The bride ! de Maggie Gyllenhaal / Décoiffant, baroque /
Rongé par la solitude, Frank se rend à Chicago dans les
années 1930 et demande au Dr. Euphronious, scientifique visionnaire, de lui
créer une compagne. Ils ressuscitent une jeune femme assassinée, et la fiancée
prend vie !
Waouh ! C’est une œuvre radicale, féministe, d’une outrance
assumée, dotée d’une esthétique gothique barrée, d’une liberté folle. Formellement
réussie avec une photographie soignée et des scènes graphiques, elle peut
mettre mal à l’aise, agacer, étonner, ravir, émouvoir, mais pas laisser
indifférent. Ce qui m’a déstabilisée, c’est que je n’ai clairement pas tout
compris : le prisme de la possession par Mary Shelley, le début contredit
par une réplique du flic, etc ; le spectateur est parfois un peu perdu. La
B.O est ébouriffante, tantôt anachronique, tantôt parfaitement dans les années
30. Le casting est parfait, de Jessie Buckley à Christian Bale, en passant par
Annette Benning, Penelope Cruz, Jake Gyllenhaal et Peter Saarsgard. Ancré dans
un monde misogyne et un univers de mâles dominants dans lequel Frank, créature
monstrueuse mais aimante tranche, le film n’est pas avare de violence :
envers les femmes, puis de revanche. Et comme la réalisatrice y va à fond, ça
peut surprendre, d’autant que le tout est intercalé des scènes musicales façon
screwball comédie. Ambitieux, ce film imparfait peut rater sa cible, parce qu’il
est trop (trop de thèmes, trop d’idées, trop d’intrigues). Potentiellement
culte dans quelques années.
8/10 car je salue l’ambition et la radicalité, plus
que le résultat, un peu de guingois
Commentaires
Enregistrer un commentaire