Articles

Affichage des articles du 2026

Wicker de Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson | Caustique mais inégal |

Image
Mise au ban de son village, une pêcheuse solitaire commande au vannier un mari en osier. Cet époux improbable se révèle doté d’une sensibilité et de talents qui dépassent toutes ses attentes. À son contact, elle découvre un désir insoupçonné et, peu à peu, s’éprend véritablement de lui. Mais bientôt, son étrange et néanmoins sculptural mari attise les convoitises, la jalousie et les fantasmes des villageois.  La bande-annonce n’était pas trompeuse, mais je m’attendais à davantage de finesse, du moins dans la forme. Car sur le fond, la critique sociale ne manque pas de mordant. Cette fable originale égratigne le couple, les rôles assignés par le patriarcat et le poids des conventions sociales. Avec une certaine fantaisie, elle esquisse l’amour et le plaisir comme échappatoires possibles à ces carcans. La réussite du film tient beaucoup à ses interprètes.  Olivia Colman compose avec une justesse remarquable une femme en marge, dont l’intériorité se révèle bien plus riche qu’il n...

Le roi du game d'Éric Judor / Inégal mais divertissant /

Image
Alexandre est prêt à tout pour que sa filleaille à un un rendz-vous pour intégrer une école de commerce. Quitte à infiltrer une équipe de bras cassés dans un univers de jeu médiéval-fantastique.  Avec Le Roi du game, Éric Judor signe une comédie divertissante sur les rêves, ceux que l’on réalise comme ceux que l’on abandonne, et sur le pouvoir de l’imagination. Les dialogues bien écrits et les situations cocasses font mouche, même si l’humour manque parfois de finesse. Certaines blagues aux relents racistes, mal contextualisées, ainsi que le traitement trop léger du harcèlement sexuel viennent toutefois ternir l’ensemble. Le casting fonctionne bien et le film nous ouvre les portes de l’univers fantasque et créatif du jeu de rôle grandeur nature, dont le potentiel aurait mérité d’être davantage exploré. Les afficionados du GN seront sans doute frustrés par le manque d’immersion dans le jeu. Sans être inoubliable, cette comédie remplit néanmoins son contrat : divertir, le temps d’une...

Les misérables de Fred Cavayé / Magistral /

Image
Libéré après 19 ans de bagne, Jean Valjean change de vie. Sous une fausse identité, il devient un notable respecté. Venant en aide à Fantine, il promet de sauver sa fille, Cosette, des griffes des Thénardier. Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert, un policier implacable, le traque sans relâche afin de le renvoyer au bagne.  Sur le papier, le film n’a rien pour me plaire : une durée difficile à caser dans l’emploi du temps, un auteur que je n’apprécie pas, un thème qui ne m’intéresse pas au cinéma. Pourtant, j’ai adoré Les Misérables. Malgré un léger ralentissement au début du troisième tiers, le film ne souffre jamais de sa durée.  Le casting est remarquable. Vincent Lindon, massif, propose un jeu sobre et humaniste. Tahar Rahim compose un Javert fascinant, dense et profondément humain, tandis que Benjamin Lavernhe impressionne par sa veulerie absolue, face à une Camille Cottin d’une dureté de fer.  Le film embrasse la misère sous toutes ses formes, dans s...

La maison de nos rêves de Claude Zidi Jr. / Lourdeaud /

Image
Un jeune couple pense avoir enfin trouvé la solution miracle pour devenir propriétaire : un viager. Mais une fois le contrat signé la dame, jusque-là apparemment mourante, va beaucoup mieux et va transformer leur rêve immobilier en véritable cauchemar.  Je cherchais une comédie légère pour me détendre. La Maison de nos rêves en avait le potentiel, mais son scénario se révèle aussi peu inspiré que prévisible. Entre humour potache, lourdeurs et vulgarité, le film arrache quelques sourires, parfois un peu jaunes, sans jamais véritablement surprendre. Les gags, souvent convenus et parfois de mauvais goût, peinent à renouveler un registre comique déjà largement exploité.  Chantal Ladesou fait du Ladesou, au risque de devenir aussi agaçante que lassante. Son personnage aurait gagné à être incarné avec davantage de subtilité. Kev Adams et Camille Aguilar forment un couple complètement niais, mais suffisamment attachant pour susciter une certaine sympathie.  Le décor de la maison...

Ni vue ni connue de Marc Fitoussi / Réjouissant mais inégal /

Image
Corinne Maclou, figurante, enchaîne les tournages avec l’espoir d’être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l’aider ?  Aimant les deux actrices principales et le cinéma, j’avais de bonnes raisons d’aller voir ce film. J’en suis ressortie avec un sentiment mitigé : j’ai aimé, mais moins que je ne l’espérais. Le film avance par une succession de scénettes plus ou moins bien reliées, qui donnent parfois une impression de dispersion.  Isabelle Huppert y est formidable en figurante qui s’accroche encore au rêve de percer. Elle parvient à rendre son personnage touchant et crédible, sans jamais le réduire au ridicule. On regrette simplement que le film ne nous en apprenne pas davantage sur ce qui se joue en elle, derrière ses espoirs tenaces. Sandrine Kiberlain, de son côté, cultive avec p...

Les héros du Louvre d'Élie Chouraqui / Émouvant et imparfait /

Image
Amoureux des arts, Babi Maklouf Benhamou est gardien de nuit au musée du Louvre. Mais alors que la Seconde Guerre mondiale éclate, Jacques Jaujard, le conservateur du musée, organise le sauvetage des œuvres d’art. Il confie alors à Babi, accompagné par sa famille, l’un des camions chargés de transporter les chefs-d'œuvre hors de Paris.  Joli film sur la famille, l’amour de la patrie et la transmission du patrimoine, le nouveau film de Chouraqui mêle la Grande Histoire du sauvetage des œuvres du Louvre à une histoire familiale plus intime, nourrie de souvenirs et, par endroits, de romanesque.  Le film prend cependant des libertés parfois flagrantes avec la chronologie de la guerre et de l’Occupation. Un choix qui peut troubler, d’autant que la mise en scène semble elle aussi chercher à recréer une époque : caméra souvent portée à l’épaule, filtres et texture de l’image composent un aspect volontairement vintage, mais parfois un peu artificiel.  L’interprétation constitue l...

Garance de Jeanne Herry / Humain et pudique /

Image
Garance, jeune actrice qui galère, trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. On la suit pendant huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs.  Ayant apprécié les précédents films de la réalisatrice, j’étais curieuse de découvrir celui-ci, malgré quelques réserves à l’égard d’Adèle Exarchopoulos. Elles sont ici largement levées : la comédienne est excellente dans le rôle d’une femme alcoolique qui prétend assumer son alcoolisme, tout en s’enfonçant peu à peu dans la dépendance. Face à elle, Sara Giraudeau, tout en retenue, apporte une douceur bienvenue.  Après avoir privilégié les récits choraux dans ses films précédents, la réalisatrice fait cette fois le choix d’un portrait individuel, presque intime. Elle filme la lente déchéance de son personnage, mais aussi les mains qui se tendent — ou ne se tendent pas — tandis que la vie continue autour de l’alcool, avec ses errements et ses dangers. ...

Heart of the beast de David Ayer / Attachant mais conventionnel /

Image
Après un crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.  Brad Pitt avec un chien : difficile, sur le papier, de réunir duo plus efficace pour attirer les foules. À 62 ans, l’acteur adopte un jeu volontairement minimaliste et laisse largement la vedette à Odin, un berger allemand particulièrement expressif, dont la présence constitue le véritable cœur du film. Visuellement, Heart of the Beast peut compter sur les paysages de l’Alaska (en réalité la Nouvelle-Zélande), à la fois magnifiques et hostiles. La rudesse des décors donne au récit une dimension physique bienvenue. Dommage que les effets spéciaux appliqués aux animaux soient, eux, nettement moins convaincants et viennent par deux fois briser l’immersion.  Pour le reste, le film s’inscrit dans les codes bien balisés ...

Les contrebandiers de Padraic McKinley / Efficace /

Image
Oregon, 1933. Samuel Murphy, veuf, est arraché à sa fille et envoyé dans un camp de travail impitoyable. Lorsque le directeur lui promet la liberté contre une périlleuse mission de contrebande d’or, Murphy saisit sa seule chance de rentrer chez lui.  Le film s’inscrit dans une tradition du film d’aventure assez classique, avec des accents de western transposés au cœur des forêts sauvages. S’il reprend certains codes du genre, le film évite heureusement d’en reproduire tous les clichés et trouve ainsi un équilibre intéressant entre récit d’aventure, tension et affrontements plus brutaux.  Ethan Hawke y est particulièrement convaincant dans un rôle de taiseux intelligent et calculateur, dont la retenue donne au personnage une vraie présence. Russell Crowe, dans un rôle très secondaire, est quant à lui parfaitement à l’aise dans un registre qu’il maîtrise : celui d’un homme trouble, à la fois sympathique et potentiellement dangereux. Le reste du casting (Julia Jones, Austin Ameli...

L'invitation d'Olivia Wilde / Élégant mais frustrant /

Image
Angela et Joe invitent leurs voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.  Olivia Wilde s’attaque à un remake américain d’un film espagnol que j’avais aimé dans sa version française, notamment pour ses excellents acteurs et ses répliques savoureuses. Le résultat est plus cru que je ne l’aurais imaginé, mais aussi beaucoup moins sensuel qu’il ne le voudrait. Et ce décalage résume assez bien les limites du film.  Le choix de faire du couple invité des quinquagénaires, plus proche de l'esprit du film espagnol, était pourtant une bonne idée. Il permettait d’aborder le désir, la lassitude conjugale et la monogamie avec une maturité intéressante. Mais cette piste est finalement assez mal exploitée, comme si le film ne savait jamais vraiment quoi faire de ce qui aurait pu constituer sa singularité. Penélope Cruz, heureusement, illumine chaque scène. Magnifique et sexy sans jamais forcer le trait, elle est surtout excellente d...

La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet / Imparfait mais sensible et délicat /

Image
Gabrielle se consacre corps et âme à son métier de chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public. Elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille.  Le film saisit avec justesse la charge mentale d’une femme arrivée à la cinquantaine, prise entre parents, famille, travail, collègues, amis, ménopause et vie sentimentale. Le film défend aussi une ambition féminine encore trop rarement montrée dans toute sa complexité : vouloir une vie amoureuse, exercer un métier prenant à responsabilités, et choisir de ne pas avoir d’enfant.  Léa Drucker incarne avec beaucoup de sensibilité cette femme parfois dure, sans jamais la rendre antipathique. Mélanie Thierry livre une composition plus opaque qu’à l’accoutumée, mais d’une grande élégance. Charl...

Pressure d'Anthony Maras / Intelligent et tendu /

Image
Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, la météo devient une donnée capitale. Le général Eisenhower et le capitaine James Stagg, météorologue, font alors face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude… ou risquer de perdre la guerre.  Le film est prenant et maintient une tension constante, alors même que l’on connaît l’issue historique et la date du débarquement. Il s’appuie sur un sujet rarement traité au cinéma, offrant ainsi un angle original pour aborder la Seconde Guerre mondiale. Le récit explore avec sobriété et intelligence les liens entre recherche scientifique et pression politique, sans jamais perdre de vue les enjeux humains. Les interprétations sont particulièrement convaincantes.  Andrew Scott compose un personnage d’une grande intégrité, qui a le courage de ses convictions, qui se révèle aussi agaçant qu’attachant, avec un jeu à la fois sobre et expressif. Son interprétation emporte l’adhésion. Brendan Fr...

Oklahoma honey d'Andrew Patterson / Singulier et chaleureux /

Image
Dans l’Oklahoma rural, Amziah King veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit.  Pas du tout le film auquel je m’attendais, et c’est sans doute ce qui le rend intéressant. Oklahoma Honey prend d’abord des allures de chronique rurale, avant de bifurquer, assez brutalement, vers le film d’enquête. La disparition, en cours de route, d’un personnage central participe à ce basculement et m’a laissée assez perplexe, tant elle reconfigure le récit.  Matthew McConaughey est formidable en producteur de miel aussi proche de la nature que parfaitement intégré à une communauté de passionnés de bluegrass. Angelina LookingGlass...

La frappe de Julien Gaspar-Oliveri / Anxiogène et hermétique /

Image
Enzo, 19 ans et sa sœur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony, est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.  Je ne sais toujours pas exactement ce que La Frappe cherche à dire. Que les enfants traumatisés ont besoin d’aide ? Que l’on peut aimer son agresseur ? Que le traumatisme peut aller très loin dans ses conséquences ? Le film laisse ces questions ouvertes, sans jamais vraiment donner de clés pour les comprendre.  Si son ambition était avant tout d’instiller un malaise sourd et un climat anxiogène, en revanche, c’est réussi. La Frappe est un film opaque, très silencieux, qui installe une tension diffuse et parfois dérangeante. Une atmosphère renforcée par une mise en scène qui pourra diviser. Le retour du très gros plan m’agace pre...

The dog stars de Ridley Scott / Mélancolique /

Image
Dans un futur proche où une pandémie a décimé la société américaine, Hig, un pilote, vit sur une base aérienne abandonnée avec son chien et un ex-marine. Lorsqu'une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l'espoir qu'une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé...  Adapté d’un roman que je n’ai pas lu, The Dog Stars propose un film postapocalyptique contemplatif, porté par des paysages sublimes et une photographie superbe. Plutôt que de miser constamment sur l’action, le film s’attarde sur les réflexions désespérées de son héros et sur les thèmes du deuil, de la solitude et de l’espoir.  Quelques poches d’humanité subsistent face à des hordes de barbares assez caricaturales, mais suffisamment inquiétantes pour être franchement flippantes. Le contraste fonctionne, même si certains personnages auraient mérité davantage de profondeur. Côté interprétation, Jacob Elordi joue correcte...

Le triangle d'or d'Hélène Rosselet-Ruiz / Captivant /

Image
Laura accepte un emploi au service de Souria, installée dans un hôtel particulier par son amant, un riche prince saoudien, Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes.  Pour un premier film, Le Triangle d’or est une vraie réussite. Film d’ambiance avant tout, il installe un huis clos social où se croisent domination et sororité. Une domination qui ne se limite pas à celle des riches sur les pauvres, mais qui se joue également entre les hommes et les femmes, et plus largement dans l’emprise d’un système sur ceux qui en sont les membres. Cette sensation d’enfermement est particulièrement bien travaillée. Dans le luxe d’un hôtel particulier placé sous surveillance permanente, les caméras renforcent une atmosphère à la fois oppressante et feutrée, qui constitue l’un des atouts du film.  Au cœur de ce huis clos, la relation entre les deux femmes évolue progressivement. De la méfiance ini...

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi / Humaniste et touchant /

Image
Directrice d'un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d'y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire.  Quand j’ai découvert, juste avant d’entrer dans la salle, que Soudain durait 3h15, j’ai sérieusement envisagé de renoncer. Je me suis même promis que, si le film s’avérait trop long, je partirais.  Force est de constater que je suis restée jusqu’au bout, malgré un premier tiers particulièrement étiré et une très longue scène de théâtre conceptuel, assez soporifique. Car le film ne commence véritablement qu’après cette interminable exposition. Par moments didactique, il prend le temps d’exposer ses théories économiques et philosophiques comme dans un cours magistral. Il frôle même le documentaire lorsqu’il s’attarde sur la méthode « Humanitude ». À f...

Mutiny de Jean-François Richet / Délicieusement bourrin /

Image
Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires.  Voici un film d’action bourrin qui ne prétend rien révolutionner : une vengeance ordinaire, un trafic d’êtres humains et beaucoup de baston. Jason Statham y rejoue son éternel justicier solitaire, secondé par une Annabelle Wallis badass et confronté à un Roland Møller particulièrement charismatique.  Intelligent ? Pas vraiment. Porté par une ambition morale particulière ? Pas davantage. Est-ce gênant ? Certainement pas. Le film connaît son registre et l’assume sans chercher à se donner une profondeur artificielle. Avec 1h35 au compteur, il va droit au but et évite surtout de s’éterniser.  Les effets spéciaux sont inégaux, mais les scènes de combat font le travail, avec une efficacité parfaitement calibrée...

Juste pour une nuit de Will Gluck / Frustrant /

Image
Quand Owen, qui vient de rompre, rencontre Allie, qui croit encore au grand amour, l'étincelle est immédiate. Mais une série de maladresses et de mésaventures vont continuellement séparer les deux seuls célibataires de la ville qui espèrent plus qu'une aventure cette nuit-là.  Je m’attendais à une comédie romantique assumée. Or, le film s’oriente régulièrement vers un humour potache centré sur le sexe et les rencontres d’un soir, dont les issues, systématiquement contrariées par des situations toujours plus improbables, finissent par lasser. Une large partie du récit paraît ainsi peu utile et contribue davantage à faire du surplace qu’à développer la relation entre les deux protagonistes, qui aurait mérité un traitement plus approfondi.  Monica Barbaro et Callum Turner affichent une belle complicité à l’écran. L’actrice se distingue également par sa voix particulièrement agréable. Le postulat de départ demeure toutefois difficile à accepter tant il semble étrange et peu crédib...

La fin d'Oak Street de David Robert Mitchell / Spectaculaire et prévisible /

Image
Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…  Le film assume pleinement son statut d'hommage au cinéma d'aventure familial popularisé à la Spielberg. Heureusement, il a également la bonne idée de ne pas s'éterniser, ce qui est devenu rare. On y retrouve de nombreux codes du genre : une famille américaine de la classe moyenne traversée par des tensions conjugales, quelques grands moments de solidarité familiale, plusieurs incohérences narratives et même un paradoxe temporel dont les amateurs du genre pourront débattre.  Visuellement, le spectacle est au rendez-vous. Les effets spéciaux sont particulièrement réussis et les dinosaures impressionnent, avec un design qui semble parfois plus proche des connaissances scientifiques actuelles que celui de Jurass...

Les matins merveilleux d'Avril Besson / Délicat et léger /

Image
La grand-mère de Charlie vient de mourir, en laissant ses vieux vinyles à un certain Titou, qui vit dans le Sud. Alors Charlie embarque les disques dans sa Twingo et elle roule.  Cette comédie dramatique explore avec délicatesse les thèmes du deuil et de la liberté. Adaptée d'un court-métrage que je n'ai pas vu, elle hésite entre profondeur et légèreté. Si le scénario aurait gagné à développer davantage certains aspects de son propos, le film dégage une sincérité touchante qui emporte l'adhésion.  Cette réussite repose en grande partie sur la qualité de son interprétation. India Hair est remarquable de justesse et de nuances, tandis qu'Éric Cantona surprend dans un rôle à contre-emploi de passionné de disco en chemises col pelle à tarte. Son personnage flirte parfois avec la caricature, mais la tendresse qui l'habite lui permet toujours de rester attachant.  Dans le décor paisible d'une station balnéaire du Sud à la fin de l'hiver, la réalisatrice compose un...

Spider-Man : Brand new day de Destin Daniel Cretton / Inégal et étiré, divertissant /

Image
C’est un tout nouveau jour pour Peter Parker Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler.  N'étant pas familière des comics d'origine et n'étant pas non plus une grande admiratrice de Spider-Man, j'abordais ce nouvel opus sans attente particulière. Le précédent film m'avait laissé une impression mitigée ; celui-ci s'en sort légèrement mieux, mais souffre d'un défaut majeur : sa durée excessive. À 2h25, le récit paraît souvent étiré et peine à maintenir l'intérêt sur la longueur. La révélation de l'identité du principal antagoniste constitue une véritable surprise. Malheureusement, une fois ce mystère levé, le scénario devient nettement plus prévisible.  Le film s'attarde longuement sur les états d'âme de Peter Parker, part...

De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat / Ludique et savoureux /

Image
Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais rien ne se passe comme prévu. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas.  Un film bref et enlevé qui célèbre avec malice l'esprit de troupe de la mythique Comédie-Française.  Pensionnaires et sociétaires, de Pauline Clément à Christian Hecq, en passant par Danièle Lebrun, Laurent Stocker, Marina Hands, Adeline d’Hermy, Benjamin Lavernhe ou Guillaume Gallienne, prennent un plaisir communicatif à dévoiler les coulisses de cette vénérable institution, placée sous le regard d'un Molière aussi fantasque qu'inattendu. Le casting s'investit pleinement dans ce jeu de miroir entre fiction et réalité, porté par des dialogues vifs et particulièrement savoureux.  Les situations se succèdent avec efficacité, entre vaudeville, drame et joyeux désordre, dans un esprit d'autodérision qui fait souven...

The last Viking d'Anders Thomas Jensen / Humaniste et décalé /

Image
Après quinze ans derrière les barreaux, un braqueur de banque sort de prison et veut récupérer le butin qu’il avait confié à son frère avant son arrestation. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable… Un film résolument iconoclaste dans le paysage cinématographique actuel. Derrière un rythme parfois un peu lent, The Last Viking interroge avec sensibilité l'amour fraternel et le regard que la société porte sur la maladie mentale.  Mads Mikkelsen est remarquable dans le rôle de cet homme persuadé d'être John Lennon tout en se montrant d’une franchise désarmante. Avec beaucoup de naturel, il parvient à rendre son personnage profondément attachant. Face à lui, Nikolaj Lie Kaas compose un homme peu fréquentable, mais suffisamment nuancé pour ne jamais sombrer dans la caricature.  La quête de l'argent perdu sert avant tout de prétexte à l'exploration des blessures de l'enfance et au portrait ...

L'Odyssée de Christopher Nolan / Une fresque généreuse /

Image
L’Odyssée est une épopée mythique tournée à travers le monde qui suit le retour d'Ulysse vers Ithaque.  Premier véritable blockbuster de l'été pour moi. Entre le casting prestigieux et le réalisateur, je ne pouvais passer à côté du film malgré une durée approchant les trois heures. Une bonne demi-heure de moins n'aurait d'ailleurs pas nui à l'ensemble, notamment en allégeant les nombreux retours sur la guerre de Troie et le sac de la ville, qui finissent par ralentir le récit. N'ayant qu'un souvenir lointain de ma lecture de L'Odyssée, j'y ai néanmoins retrouvé les grandes lignes du mythe, globalement respectées, même si certains épisodes sont traités de façon assez expéditive.  Matt Damon, dont je ne suis habituellement pas une fervente admiratrice, prête avec conviction sa présence physique et son flegme à un Ulysse marqué par les épreuves. Anne Hathaway livre une Pénélope déterminée, tandis que Charlize Theron compose une Calypso plus discrète qu...