Oklahoma honey d'Andrew Patterson / Singulier et chaleureux /

Dans l’Oklahoma rural, Amziah King veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit. 
Pas du tout le film auquel je m’attendais, et c’est sans doute ce qui le rend intéressant. Oklahoma Honey prend d’abord des allures de chronique rurale, avant de bifurquer, assez brutalement, vers le film d’enquête. La disparition, en cours de route, d’un personnage central participe à ce basculement et m’a laissée assez perplexe, tant elle reconfigure le récit. 
Matthew McConaughey est formidable en producteur de miel aussi proche de la nature que parfaitement intégré à une communauté de passionnés de bluegrass. Angelina LookingGlass lui tient tête avec beaucoup de justesse dans le rôle d’une jeune femme socialement maladroite mais farouchement déterminée. 
Le film trouve surtout sa singularité dans son regard sur le Sud profond : un monde rural montré sans exotisme ni condescendance, avec ses solidarités, ses codes et ses zones d’ombre. La bande originale, très présente, accompagne idéalement cette immersion. Reste un scénario qui aurait mérité d’être davantage creusé et un montage parfois trop démonstratif, qui donne au film une artificialité dont il aurait pu se passer. Une œuvre imparfaite, donc, mais suffisamment singulière pour retenir l’attention. 

8/10


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