L'Odyssée de Christopher Nolan / Une fresque généreuse /

L’Odyssée est une épopée mythique tournée à travers le monde qui suit le retour d'Ulysse vers Ithaque. 
Premier véritable blockbuster de l'été pour moi. Entre le casting prestigieux et le réalisateur, je ne pouvais passer à côté du film malgré une durée approchant les trois heures. Une bonne demi-heure de moins n'aurait d'ailleurs pas nui à l'ensemble, notamment en allégeant les nombreux retours sur la guerre de Troie et le sac de la ville, qui finissent par ralentir le récit. N'ayant qu'un souvenir lointain de ma lecture de L'Odyssée, j'y ai néanmoins retrouvé les grandes lignes du mythe, globalement respectées, même si certains épisodes sont traités de façon assez expéditive. 
Matt Damon, dont je ne suis habituellement pas une fervente admiratrice, prête avec conviction sa présence physique et son flegme à un Ulysse marqué par les épreuves. Anne Hathaway livre une Pénélope déterminée, tandis que Charlize Theron compose une Calypso plus discrète qu'attendu. Autour d'eux gravite une galerie de seconds rôles solides. John Leguizamo, Robert Pattinson, Elliot Page ou encore Samantha Morton apportent chacun une contribution efficace. Jon Bernthal, méconnaissable, campe un Ménélas surprenant, même si le personnage paraît sous-exploité. On pourra sourire du caractère très cosmopolite de la distribution, sans doute éloigné de la réalité historique grecque, mais après tout, nous sommes ici dans le registre de la légende. 
La musique verse parfois dans l'emphase, tout en accompagnant efficacement les scènes les plus spectaculaires et émouvantes, particulièrement dans le dernier acte. Techniquement, le film impressionne par ses effets visuels, qui privilégient les effets pratiques au numérique, ainsi que par la réussite des séquences maritimes. 
Sur le fond, l'œuvre manque peut-être d'une réflexion politique plus affirmée, mais elle restitue avec justesse l'essence du récit homérique : la difficulté de rentrer chez soi lorsque le poids de la guerre et de la culpabilité continue de vous accompagner. 
Plus épique qu'aventureux, le film séduit par son ambition et son ampleur, même si son récit souffre parfois de dispersion. Au final, un spectacle aussi généreux que foutraque, porté par une véritable sincérité. 

8/10


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