Heart of the beast de David Ayer / Attachant mais conventionnel /
Après un crash d’avion, James Belmont, ancien des forces
spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin. Livrés à
eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser
dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.
Brad Pitt avec un chien :
difficile, sur le papier, de réunir duo plus efficace pour attirer les foules.
À 62 ans, l’acteur adopte un jeu volontairement minimaliste et laisse largement
la vedette à Odin, un berger allemand particulièrement expressif, dont la
présence constitue le véritable cœur du film. Visuellement, Heart of the Beast
peut compter sur les paysages de l’Alaska (en réalité la Nouvelle-Zélande), à la fois magnifiques et hostiles.
La rudesse des décors donne au récit une dimension physique bienvenue. Dommage
que les effets spéciaux appliqués aux animaux soient, eux, nettement moins
convaincants et viennent par deux fois briser l’immersion.
Pour le reste, le
film s’inscrit dans les codes bien balisés du survival. Les péripéties
s’enchaînent selon une mécanique familière, tandis que le personnage de Brad
Pitt traverse les épreuves avec une résistance parfois difficile à prendre au
sérieux, notamment au regard des traumatismes physiques qu’il semble subir. On
suit l’aventure sans déplaisir, sans pour autant ressentir une véritable
tension ou une véritable implication émotionnelle.
C’est finalement le duo
formé par l’homme et le chien qui donne au film ses moments les plus touchants.
Leur relation possède une évidence et une tendresse qui compensent en partie un
récit assez conventionnel. Le traitement du stress post-traumatique et de la
culpabilité du survivant est plus inégal. Certaines intentions sont
perceptibles, mais l’approche reste souvent schématique et prisonnière d’un
imaginaire militaire qui manque de nuance.
6/10
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