Les contrebandiers de Padraic McKinley / Efficace /
Oregon, 1933. Samuel Murphy, veuf, est arraché à sa fille et
envoyé dans un camp de travail impitoyable. Lorsque le directeur lui promet la
liberté contre une périlleuse mission de contrebande d’or, Murphy saisit sa
seule chance de rentrer chez lui.
Le film s’inscrit dans une
tradition du film d’aventure assez classique, avec des accents de western
transposés au cœur des forêts sauvages. S’il reprend certains codes du genre,
le film évite heureusement d’en reproduire tous les clichés et trouve ainsi un
équilibre intéressant entre récit d’aventure, tension et affrontements plus
brutaux.
Ethan Hawke y est particulièrement convaincant dans un rôle de taiseux
intelligent et calculateur, dont la retenue donne au personnage une vraie
présence. Russell Crowe, dans un rôle très secondaire, est quant à lui
parfaitement à l’aise dans un registre qu’il maîtrise : celui d’un homme
trouble, à la fois sympathique et potentiellement dangereux. Le reste du
casting (Julia Jones, Austin Amelio, Avi Nash) se montre globalement à la
hauteur.
Le scénario n’échappe pas à une certaine prévisibilité, mais son
efficacité compense largement ce défaut. Le récit avance avec rythme et sait
maintenir l’intérêt, notamment grâce à des scènes d’action courtes, ponctuées
d’explosions de violence maîtrisées. La bande originale accompagne efficacement
ces séquences.
La mise en scène est en revanche plus inégale. La caméra, très
mobile, privilégie parfois les gros plans et une certaine nervosité qui
renforcent l’immersion, mais rendent aussi l’action confuse et parfois
difficile à suivre. Un choix esthétique qui fonctionne par moments, mais qui
nuit à la lisibilité de certaines scènes. Le film peut enfin compter sur de
très beaux paysages (bavarois en réalité), dont la présence apporte une
dimension presque contemplative à cette aventure pourtant dominée par la
tension et la violence. Dommage, la fin est un peu tronquée.
7/10
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