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Le crime du 3ème étage de Rémi Bezançon / Joyeusement fantaisiste /

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Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque.  Pastiche assumé de Fenêtre sur cour mâtiné d’Agatha Christie et de De Broca (Le Magnifique), avec mise en abyme et même intervention du Maître, cette comédie policière sur le couple atteint parfaitement son objectif : faire rire sans perdre le suspense. Laetitia Casta, pleine de charme et Gilles Lellouche en bougon qui s’attendrit, forment un couple en crise qui a besoin de retrouver la flamme. Guillaume Gallienne s’en donne à cœur joie dans un rôle ambigu. Dialogues ciselés et situations rocambolesques assumées font de ce film réjouissant et élégant une réussite. Les incursions de scènes du roman, qui illustrent au...

The history of sound d'Oliver Hermanus / Tendre et nostalgique /

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Lionel, jeune chanteur talentueux du Kentucky, quitte la ferme familiale pour intégrer le Conservatoire de Boston, où il rencontre de David, étudiant en composition aussi brillant que séduisant, mais leur lien naissant est brutalement interrompu lorsque David est mobilisé à la fin de la guerre. En 1920, réunis le temps d’un hiver, Lionel et David sillonnent les forêts et les îles du Maine pour collecter et préserver les chants folkloriques menacés d’oubli.  C’est un très beau film sur l’amour, la musique et sa mémoire collective, la beauté de l’Amérique profonde, les conséquences de la guerre et la mémoire des minorités qui disparaissent. Grâce à une reconstitution immersive et une musique planante, cette réalisation classique nous emporte dans les paysages de l’Amérique rurale des années 20. La photographie est superbe, visuellement, c’est magnifique. Paul Mescal et Josh O’Connor, parfaits de sobriété, forment un couple complice, sensible et sensuel. Tous les deux ont un joli brin...

La maison des femmes de Mélisa Godet / Nécessaire /

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À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction.  Un film presque documentaire mais incarné, sublimé, fluidifié par la fiction. Les scènes, souvent courtes reconstituent des pastilles du quotidien de ce lieu pluridisciplinaire qui essaie de faire sortir les femmes du cercle de la violence et de les aider à se reconstruire. Les témoignages sont percutants, sans misérabilisme, avec pudeur. Pour alléger ce film féministe dont le fond est dramatique et glaçant, il est parsemé d’humour plus ou moins noir, mais réaliste. Le casting est excellent, de Karin Viard à Eye Haïdara, en passant par Pierre Deladonchamps, Aure Atika, Juliette Armanet et Laetitia Dosch. Le scénario passe presque trop rapidement sur les difficultés liées à ce type de structure et s’avère prévisible mais célèbre la résilience et la solidarité. Il est suffisamment solide néanmoins pour soutenir l’intérêt ...

The bride ! de Maggie Gyllenhaal / Décoiffant, baroque /

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Rongé par la solitude, Frank se rend à Chicago dans les années 1930 et demande au Dr. Euphronious, scientifique visionnaire, de lui créer une compagne. Ils ressuscitent une jeune femme assassinée, et la fiancée prend vie !  Waouh ! C’est une œuvre radicale, féministe, d’une outrance assumée, dotée d’une esthétique gothique barrée, d’une liberté folle. Formellement réussie avec une photographie soignée et des scènes graphiques, elle peut mettre mal à l’aise, agacer, étonner, ravir, émouvoir, mais pas laisser indifférent. Ce qui m’a déstabilisée, c’est que je n’ai clairement pas tout compris : le prisme de la possession par Mary Shelley, le début contredit par une réplique du flic, etc ; le spectateur est parfois un peu perdu. La B.O est ébouriffante, tantôt anachronique, tantôt parfaitement dans les années 30. Le casting est parfait, de Jessie Buckley à Christian Bale, en passant par Annette Benning, Penelope Cruz, Jake Gyllenhaal et Peter Saarsgard. Ancré dans un mon...

Jumpers de Daniel Chong / Sympathique /

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Mabel, adolescente passionnée par les animaux, saute sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie permettant de communiquer avec eux en se glissant dans la peau d’un castor. Mabel se lance alors dans une aventure unique et riche en découvertes au cœur du règne animal.  Pour son 30 ème long-métrage, Pixar s’offre un conte moderne où l’être humain fait partie d’un tout et peut comprendre les animaux. Utopiste ? Pas vraiment, il n’occulte pas la dureté du règne animal même s’il s’offre des coopérations improbables qui, si elles amusent, diminuent le réalisme. Survolté, parfois délirant, il propose une morale rassembleuse mais affaiblie par un imbroglio idéologique (qui semble légitimer la violence écologique) et un graphisme réussi. Dommage, l’émotion reste très en retrait. Inventif et drôle, il remplit son office : divertir intelligemment.  7/10

Chers parents par Emmanuel Patron / Acide /

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Quand Alice et Vincent Gauthier convoquent en urgence leurs trois enfants, la fratrie débarque affolée craignant le pire … mais, bonne nouvelle, leurs parents ont en fait touché le Jackpot ! Le problème : ils ne comptent pas leur donner un centime.  J’avais trouvé la bande-annonce drôle. Dommage, les meilleurs moments y sont sans doute compilés. Le reste du film n’est pas au même niveau. La critique acerbe de l’avidité ne fait pas dans la dentelle, vire parfois au grand-guignolesque, particulièrement dans une scène peu crédible qui passait sans doute mieux au théâtre et met à mal les liens familiaux. La satire sociale qui vire au pugilat sur fond de vieilles rancœurs fonctionne sans temps mort. Le casting est efficace, notamment Miou-Miou, Pauline Clément et André Dussolier, mais les personnages mal aimables. Le résultat est une comédie qui fait sourire et brocarde la cupidité.  5,5/10

LOL 2.0 de Lisa Azuelos / Délicieusement régressif et moderne /

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Anne profite de sa liberté après le départ de ses enfants, mais Louise revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental et Théo lui annonce qu’elle va devenir grand-mère ! Entre chocs générationnels, rêves en mutation et nouveaux élans amoureux…  Dix-sept ans plus tard, on retrouve avec plaisir cette famille dysfonctionnelle mais éminemment attachante. Lola, que je trouvais agaçante, est partie à l’étranger, donnant toute sa place à sa sœur cadette. Lisa Azuelos sait transmettre des émotions, tout en analysant le choc des générations et l’impact du tout numérique. Elle propose quelques mises en scène sortant de l’ordinaire pour illustrer le ressenti de ses personnages qu’elle adore, sur une B.O éclectique réjouissante. Elle ne réinvente évidemment pas le genre mais délivre un film tendre et parfois acide sur la famille. C’est drôle et emballant, notamment grâce à un casting sympathique, de Sophie Marceau, toujours charismatique à la charmante débutante Thaïs Ales...

Le rêve américain d’Anthony Marciano / Enthousiasmant /

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Sans contacts, sans argent et avec un niveau d'anglais plus qu’approximatif, rien ne prédestinait Jérémy et Bouna à devenir des agents qui comptent en NBA. Inspiré d’une histoire vraie, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur Rêve Américain.  J’y suis allée avec quelques réserves car le thème n’est pas forcément ma tasse de thé et ces deux acteurs ont tendance à rester cantonner dans leur rôle ; cependant, la bande-annonce m’avait emballée. Bien m’en a pris. Sur le papier, le film n’avait pas grand-chose pour me plaire. Alors pourquoi ça marche ? J’ai été prise par la passion sincère de ces deux amoureux du basket, prêts à tout pour leurs joueurs, unis par une belle amitié. La complicité entre Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi, bien canalisés, se ressent et se voit à l’écran. Le rythme du film brossant le portrait de ces losers magnifiques ...

Send help de Sam Raimi / Drôle mais inconfortable /

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Seuls rescapés d'un accident d'avion, Linda et Bradley se retrouvent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…  La bande-annonce paraissait prometteuse. Il s’agit d’un heureux mélange à la Raimi d’humour, de gore, de crade, de survie. Si les paysages sont plutôt jolis malgré leur caractère numérique, les animaux en image de synthèse sont affreux. Les personnages sont assez peu aimables : lui est un abruti fini, pour être polie, qui n’a même pas conscience de ses propres intérêts et limite elle est mal aimable, très bizarre dès le départ et très vite inquiétante. Évidemment, lui est irrécupérable. Le scénario, cruel pour ses personnages qui s’enfoncent dans la folie, n’épargne rien, ni personne, jusqu’à un dénouement joyeusement immoral. Dommage, une fois sur l’île, il tourne un peu en rond. Rachel McAdams se donne à fond de l...

Mes 7 flops de 2025

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Je suis moins allée au cinéma cette année, la faute à un emploi du temps chargé. J'ai donc plus sélectionné mes séances, ce qui a engendré moins de mauvaises surprises, d'où un petit nombre de flops.  Insaisissables 3 de Ruben Fleischer / Poussif / 4/10 Une franchise définitivement essoufflée. Connemara d'Alex Lutz / Décevant / 3,5/10 L’une de mes plus grosses déceptions. J’attendais beaucoup plus d’Alex Lutz. Avignon de Johann Dionnet / Un peu gênant et parfois drôle / 3,5/10 Si bobo français. Y'a pas de réseau d'Édouard Pluvieux / Enfantin / 3,5/10 Si franco-franchouille.   Wicked partie II de Jon M. Chu / À peine moins fastidieux que le précédent / 3,5/10 Un beau gâchis !   Blanche-Neige de Marc Webb / Affligeant / 2/10 Risible, ridicule, raté. En tout cas, j’ai bien ri.    Eddington d'Ari Aster / Boursoufflé et ennuyeux / 2/10 Un fourre-tout grand-guignolesque et ennuyeux.