dans la lignée des personnages emblématiques de la franchise. Leur langage, toujours aussi décalé, demeure une source constante d’humour.  Le film se distingue également par la richesse de ses références, allant de Chantons sous la pluie à Avengers, tout en puisant dans l’univers de Cthulhu et le cinéma de la Hammer. Son esthétique rend hommage au cartoon et au burlesque, portée par une animation fluide et irréprochable.  Si l’ensemble peut sembler parfois un peu désordonné, voire scénaristiquement léger, l’énergie comique, la générosité visuelle et la vivacité des couleurs compensent ...

Disclosure day de Steven Spielberg / Divertissant et tout à fait oubliable /

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Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.  Ah ! Le dernier Spielberg, je ne pouvais pas rater cela ! Le film s’ouvre in media res, sans recours au flashback, un choix pertinent pour ce thriller de science-fiction teinté de paranoïa et de religion. Le spectateur est ainsi immédiatement immergé dans l’action, découvrant progressivement les enjeux au fil du récit. Dommage que la révélation soit finalement assez limitée.  Construit comme un puzzle, le film souffre toutefois d’un manque de rythme ; une durée réduite d’une vingtaine de minutes aurait sans doute renforcé son efficacité. Le scénario, assez classique et manichéen, peine à se démarquer et aboutit à une conclusion ouverte laissant clairement entrevoir une suite. S’il aborde les raisons et les difficultés liée...

La bataille De Gaulle - l'âge de fer d'Antonin Baudry / Passionnant /

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Juin 1940. La France s'effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue.  Le film s’impose d’abord par la qualité de son casting. Simon Abkarian endosse l’uniforme du Général avec une densité impressionnante, entouré de Florian Lesieur, d’un Benoît Magimel magnétique, de Loïc Corbery, toujours précis, ainsi que de Niels Schneider, Tom Mison et Simon Russell Beale. Chacun trouve sa place dans une partition d’ensemble solide et nuancée.  Le film restitue avec justesse une atmosphère politique tendue, faite d’accords fragiles, de trahisons ouvertes ou larvées, de coups d’éclat et d’une ironie lucide. Le choix du réalisateur de ne pas adoucir la figure de De Gaulle est particulièrement pertinent : déjà inflexible, habité par une rigue...

Colony de Sang-Ho Yeon / Bourrin mais divertissant /

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Dans un gratte-ciel du centre de Séoul, une mystérieuse contamination se propage brusquement. L’immeuble est bouclé et toutes les personnes présentes confinées. Au départ, les infectés rampent comme des bêtes. Mais peu à peu, ils évoluent…  Ayant adoré Dernier train pour Busan, je me suis laissée tenter par ce nouvel opus de Sang-Ho Yeon. Même si je lui préfère encore Dernier train pour Busan, j’ai été embarquée par ce film de zombies plutôt intelligent dans son propos. Malgré quelques incohérences, il propose des idées intéressantes et parvient à distiller de vrais moments d’émotion.  Mon principal reproche concerne la mise en scène des séquences d’action : la caméra à l’épaule est ici utilisée à l’excès. Résultat, on distingue parfois mal ce qui se passe à l’écran, ce qui donne une impression de bouillie visuelle assez frustrante.  Du côté des personnages, ils sont inégalement attachants, mais le personnage principal, incarné par Gianna Jun, finit par susciter une réell...

The Mandalorian & Grogu de Jon Favreau / Divertissant mais creux /

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Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu pour retrouver un seigneur de guerre impérial en fuite.  Le film mise avant tout sur l’ambiance et le divertissement. Sans être familier des premières trilogies ni des séries Disney+ , on peut malgré tout se laisser porter par cette aventure spatiale au rythme généreux, portée par des effets spéciaux solides, même dominés par le numérique. Le film enchaîne les péripéties avec efficacité, mais peine à leur donner un véritable poids dramatique. Cette impression de regarder un long épisode de série persiste jusqu’au bout, sans réel enjeu ni avancée marquante dans l’arc narratif. Le personnage principal, toujours dissimulé derrière son casque, reste émotionnellement distant, réduisant souvent ses échanges à quelques attentions envers un Grogu plus enfant qu’élève. Quelques éléments retiennent...