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Le triangle d'or d'Hélène Rosselet-Ruiz / Captivant /

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Laura accepte un emploi au service de Souria, installée dans un hôtel particulier par son amant, un riche prince saoudien, Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes.  Pour un premier film, Le Triangle d’or est une vraie réussite. Film d’ambiance avant tout, il installe un huis clos social où se croisent domination et sororité. Une domination qui ne se limite pas à celle des riches sur les pauvres, mais qui se joue également entre les hommes et les femmes, et plus largement dans l’emprise d’un système sur ceux qui en sont les membres. Cette sensation d’enfermement est particulièrement bien travaillée. Dans le luxe d’un hôtel particulier placé sous surveillance permanente, les caméras renforcent une atmosphère à la fois oppressante et feutrée, qui constitue l’un des atouts du film.  Au cœur de ce huis clos, la relation entre les deux femmes évolue progressivement. De la méfiance ini...

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi / Humaniste et touchant /

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Directrice d'un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d'y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire.  Quand j’ai découvert, juste avant d’entrer dans la salle, que Soudain durait 3h15, j’ai sérieusement envisagé de renoncer. Je me suis même promis que, si le film s’avérait trop long, je partirais.  Force est de constater que je suis restée jusqu’au bout, malgré un premier tiers particulièrement étiré et une très longue scène de théâtre conceptuel, assez soporifique. Car le film ne commence véritablement qu’après cette interminable exposition. Par moments didactique, il prend le temps d’exposer ses théories économiques et philosophiques comme dans un cours magistral. Il frôle même le documentaire lorsqu’il s’attarde sur la méthode « Humanitude ». À f...

Mutiny de Jean-François Richet / Délicieusement bourrin /

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Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires.  Voici un film d’action bourrin qui ne prétend rien révolutionner : une vengeance ordinaire, un trafic d’êtres humains et beaucoup de baston. Jason Statham y rejoue son éternel justicier solitaire, secondé par une Annabelle Wallis badass et confronté à un Roland Møller particulièrement charismatique.  Intelligent ? Pas vraiment. Porté par une ambition morale particulière ? Pas davantage. Est-ce gênant ? Certainement pas. Le film connaît son registre et l’assume sans chercher à se donner une profondeur artificielle. Avec 1h35 au compteur, il va droit au but et évite surtout de s’éterniser.  Les effets spéciaux sont inégaux, mais les scènes de combat font le travail, avec une efficacité parfaitement calibrée...

Juste pour une nuit de Will Gluck / Frustrant /

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Quand Owen, qui vient de rompre, rencontre Allie, qui croit encore au grand amour, l'étincelle est immédiate. Mais une série de maladresses et de mésaventures vont continuellement séparer les deux seuls célibataires de la ville qui espèrent plus qu'une aventure cette nuit-là.  Je m’attendais à une comédie romantique assumée. Or, le film s’oriente régulièrement vers un humour potache centré sur le sexe et les rencontres d’un soir, dont les issues, systématiquement contrariées par des situations toujours plus improbables, finissent par lasser. Une large partie du récit paraît ainsi peu utile et contribue davantage à faire du surplace qu’à développer la relation entre les deux protagonistes, qui aurait mérité un traitement plus approfondi.  Monica Barbaro et Callum Turner affichent une belle complicité à l’écran. L’actrice se distingue également par sa voix particulièrement agréable. Le postulat de départ demeure toutefois difficile à accepter tant il semble étrange et peu crédib...

La fin d'Oak Street de David Robert Mitchell / Spectaculaire et prévisible /

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Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…  Le film assume pleinement son statut d'hommage au cinéma d'aventure familial popularisé à la Spielberg. Heureusement, il a également la bonne idée de ne pas s'éterniser, ce qui est devenu rare. On y retrouve de nombreux codes du genre : une famille américaine de la classe moyenne traversée par des tensions conjugales, quelques grands moments de solidarité familiale, plusieurs incohérences narratives et même un paradoxe temporel dont les amateurs du genre pourront débattre.  Visuellement, le spectacle est au rendez-vous. Les effets spéciaux sont particulièrement réussis et les dinosaures impressionnent, avec un design qui semble parfois plus proche des connaissances scientifiques actuelles que celui de Jurass...

Les matins merveilleux d'Avril Besson / Délicat et léger /

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La grand-mère de Charlie vient de mourir, en laissant ses vieux vinyles à un certain Titou, qui vit dans le Sud. Alors Charlie embarque les disques dans sa Twingo et elle roule.  Cette comédie dramatique explore avec délicatesse les thèmes du deuil et de la liberté. Adaptée d'un court-métrage que je n'ai pas vu, elle hésite entre profondeur et légèreté. Si le scénario aurait gagné à développer davantage certains aspects de son propos, le film dégage une sincérité touchante qui emporte l'adhésion.  Cette réussite repose en grande partie sur la qualité de son interprétation. India Hair est remarquable de justesse et de nuances, tandis qu'Éric Cantona surprend dans un rôle à contre-emploi de passionné de disco en chemises col pelle à tarte. Son personnage flirte parfois avec la caricature, mais la tendresse qui l'habite lui permet toujours de rester attachant.  Dans le décor paisible d'une station balnéaire du Sud à la fin de l'hiver, la réalisatrice compose un...

Spider-Man : Brand new day de Destin Daniel Cretton / Inégal et étiré, divertissant /

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C’est un tout nouveau jour pour Peter Parker Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler.  N'étant pas familière des comics d'origine et n'étant pas non plus une grande admiratrice de Spider-Man, j'abordais ce nouvel opus sans attente particulière. Le précédent film m'avait laissé une impression mitigée ; celui-ci s'en sort légèrement mieux, mais souffre d'un défaut majeur : sa durée excessive. À 2h25, le récit paraît souvent étiré et peine à maintenir l'intérêt sur la longueur. La révélation de l'identité du principal antagoniste constitue une véritable surprise. Malheureusement, une fois ce mystère levé, le scénario devient nettement plus prévisible.  Le film s'attarde longuement sur les états d'âme de Peter Parker, part...

De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat / Ludique et savoureux /

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Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais rien ne se passe comme prévu. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas.  Un film bref et enlevé qui célèbre avec malice l'esprit de troupe de la mythique Comédie-Française.  Pensionnaires et sociétaires, de Pauline Clément à Christian Hecq, en passant par Danièle Lebrun, Laurent Stocker, Marina Hands, Adeline d’Hermy, Benjamin Lavernhe ou Guillaume Gallienne, prennent un plaisir communicatif à dévoiler les coulisses de cette vénérable institution, placée sous le regard d'un Molière aussi fantasque qu'inattendu. Le casting s'investit pleinement dans ce jeu de miroir entre fiction et réalité, porté par des dialogues vifs et particulièrement savoureux.  Les situations se succèdent avec efficacité, entre vaudeville, drame et joyeux désordre, dans un esprit d'autodérision qui fait souven...

The last Viking d'Anders Thomas Jensen / Humaniste et décalé /

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Après quinze ans derrière les barreaux, un braqueur de banque sort de prison et veut récupérer le butin qu’il avait confié à son frère avant son arrestation. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable… Un film résolument iconoclaste dans le paysage cinématographique actuel. Derrière un rythme parfois un peu lent, The Last Viking interroge avec sensibilité l'amour fraternel et le regard que la société porte sur la maladie mentale.  Mads Mikkelsen est remarquable dans le rôle de cet homme persuadé d'être John Lennon tout en se montrant d’une franchise désarmante. Avec beaucoup de naturel, il parvient à rendre son personnage profondément attachant. Face à lui, Nikolaj Lie Kaas compose un homme peu fréquentable, mais suffisamment nuancé pour ne jamais sombrer dans la caricature.  La quête de l'argent perdu sert avant tout de prétexte à l'exploration des blessures de l'enfance et au portrait ...

L'Odyssée de Christopher Nolan / Une fresque généreuse /

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L’Odyssée est une épopée mythique tournée à travers le monde qui suit le retour d'Ulysse vers Ithaque.  Premier véritable blockbuster de l'été pour moi. Entre le casting prestigieux et le réalisateur, je ne pouvais passer à côté du film malgré une durée approchant les trois heures. Une bonne demi-heure de moins n'aurait d'ailleurs pas nui à l'ensemble, notamment en allégeant les nombreux retours sur la guerre de Troie et le sac de la ville, qui finissent par ralentir le récit. N'ayant qu'un souvenir lointain de ma lecture de L'Odyssée, j'y ai néanmoins retrouvé les grandes lignes du mythe, globalement respectées, même si certains épisodes sont traités de façon assez expéditive.  Matt Damon, dont je ne suis habituellement pas une fervente admiratrice, prête avec conviction sa présence physique et son flegme à un Ulysse marqué par les épreuves. Anne Hathaway livre une Pénélope déterminée, tandis que Charlize Theron compose une Calypso plus discrète qu...