Hamnet de Chloé Zhao / Émouvant /
Angleterre, 1580. Un
professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à
l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse
avant de se marier. Tandis qu’il tente sa chance comme dramaturge à Londres,
Agnes assume seule les tâches domestiques.
M’étant déplacée sur la foi du titre
et du nom des acteurs, je pensais voir soit une version filmée de la pièce soit
une version historique. Du coup quand je vois la première scène, je trouve que
Jessie Buckley fait une très mauvaise Ophélie, trop terrienne, trop intense.
Puis, quand je comprends le véritable propos du film, je me dis qu’elle fait en
revache une excellente Agnes. Paul Mescal est parfait en dramaturge contrarié,
père aimant ne sachant pas exprimer ses émotions autrement que par l’écriture. Les
enfants jouent très bien. La première partie est plaisante, la deuxième tourne
un peu en rond, connaît une baisse de rythme qui nous fait frôler l’ennui, la
troisième vaut à elle seule de se déplacer. En effet, elle montre toute la
puissance de l’effet cathartique de l’art, et notamment du théâtre. Le dernier
quart d’heure est sublime, il emporte tout et nous fait verser notre petite
larme. La forêt est filmée de façon magnifique et la reconstitution du tournant
du XVIème au XVIIème siècle bien faite. L’absence de
musique dans de nombreuses scènes m’a déstabilisée, de même que les costumes
pas si d’époque que ça et le peu de travail d’écriture montré à l’écran. Ce sont
des partis pris artistiques, notamment de centrer le film sur Agnes et la vie
domestique plutôt que sur le génie de l’auteur, ce qui se comprend d’autant
mieux que le contenu représente le fantasme de Maggie O’Farrell qui a écrit le
roman éponyme. On sait peu de chose sur Shakespeare, mis à part ce qu’il a
écrit ; il faut accepter le point de départ et le joli mélo qui en découle.
8/10
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