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Ni vue ni connue de Marc Fitoussi / Réjouissant mais inégal /

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Corinne Maclou, figurante, enchaîne les tournages avec l’espoir d’être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l’aider ?  Aimant les deux actrices principales et le cinéma, j’avais de bonnes raisons d’aller voir ce film. J’en suis ressortie avec un sentiment mitigé : j’ai aimé, mais moins que je ne l’espérais. Le film avance par une succession de scénettes plus ou moins bien reliées, qui donnent parfois une impression de dispersion.  Isabelle Huppert y est formidable en figurante qui s’accroche encore au rêve de percer. Elle parvient à rendre son personnage touchant et crédible, sans jamais le réduire au ridicule. On regrette simplement que le film ne nous en apprenne pas davantage sur ce qui se joue en elle, derrière ses espoirs tenaces. Sandrine Kiberlain, de son côté, cultive avec p...

Les héros du Louvre d'Élie Chouraqui / Émouvant et imparfait /

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Amoureux des arts, Babi Maklouf Benhamou est gardien de nuit au musée du Louvre. Mais alors que la Seconde Guerre mondiale éclate, Jacques Jaujard, le conservateur du musée, organise le sauvetage des œuvres d’art. Il confie alors à Babi, accompagné par sa famille, l’un des camions chargés de transporter les chefs-d'œuvre hors de Paris.  Joli film sur la famille, l’amour de la patrie et la transmission du patrimoine, le nouveau film de Chouraqui mêle la Grande Histoire du sauvetage des œuvres du Louvre à une histoire familiale plus intime, nourrie de souvenirs et, par endroits, de romanesque.  Le film prend cependant des libertés parfois flagrantes avec la chronologie de la guerre et de l’Occupation. Un choix qui peut troubler, d’autant que la mise en scène semble elle aussi chercher à recréer une époque : caméra souvent portée à l’épaule, filtres et texture de l’image composent un aspect volontairement vintage, mais parfois un peu artificiel.  L’interprétation constitue l...

Garance de Jeanne Herry / Humain et pudique /

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Garance, jeune actrice qui galère, trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. On la suit pendant huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs.  Ayant apprécié les précédents films de la réalisatrice, j’étais curieuse de découvrir celui-ci, malgré quelques réserves à l’égard d’Adèle Exarchopoulos. Elles sont ici largement levées : la comédienne est excellente dans le rôle d’une femme alcoolique qui prétend assumer son alcoolisme, tout en s’enfonçant peu à peu dans la dépendance. Face à elle, Sara Giraudeau, tout en retenue, apporte une douceur bienvenue.  Après avoir privilégié les récits choraux dans ses films précédents, la réalisatrice fait cette fois le choix d’un portrait individuel, presque intime. Elle filme la lente déchéance de son personnage, mais aussi les mains qui se tendent — ou ne se tendent pas — tandis que la vie continue autour de l’alcool, avec ses errements et ses dangers. ...

Heart of the beast de David Ayer / Attachant mais conventionnel /

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Après un crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.  Brad Pitt avec un chien : difficile, sur le papier, de réunir duo plus efficace pour attirer les foules. À 62 ans, l’acteur adopte un jeu volontairement minimaliste et laisse largement la vedette à Odin, un berger allemand particulièrement expressif, dont la présence constitue le véritable cœur du film. Visuellement, Heart of the Beast peut compter sur les paysages de l’Alaska (en réalité la Nouvelle-Zélande), à la fois magnifiques et hostiles. La rudesse des décors donne au récit une dimension physique bienvenue. Dommage que les effets spéciaux appliqués aux animaux soient, eux, nettement moins convaincants et viennent par deux fois briser l’immersion.  Pour le reste, le film s’inscrit dans les codes bien balisés ...

Les contrebandiers de Padraic McKinley / Efficace /

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Oregon, 1933. Samuel Murphy, veuf, est arraché à sa fille et envoyé dans un camp de travail impitoyable. Lorsque le directeur lui promet la liberté contre une périlleuse mission de contrebande d’or, Murphy saisit sa seule chance de rentrer chez lui.  Le film s’inscrit dans une tradition du film d’aventure assez classique, avec des accents de western transposés au cœur des forêts sauvages. S’il reprend certains codes du genre, le film évite heureusement d’en reproduire tous les clichés et trouve ainsi un équilibre intéressant entre récit d’aventure, tension et affrontements plus brutaux.  Ethan Hawke y est particulièrement convaincant dans un rôle de taiseux intelligent et calculateur, dont la retenue donne au personnage une vraie présence. Russell Crowe, dans un rôle très secondaire, est quant à lui parfaitement à l’aise dans un registre qu’il maîtrise : celui d’un homme trouble, à la fois sympathique et potentiellement dangereux. Le reste du casting (Julia Jones, Austin Ameli...

L'invitation d'Olivia Wilde / Élégant mais frustrant /

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Angela et Joe invitent leurs voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.  Olivia Wilde s’attaque à un remake américain d’un film espagnol que j’avais aimé dans sa version française, notamment pour ses excellents acteurs et ses répliques savoureuses. Le résultat est plus cru que je ne l’aurais imaginé, mais aussi beaucoup moins sensuel qu’il ne le voudrait. Et ce décalage résume assez bien les limites du film.  Le choix de faire du couple invité des quinquagénaires, plus proche de l'esprit du film espagnol, était pourtant une bonne idée. Il permettait d’aborder le désir, la lassitude conjugale et la monogamie avec une maturité intéressante. Mais cette piste est finalement assez mal exploitée, comme si le film ne savait jamais vraiment quoi faire de ce qui aurait pu constituer sa singularité. Penélope Cruz, heureusement, illumine chaque scène. Magnifique et sexy sans jamais forcer le trait, elle est surtout excellente d...

La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet / Imparfait mais sensible et délicat /

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Gabrielle se consacre corps et âme à son métier de chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public. Elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille.  Le film saisit avec justesse la charge mentale d’une femme arrivée à la cinquantaine, prise entre parents, famille, travail, collègues, amis, ménopause et vie sentimentale. Le film défend aussi une ambition féminine encore trop rarement montrée dans toute sa complexité : vouloir une vie amoureuse, exercer un métier prenant à responsabilités, et choisir de ne pas avoir d’enfant.  Léa Drucker incarne avec beaucoup de sensibilité cette femme parfois dure, sans jamais la rendre antipathique. Mélanie Thierry livre une composition plus opaque qu’à l’accoutumée, mais d’une grande élégance. Charl...

Pressure d'Anthony Maras / Intelligent et tendu /

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Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, la météo devient une donnée capitale. Le général Eisenhower et le capitaine James Stagg, météorologue, font alors face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude… ou risquer de perdre la guerre.  Le film est prenant et maintient une tension constante, alors même que l’on connaît l’issue historique et la date du débarquement. Il s’appuie sur un sujet rarement traité au cinéma, offrant ainsi un angle original pour aborder la Seconde Guerre mondiale. Le récit explore avec sobriété et intelligence les liens entre recherche scientifique et pression politique, sans jamais perdre de vue les enjeux humains. Les interprétations sont particulièrement convaincantes.  Andrew Scott compose un personnage d’une grande intégrité, qui a le courage de ses convictions, qui se révèle aussi agaçant qu’attachant, avec un jeu à la fois sobre et expressif. Son interprétation emporte l’adhésion. Brendan Fr...

Oklahoma honey d'Andrew Patterson / Singulier et chaleureux /

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Dans l’Oklahoma rural, Amziah King veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit.  Pas du tout le film auquel je m’attendais, et c’est sans doute ce qui le rend intéressant. Oklahoma Honey prend d’abord des allures de chronique rurale, avant de bifurquer, assez brutalement, vers le film d’enquête. La disparition, en cours de route, d’un personnage central participe à ce basculement et m’a laissée assez perplexe, tant elle reconfigure le récit.  Matthew McConaughey est formidable en producteur de miel aussi proche de la nature que parfaitement intégré à une communauté de passionnés de bluegrass. Angelina LookingGlass...

La frappe de Julien Gaspar-Oliveri / Anxiogène et hermétique /

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Enzo, 19 ans et sa sœur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony, est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.  Je ne sais toujours pas exactement ce que La Frappe cherche à dire. Que les enfants traumatisés ont besoin d’aide ? Que l’on peut aimer son agresseur ? Que le traumatisme peut aller très loin dans ses conséquences ? Le film laisse ces questions ouvertes, sans jamais vraiment donner de clés pour les comprendre.  Si son ambition était avant tout d’instiller un malaise sourd et un climat anxiogène, en revanche, c’est réussi. La Frappe est un film opaque, très silencieux, qui installe une tension diffuse et parfois dérangeante. Une atmosphère renforcée par une mise en scène qui pourra diviser. Le retour du très gros plan m’agace pre...