Articles

Affichage des articles du avril, 2026

Le diable s'habille en Prada de David Frankel / Glamour mais creux /

Image
Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable.  Il y a vingt ans, j’avais trouvé le premier film très moyen (comme le roman d’ailleurs), pourtant j’aime bien le revoir de temps en temps à la télé. Dans cet opus dont la trame est calquée sur celle du précédent, on évoque les défis du numérique et de la culture du zapping, les petites et grandes trahisons du milieu chic mais toxique de la mode. Oui c’est glamour, oui les costumes sont magnifiques. Oui les acteurs sont excellents, de la ravissante mais lisse Anne Hathaway à la savoureuse Meryl Streep, en passant par Emily Blunt en garce qu’on adore détester et Stanley Tucci, génial pince sans rire. Il faut admettre que Kenneth Brannagh fournit un louable effort de sobriété qui rend son personnage plutôt attachant tandis que Theroux campe comme d’habitude une tête à claque. J’ai souri, parfois, mais pas ri, la faute aux d...

Michael d'Antoine Fuqua / Lisse et impersonnel /

Image
Le film raconte l'histoire de Michael Jackson au-delà de la musique, depuis la découverte d'un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five, jusqu'à l'artiste visionnaire dont l'ambition créative a alimenté une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde.  Je suis mitigée quant à ce film. Je pensais que ce serait un biopic complet mais il se concentre sur le jeunesse et l’émancipation de l’artiste. Bizarrement je trouve qu’il ne parle de rien. Je comprends qu’il avait une relation forte avec sa mère, une mauvaise relation avec son père, un tyran domestique violent – excellent Colman Domingo, mais ses frères restent indéfinis (je suis incapable de dire lequel est lequel), Janet a été éradiquée, Diana Ross à peine figurée, je ne suis pas plus avancée sur son processus de création… Certes le petit Michael est mignon, certes, les scènes de chant et de danse sont géniales mais pas toujours bien amenées. Pourtant, il me reste surtout l’impres...

Compostelle de Yann Samuell / Humaniste /

Image
Fred, une prof suspendue, et Adam, un adolescent délinquant, entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse.  Je ne m’attendais à rien, sinon un fil un peu niais sur les bienfaits de la randonnée. Finalement j’ai beaucoup aimé. Le film est bien plus âpre que ce à quoi je m’attendais grâce à Julien Le Berre qui campe un ado parfois tête à claque, parfois carrément inquiétant – ce qu'il est dur ce gosse – mais toujours à fleur de peau, face à une Alexandra Lamy très sobre. Je ne connaissais pas le principe de ces marches de rupture mais il me paraît intéressant, surtout s’il est efficace. La progression d’Adam me semble bien amenée, de même que l’évolution de Fred. Les dialogues sont souvent drôles car aucun ne manque de répartie. Comme on pouvait s’en douter, certains paysages s...

Juste une illusion d'Olivier Nakache te Eric Toledano / Un peu creux /

Image
En 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Nous partageons ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.  Je voulais aimer ce film mais je n’ai pas réussi à adhérer. Les acteurs sont bons, la reconstitution est bonne, les dialogues amusants, j’ai beaucoup aimé la scène de la danse dont tout le monde parle, j’adhère plutôt aux valeurs du vivre ensemble, je capte une bonne partie des références même si je ne suis pas le public cible. Pourtant la mayonnaise ne prend pas. Rien n’accroche. Pas de surprise, pas de folie, pas de coup d’éclat. Sans doute ai-je eu du mal à m’identifier à cet ado qui essaie désespérément de mater son premier porno sur VHS avec ses potes tout en courant après une fille qui le méprise. J’en déduis que le scénario de cette vignette eighties manque de ressort et de con...

L'ultime héritier de John Patton Ford / Aussi sympathique qu’anecdotique /

Image
Becket Redfellow n’a qu’une obsession : se venger de la famille richissime qui a renié sa mère. Il décide de récupérer l’héritage qu’il estime lui revenir. Le problème ? Sept membres de la famille se dressent entre lui et cette fortune. Qu’à cela ne tienne : Becket est prêt à les éliminer un par un… jusqu’au dernier.  Je n’ai pas vu Noblesse oblige, dont le film est un remake, ni lu le roman. La version américaine souffre néanmoins clairement du manque d’humour anglais, le ton étant à la fois sérieux et parodique mais sans aller au bout se révèle bancal. Glen Powell, sémillant, ne manque pas de charme mais là, il eut fallu plus d’aspérités, plus de danger. La voix off m’a plutôt amusée, mais elle aurait pu être nettement plus piquante. J’ai bien aimé le cynisme final même s’il semble tomber comme un cheveu sur la soupe : tout au long du film, Becket est plus ou moins une victime sociale qui se révolte tout en se faisant une place au soleil par son mérite et puis tout à coup, c...

Projet dernière chance de Phil Lord et Christopher Miller / Sympa /

Image
Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre l'énigme de la mystérieuse substance qui cause l'extinction du Soleil.  Je n’ai pas lu le roman donc je ne peux pas juger l’adaptation. D’un point de vue scientifique, le film est assez technique, je n’ai clairement pas tout compris et même parfois je ne comprenais pas ce qu’il se passait, la faute à une narration un peu confuse et rempli d’invraisemblances. J’ai aussi eu du mal à adhérer au visuel de l’extraterrestre, vraiment très peu organique. Cela dit, la relation entre Grace et Rocky finit par être attachante, même si je trouve la fin très surprenante. Esthétiquement, c’est réussi, beau sur Terre et dans l’espace. Ryan Gosling et Sandra Hüller sont excellents, lui en prof brillant qui apprend le courage et l’amitié, elle en chef de mission convaincue pa...