Le triangle d'or d'Hélène Rosselet-Ruiz / Captivant /

Laura accepte un emploi au service de Souria, installée dans un hôtel particulier par son amant, un riche prince saoudien, Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. 
Pour un premier film, Le Triangle d’or est une vraie réussite. Film d’ambiance avant tout, il installe un huis clos social où se croisent domination et sororité. Une domination qui ne se limite pas à celle des riches sur les pauvres, mais qui se joue également entre les hommes et les femmes, et plus largement dans l’emprise d’un système sur ceux qui en sont les membres. Cette sensation d’enfermement est particulièrement bien travaillée. Dans le luxe d’un hôtel particulier placé sous surveillance permanente, les caméras renforcent une atmosphère à la fois oppressante et feutrée, qui constitue l’un des atouts du film. 
Au cœur de ce huis clos, la relation entre les deux femmes évolue progressivement. De la méfiance initiale, elles passent peu à peu à la compréhension, puis à une forme de complicité. Une évolution formidablement interprétée par Malou Khebizi et Soundos Mosbah, qui portent avec justesse cette relation. Le prince saoudien est, lui, nettement moins convaincant. Son personnage apparaît trop caricatural et présente finalement peu d’intérêt. Le garde du corps, interprété par Ziad Bakri, se révèle beaucoup plus intéressant, notamment à travers sa relation inattendue avec Laura. Droite dans ses bottes, celle-ci finit par percer l’armure de Souria, maîtresse amoureuse et malheureuse. 
On aurait toutefois aimé que la partie thriller et action soit davantage développée. Alors que le film semble ouvrir la voie à une belle opportunité, il s’arrête justement à ce moment-là. La fin, très ouverte, peut ainsi laisser une certaine frustration : on aurait aimé voir le récit aller plus loin. Reste un premier film réussi, porté par une atmosphère travaillée, deux actrices remarquables et une réflexion intéressante sur les différentes formes de domination. Le Triangle d’or trouve sa force dans ce huis clos social, même si l’on peut regretter qu’il ne pousse pas davantage son potentiel de thriller.

8,5/10

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