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Oklahoma honey d'Andrew Patterson / Singulier et chaleureux /

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Dans l’Oklahoma rural, Amziah King veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit.  Pas du tout le film auquel je m’attendais, et c’est sans doute ce qui le rend intéressant. Oklahoma Honey prend d’abord des allures de chronique rurale, avant de bifurquer, assez brutalement, vers le film d’enquête. La disparition, en cours de route, d’un personnage central participe à ce basculement et m’a laissée assez perplexe, tant elle reconfigure le récit.  Matthew McConaughey est formidable en producteur de miel aussi proche de la nature que parfaitement intégré à une communauté de passionnés de bluegrass. Angelina LookingGlass...

La frappe de Julien Gaspar-Oliveri / Anxiogène et hermétique /

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Enzo, 19 ans et sa sœur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony, est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.  Je ne sais toujours pas exactement ce que La Frappe cherche à dire. Que les enfants traumatisés ont besoin d’aide ? Que l’on peut aimer son agresseur ? Que le traumatisme peut aller très loin dans ses conséquences ? Le film laisse ces questions ouvertes, sans jamais vraiment donner de clés pour les comprendre.  Si son ambition était avant tout d’instiller un malaise sourd et un climat anxiogène, en revanche, c’est réussi. La Frappe est un film opaque, très silencieux, qui installe une tension diffuse et parfois dérangeante. Une atmosphère renforcée par une mise en scène qui pourra diviser. Le retour du très gros plan m’agace pre...

The dog stars de Ridley Scott / Mélancolique /

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Dans un futur proche où une pandémie a décimé la société américaine, Hig, un pilote, vit sur une base aérienne abandonnée avec son chien et un ex-marine. Lorsqu'une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l'espoir qu'une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé...  Adapté d’un roman que je n’ai pas lu, The Dog Stars propose un film postapocalyptique contemplatif, porté par des paysages sublimes et une photographie superbe. Plutôt que de miser constamment sur l’action, le film s’attarde sur les réflexions désespérées de son héros et sur les thèmes du deuil, de la solitude et de l’espoir.  Quelques poches d’humanité subsistent face à des hordes de barbares assez caricaturales, mais suffisamment inquiétantes pour être franchement flippantes. Le contraste fonctionne, même si certains personnages auraient mérité davantage de profondeur. Côté interprétation, Jacob Elordi joue correcte...

Le triangle d'or d'Hélène Rosselet-Ruiz / Captivant /

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Laura accepte un emploi au service de Souria, installée dans un hôtel particulier par son amant, un riche prince saoudien, Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes.  Pour un premier film, Le Triangle d’or est une vraie réussite. Film d’ambiance avant tout, il installe un huis clos social où se croisent domination et sororité. Une domination qui ne se limite pas à celle des riches sur les pauvres, mais qui se joue également entre les hommes et les femmes, et plus largement dans l’emprise d’un système sur ceux qui en sont les membres. Cette sensation d’enfermement est particulièrement bien travaillée. Dans le luxe d’un hôtel particulier placé sous surveillance permanente, les caméras renforcent une atmosphère à la fois oppressante et feutrée, qui constitue l’un des atouts du film.  Au cœur de ce huis clos, la relation entre les deux femmes évolue progressivement. De la méfiance ini...

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi / Humaniste et touchant /

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Directrice d'un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d'y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire.  Quand j’ai découvert, juste avant d’entrer dans la salle, que Soudain durait 3h15, j’ai sérieusement envisagé de renoncer. Je me suis même promis que, si le film s’avérait trop long, je partirais.  Force est de constater que je suis restée jusqu’au bout, malgré un premier tiers particulièrement étiré et une très longue scène de théâtre conceptuel, assez soporifique. Car le film ne commence véritablement qu’après cette interminable exposition. Par moments didactique, il prend le temps d’exposer ses théories économiques et philosophiques comme dans un cours magistral. Il frôle même le documentaire lorsqu’il s’attarde sur la méthode « Humanitude ». À f...

Mutiny de Jean-François Richet / Délicieusement bourrin /

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Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires.  Voici un film d’action bourrin qui ne prétend rien révolutionner : une vengeance ordinaire, un trafic d’êtres humains et beaucoup de baston. Jason Statham y rejoue son éternel justicier solitaire, secondé par une Annabelle Wallis badass et confronté à un Roland Møller particulièrement charismatique.  Intelligent ? Pas vraiment. Porté par une ambition morale particulière ? Pas davantage. Est-ce gênant ? Certainement pas. Le film connaît son registre et l’assume sans chercher à se donner une profondeur artificielle. Avec 1h35 au compteur, il va droit au but et évite surtout de s’éterniser.  Les effets spéciaux sont inégaux, mais les scènes de combat font le travail, avec une efficacité parfaitement calibrée...

Juste pour une nuit de Will Gluck / Frustrant /

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Quand Owen, qui vient de rompre, rencontre Allie, qui croit encore au grand amour, l'étincelle est immédiate. Mais une série de maladresses et de mésaventures vont continuellement séparer les deux seuls célibataires de la ville qui espèrent plus qu'une aventure cette nuit-là.  Je m’attendais à une comédie romantique assumée. Or, le film s’oriente régulièrement vers un humour potache centré sur le sexe et les rencontres d’un soir, dont les issues, systématiquement contrariées par des situations toujours plus improbables, finissent par lasser. Une large partie du récit paraît ainsi peu utile et contribue davantage à faire du surplace qu’à développer la relation entre les deux protagonistes, qui aurait mérité un traitement plus approfondi.  Monica Barbaro et Callum Turner affichent une belle complicité à l’écran. L’actrice se distingue également par sa voix particulièrement agréable. Le postulat de départ demeure toutefois difficile à accepter tant il semble étrange et peu crédib...

La fin d'Oak Street de David Robert Mitchell / Spectaculaire et prévisible /

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Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…  Le film assume pleinement son statut d'hommage au cinéma d'aventure familial popularisé à la Spielberg. Heureusement, il a également la bonne idée de ne pas s'éterniser, ce qui est devenu rare. On y retrouve de nombreux codes du genre : une famille américaine de la classe moyenne traversée par des tensions conjugales, quelques grands moments de solidarité familiale, plusieurs incohérences narratives et même un paradoxe temporel dont les amateurs du genre pourront débattre.  Visuellement, le spectacle est au rendez-vous. Les effets spéciaux sont particulièrement réussis et les dinosaures impressionnent, avec un design qui semble parfois plus proche des connaissances scientifiques actuelles que celui de Jurass...

Les matins merveilleux d'Avril Besson / Délicat et léger /

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La grand-mère de Charlie vient de mourir, en laissant ses vieux vinyles à un certain Titou, qui vit dans le Sud. Alors Charlie embarque les disques dans sa Twingo et elle roule.  Cette comédie dramatique explore avec délicatesse les thèmes du deuil et de la liberté. Adaptée d'un court-métrage que je n'ai pas vu, elle hésite entre profondeur et légèreté. Si le scénario aurait gagné à développer davantage certains aspects de son propos, le film dégage une sincérité touchante qui emporte l'adhésion.  Cette réussite repose en grande partie sur la qualité de son interprétation. India Hair est remarquable de justesse et de nuances, tandis qu'Éric Cantona surprend dans un rôle à contre-emploi de passionné de disco en chemises col pelle à tarte. Son personnage flirte parfois avec la caricature, mais la tendresse qui l'habite lui permet toujours de rester attachant.  Dans le décor paisible d'une station balnéaire du Sud à la fin de l'hiver, la réalisatrice compose un...

Spider-Man : Brand new day de Destin Daniel Cretton / Inégal et étiré, divertissant /

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C’est un tout nouveau jour pour Peter Parker Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler.  N'étant pas familière des comics d'origine et n'étant pas non plus une grande admiratrice de Spider-Man, j'abordais ce nouvel opus sans attente particulière. Le précédent film m'avait laissé une impression mitigée ; celui-ci s'en sort légèrement mieux, mais souffre d'un défaut majeur : sa durée excessive. À 2h25, le récit paraît souvent étiré et peine à maintenir l'intérêt sur la longueur. La révélation de l'identité du principal antagoniste constitue une véritable surprise. Malheureusement, une fois ce mystère levé, le scénario devient nettement plus prévisible.  Le film s'attarde longuement sur les états d'âme de Peter Parker, part...