Nuremberg de James Vanderbilt / Intéressant /

1945. Le psychiatre américain Douglas Kelley doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich avant le procès. Face au manipulateur Hermann Göring, il se retrouve pris dans un rapport de force. S'ouvre alors un duel avec le mal absolu. 
Dommage, je l’ai vu en VF. Après vérification, le scénario prend quelques libertés avec la temporalité et la réalité historique mais pas tant que ça. Je n’étais pas nécessairement convaincue par la distribution, bien que ce soit par ailleurs d’excellents acteurs. Toutefois Russell Crowe s’empare du rôle de l’ogre Göring avec gourmandise, sans pour autant surjouer. Rami Malek cabotine parfois un peu mais parvient à faire apprécier son personnage. Leurs échanges sous forme de duel psychologique sont délicieux. Ils sont secondés par une distribution très solide – Michael Shannon, Richard E. Grant, John Slattery, Lotte Verbeek. Le parti pris de départ – traiter de la relation entre Kelley et Göring – déséquilibre un peu le film dont la partie procès est plus que survolée et centrée sur Göring et quelques autres dignitaires, parmi les plus fanatiques, occultant d’autres prévenus. Sans être nommée puisque théorisé plus tard, le concept de banalité du mal constitue l’un des fils rouges du film : ce ne sont pas des fous, ce sont des hommes sensés et Göring savait et a laissé faire, pas par peur, mais parce qu’il s’en foutait. Je trouve que les enjeux politiques du procès sont trop survolés au profit d’une indignation réelle à l’égard de la Shoah mais en réalité pas aussi prégnante dans la prise de décision concernant le procès. 
Le parallèle avec l’époque actuelle s’impose, douloureusement. 

8,5/10

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