Articles

LOL 2.0 de Lisa Azuelos / Délicieusement régressif et moderne /

Image
Anne profite de sa liberté après le départ de ses enfants, mais Louise revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental et Théo lui annonce qu’elle va devenir grand-mère ! Entre chocs générationnels, rêves en mutation et nouveaux élans amoureux…  Dix-sept ans plus tard, on retrouve avec plaisir cette famille dysfonctionnelle mais éminemment attachante. Lola, que je trouvais agaçante, est partie à l’étranger, donnant toute sa place à sa sœur cadette. Lisa Azuelos sait transmettre des émotions, tout en analysant le choc des générations et l’impact du tout numérique. Elle propose quelques mises en scène sortant de l’ordinaire pour illustrer le ressenti de ses personnages qu’elle adore, sur une B.O éclectique réjouissante. Elle ne réinvente évidemment pas le genre mais délivre un film tendre et parfois acide sur la famille. C’est drôle et emballant, notamment grâce à un casting sympathique, de Sophie Marceau, toujours charismatique à la charmante débutante Thaïs Ales...

Le rêve américain d’Anthony Marciano / Enthousiasmant /

Image
Sans contacts, sans argent et avec un niveau d'anglais plus qu’approximatif, rien ne prédestinait Jérémy et Bouna à devenir des agents qui comptent en NBA. Inspiré d’une histoire vraie, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur Rêve Américain.  J’y suis allée avec quelques réserves car le thème n’est pas forcément ma tasse de thé et ces deux acteurs ont tendance à rester cantonner dans leur rôle ; cependant, la bande-annonce m’avait emballée. Bien m’en a pris. Sur le papier, le film n’avait pas grand-chose pour me plaire. Alors pourquoi ça marche ? J’ai été prise par la passion sincère de ces deux amoureux du basket, prêts à tout pour leurs joueurs, unis par une belle amitié. La complicité entre Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi, bien canalisés, se ressent et se voit à l’écran. Le rythme du film brossant le portrait de ces losers magnifiques ...

Send help de Sam Raimi / Drôle mais inconfortable /

Image
Seuls rescapés d'un accident d'avion, Linda et Bradley se retrouvent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…  La bande-annonce paraissait prometteuse. Il s’agit d’un heureux mélange à la Raimi d’humour, de gore, de crade, de survie. Si les paysages sont plutôt jolis malgré leur caractère numérique, les animaux en image de synthèse sont affreux. Les personnages sont assez peu aimables : lui est un abruti fini, pour être polie, qui n’a même pas conscience de ses propres intérêts et limite elle est mal aimable, très bizarre dès le départ et très vite inquiétante. Évidemment, lui est irrécupérable. Le scénario, cruel pour ses personnages qui s’enfoncent dans la folie, n’épargne rien, ni personne, jusqu’à un dénouement joyeusement immoral. Dommage, une fois sur l’île, il tourne un peu en rond. Rachel McAdams se donne à fond de l...

Mes 7 flops de 2025

Image
Je suis moins allée au cinéma cette année, la faute à un emploi du temps chargé. J'ai donc plus sélectionné mes séances, ce qui a engendré moins de mauvaises surprises, d'où un petit nombre de flops.  Insaisissables 3 de Ruben Fleischer / Poussif / 4/10 Une franchise définitivement essoufflée. Connemara d'Alex Lutz / Décevant / 3,5/10 L’une de mes plus grosses déceptions. J’attendais beaucoup plus d’Alex Lutz. Avignon de Johann Dionnet / Un peu gênant et parfois drôle / 3,5/10 Si bobo français. Y'a pas de réseau d'Édouard Pluvieux / Enfantin / 3,5/10 Si franco-franchouille.   Wicked partie II de Jon M. Chu / À peine moins fastidieux que le précédent / 3,5/10 Un beau gâchis !   Blanche-Neige de Marc Webb / Affligeant / 2/10 Risible, ridicule, raté. En tout cas, j’ai bien ri.    Eddington d'Ari Aster / Boursoufflé et ennuyeux / 2/10 Un fourre-tout grand-guignolesque et ennuyeux.

Mes 14 tops 2025

Image
Cette année, pas de 10/10, ni même de 9,5/10 donc presque 15 très bons films mais pas d’immense coup de cœur.  Les 8,5/10 : La venue de l'avenir de Cédric Klapisch / Joli / Un ours dans le jura de Franck Dubosc / Très réussi / Running man d'Edgar Wright / Ludique et mordant / Black bag (The insider) de Steven Soderbergh / Habile et réjouissant / L'attachement de Carine Tardieu / Touchant et juste / F1 de Joseph Kosinski / Cool et immersif / La femme la plus riche du monde de Thierry Klifa / Mordant / Dracula : A love tale de Luc Besson / Flamboyant et romanesque / Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles de Lyne Charlebois / Beau / Les 9/10 : Partir un jour d'Amélie Bonnin / Enjoué et mélancolique / Une histoire tendre et sensible, attachante. Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan de Ken Scott / Solaire / Un amour filial débordant peut donner un film plein d’énergie, drôle et émouvant Downton Abbey : le grand final de Simon Curtis / Top / Un plaisir ...

Le Marsupilami de Philippe Lacheau / Potache, marrant /

Image
Pour sauver son emploi, David accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess, son fils Léo, et son collègue Stéphane, idiot utile, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos...  J’aime bien la bande à Fifi même si je trouve leur humour un peu lourd, très en-dessous de la ceinture. Je connais mal le matériau de départ, sinon de vagues souvenirs d’une série animée que je n’appréciais pas, je n’ai pas vu la version Chabat non plus. J’ai beaucoup ri dans ce film, même quand j’avais conscience de la médiocrité des blagues. Certains passages remplissent admirablement leur office et fonctionnent parfaitement. Le choix de l’animatronique n’est pas toujours bien géré : ça se voit. Toutefois, Bibi est très mignon. La bande se fait plaisir avec de nombreuses références, d’E...

Reconnu coupable de Timur Bekmambetov / Questionnant /

Image
Dans un futur proche, un policier est accusé du meurtre de sa femme. Jugé par une intelligence artificielle ultra-performante, qu'il a lui-même contribué à mettre en place, il n'a que 90 minutes pour prouver son innocence... avant qu'elle ne scelle son sort.  La Justice par IA, le concept a de quoi faire frémir. Le film serait un peu plus pertinent s’il ne relevait pas de la science-fiction en dotant l’IA d’une vraie réflexion et d’une capacité à se laisser convaincre par des arguments irrationnels. Dans sa partie procédurale, le film ralentit parfois, malgré l’action à l’extérieur du tribunal, souvent filmée via des caméras embarquées, ce qui peut parfois donner la nausée. Dommage, la bande annonce révèle presque la solution du mystère (heureusement, je ne l’avais pas vue). Le scénario tient la route dans sa première partie puis part en vrille quant aux explications. Rebecca Ferguson réussit le miracle d’amener un supplément d’âme à cette IA grâce à de micro-expressions, f...

Nuremberg de James Vanderbilt / Intéressant /

Image
1945. Le psychiatre américain Douglas Kelley doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich avant le procès. Face au manipulateur Hermann Göring, il se retrouve pris dans un rapport de force. S'ouvre alors un duel avec le mal absolu.  Dommage, je l’ai vu en VF. Après vérification, le scénario prend quelques libertés avec la temporalité et la réalité historique mais pas tant que ça. Je n’étais pas nécessairement convaincue par la distribution, bien que ce soit par ailleurs d’excellents acteurs. Toutefois Russell Crowe s’empare du rôle de l’ogre Göring avec gourmandise, sans pour autant surjouer. Rami Malek cabotine parfois un peu mais parvient à faire apprécier son personnage. Leurs échanges sous forme de duel psychologique sont délicieux. Ils sont secondés par une distribution très solide – Michael Shannon, Richard E. Grant, John Slattery, Lotte Verbeek. Le parti pris de départ – traiter de la relation entre Kelley et Göring – déséquilibre...

Hamnet de Chloé Zhao / Émouvant /

Image
Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier. Tandis qu’il tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques.  M’étant déplacée sur la foi du titre et du nom des acteurs, je pensais voir soit une version filmée de la pièce soit une version historique. Du coup quand je vois la première scène, je trouve que Jessie Buckley fait une très mauvaise Ophélie, trop terrienne, trop intense. Puis, quand je comprends le véritable propos du film, je me dis qu’elle fait en revache une excellente Agnes. Paul Mescal est parfait en dramaturge contrarié, père aimant ne sachant pas exprimer ses émotions autrement que par l’écriture. Les enfants jouent très bien. La première partie est plaisante, la deuxième tourne un peu en rond, connaît une baisse de rythme qui nous fait frôler l’ennui, la troisième vaut à elle seule de s...

Le mage du Kremlin d'Olivier Assayas / Artificiel /

Image
Russie, années 1990, l’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov, trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine.  Peut-être est-ce un film à voir quand on est en grande forme. Ce n'était pas mon cas, j'en ai tiré une impression de flou. Vadim est un personnage fascinant, opaque, vivant uniquement quand il parle à sa fille,  incarné avec brio par un Paul Dano massif, voix douce et visage impassible ou presque. Alicia Vikander a un rôle ambivalent, moitié jetsetteuse moitié Jiminy Cricket. Jude Law est parfaitement sobre en Poutine mais j'ai trouvé le personnage presque terne, comme l'image du film. Car en dehors des quelques années étudiantes de fiesta débridée, tout est gris. Je comprends la métaphore mais l'effet à l'écran est morne et un peu flo...