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Sinners de Ryan Coogler / Intéressant /

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Alors qu’ils cherchent à s’affranchir d’un lourd passé, deux frères jumeaux reviennent dans leur ville natale pour repartir à zéro. Mais une puissance maléfique rôde… Je ne suis pas fan du tout de Michael B. Jordan. Je le trouve moyennement bon et peu charismatique, d'ailleurs ses jumeaux sont peu attachants. De surcroît, je ne vois pas l'intérêt de la gémellité qui n'est guère exploitée ; deux frères joués par deux acteurs différents auraient aussi bien fonctionné. Remmick dans ses propos un peu surprenants pour son genre s'avère plus intéressant mais peu développé. J'y suis donc allée pour le thème. J'aime bien les films de vampire. Il y a deux films dans celui-là : une chronique sur la création d'un club de blues dans le Sud profond des années 30 bien reconstitué et un film horrifique gore. Est-ce un problème ? Je ne parviens pas à le déterminer. Peut-être que les deux sont très bons mais le raccord se fait un peu laborieusement. D'autant que je ne p...

Aimons-nous vivants de Jean-Pierre Améris / Amusant mais paresseux /

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Dans le train pour Genève, Victoire, une passagère envahissante, croise Antoine Toussaint, son idole, une grande vedette de la chanson française au bout du rouleau. Une femme envahissante et bipolaire rencontre un chanteur has been et suicidaire : comme ça, on ne se dit pas qu'on va se marrer. Pourtant si. C'est plutôt marrant. Parfois gênant aussi. Valérie Lemercier et Gérard Darmon s'en donnent à cœur joie dans des rôles dans lesquels on les a déjà vus : l'excentrique et le bougon. Patrick Timsit et Alice de Lencquesaing complètent avantageusement le casting pour des seconds rôles très secondaires. Très prévisible, le scénario se révèle paresseux. Ce n'est pas un grand film, ni même un très bon film car il manque de folie mais cette comédie sur la joie de vivre remplit son office : instiller une forme de joie. Le tout sur fond de jolis paysages suisses. Pourquoi pas.   5,5/10

Rapide de Morgan S. Dalibert / Divertissant /

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Max aime aller vite, elle se destine à la F1. Mais jeune femme dans un milieu d'hommes, malgré son talent, elle n'est pas retenue par les écuries. Seul un fantasque ancien pilote de deuxième zone croit en son potentiel.   Récit initiatique très traditionnel d'une ado passionnée devenue athlète de haut niveau, ce film constitue un divertissement calibré et solide sur fond de course automobile. Gentiment féministe dans un milieu macho en diable, il donne à voir l'effet de la persévérance et du talent, non sans facilités. Le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, il suit un schéma balisé mais reste plaisant. Je n'y connais rien, mais pour une amatrice pas éclairée du tout, les courses sont bien filmées. Paola Locatelli, Alban Lenoir, à contre-emploi, Anne Marivin jouent bien, Rik Kleve est bien mignon. Le rythme, énergique, se tient dans une atmosphère assez solaire. 7,5/10  

Mikado de Baya Kasmi / Joli /

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Mikado et Lætitia vivent avec leurs enfants sur les routes. Une panne de moteur les amène à s’installer le temps d’un été chez Vincent, un enseignant qui vit seul avec sa fille. Débute ainsi une parenthèse enchantée qui bouleverse l’équilibre de toute la famille.  Il est difficile de classer ce film : pas vraiment une comédie même dramatique, pas vraiment un drame. Un drame léger et pudique sur des sujets graves : les traumatismes de l'enfance (du placement à la maltraitance), la marginalité, la liberté, l'adolescence. Dans cette touchante chronique familiale pleine d'amour, une jeune fille cherche à s'émanciper, à s'éloigner du modèle familial. Le scénario, tiède, ne permet pas de rendre le film inoubliable, loin de là, même si on le regarde avec plaisir. Le casting est excellent, les paysages superbes, la B.O anecdotique. Patience Munchenbach, qui porte en elle une mélancolie, et a malgré tout a un côté solaire , est une jeune actrice à suivre. Dommage que ce s...

The amateur de James Hawes / Sympa mais transparent /

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Charlie Heller, cryptographe de la CIA aussi brillant qu’introverti, perd sa femme lors d'une attaque terroriste. Déplorant l’inaction de sa hiérarchie, il prend alors l’affaire en mains et se met à la recherche des assassins, embarquant pour un dangereux voyage partout à travers le monde pour assouvir sa vengeance.  C’est David contre Goliath au pays des espions avec un petit ajout de la Loi du Talion. S’il critique l’ultra surveillance, le scénario ne sort guère des sentiers battus, sinon de mettre en avant un espion qui n’est pas homme d’action, du moins au départ ; et là se présente l’une des faiblesses du film : il se transforme en super espion bien vite. Sans compter les invraisemblances : comment peut-il voyager aussi facilement ? Avec quel argent ? Ce film pourrait être bien meilleur si la mise en place durait vingt minutes de moins. En effet, s’il s’accélère dans son dernier tiers, il peine à gagner en rythme jusqu’à un final un peu bâclé. Manquera...

Le joueur de go de Kazuya Shiraishi / Austère, beau et lent /

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Ancien samouraï, Yanagida mène une vie modeste avec sa fille à Edo et dédie ses journées au jeu de go avec une dignité qui force le respect. Quand son honneur est bafoué par des accusations calomnieuses, il décide d'utiliser ses talents de stratège pour mener combat et obtenir réparation.  Je ne joue pas au go et n’en connais pas les règles, ce qui constitue un petit handicap pour saisir les subtilités du film. Cela dit, cela n’empêche pas la compréhension globale. Ce drame japonais traditionnel sur l’honneur, inspiré du Bushido, que l’on peine à situer dans le temps, dans le style le plus pur, ne manque pas de rebondissements mais prend beaucoup de temps pour installer l’intrigue dont le fil assez ténu ne mérite pas une durée de 2h10. C’est sa plus grande faiblesse malgré une esthétique réussie, une photographie élégante, parfois flamboyante, et des acteurs investis. Tsuyoshi Kusanagi est d’une remarquable impassibilité, si bien que chaque micro-expression devient un événement. Le...

Blanche-Neige de Marc Webb / Affligeant /

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Blanche-Neige, princesse réduite au rang de domestique par une Méchante Reine, marâtre de surcroît, assoiffée de pouvoir et dévorée de jalousie, s'enfuit quand celle-ci tente de la faire assassiner.  Un tel carnage s’avère réjouissant, dans la mesure où il permet de dire du mal en toute tranquillité. Rien ne fonctionne : de Rachel Zegler qui loin d’être aussi belle que l’impériale Gal Gadot, qui s’amuse visiblement (malgré ses faux-cils à rallonge), à la V.F désastreuse qui ne peut dissimuler la pauvreté anémique des dialogues, en passant par les nains de synthèse face à une vraie personne naine (scène bizarre d’ailleurs) et la troupe de voleurs sans dialogue. Les effets spéciaux sont hideux de bout en bout, très numériques, ce qui est bien dommage pour un live Disney. Même la lumière fait fausse, c’est dire ! À peine Simplet parvient-il être mignon. Rachel Zegler multiplie les expressions, dont celle du carlin prognathe quand elle chante. Je ne peux pas m’empêcher de pen...

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan de Ken Scott / Solaire /

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En 1963, Esther met au monde Roland, petit dernier d’une famille nombreuse affligé d’un pied-bot. Contre l’avis de tous, elle promet à son fils qu’il marchera et qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, Esther n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour tenir cette promesse.  Cette comédie dramatique sur l’amour maternel, immense, parfois étouffant, à la limite de la toxicité, laisse le champ libre au talent explosif et plein de brève de Leïla Bekhti en mère courage sans filtre à l’amour aussi débordant qu’envahissant. Jonathan Cohen joue bien, entre exaspération, culpabilité et amour fou. De sa naissance à la publication de son autobiographie, on suit le parcours atypique de cet enfant handicapé que la ténacité de sa mère et le soutien de toute sa famille (qui disparaît un peu quand il devient adulte, c’est dommage), fan volontaire ou contraint de l’idole des Yéyés dont les chansons parsèment le film. Dommage que certains partis pris esthétiques soient douteux (le maquillage de vi...

Black bag (The insider) de Steven Soderbergh / Habile et réjouissant /

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George Woodhouse et sa femme Kathryn sont agents secrets. Lorsque Kathryn est soupçonnée de trahison envers la nation, George doit faire face à un dilemme déchirant : protéger son mariage ou défendre son pays.  Ce n’est pas exactement le film auquel je m’attendais.  Je pensais voir un film américain, or c’est un film britannique. Pas du tout la même ambiance. Le thriller d’action laisse place au thriller vénéneux et pince sans rire. Le petit monde des espions, son microcosme mortel et plein d’ironie, est agité par une trahison, mais surtout par les coucheries des uns et des autres. Au milieu, un couple, Michael Fassbender et Cate Blanchett, impeccables et magnétiques, mènent la danse, face aux excellents Tom Burke, Marisa Abela, Naomie Harris et Pierce Brosnan (sous-exploité). Soderbergh maîtrise son film, de son scénario tortueux au suspense efficace à son esthétique léchée. Les dialogues sont brillants, amusants et tranchants. Un vrai plaisir de cinéma.  8,5/10

On ira d'Enya Baroux / Drôle et délicat /

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Marie, 80 ans, malade, veut partir en Suisse pour mettre fin à ses jours. Mais au moment de l’annoncer à Bruno, son fils irresponsable, et Anna sa petite-fille en crise d’ado, elle panique et invente un mensonge pour les emmener avec elle. Complice involontaire de cette mascarade, Rudy, auxiliaire de vie, prend le volant du vieux camping car familial. Oui, on peut faire un film drôle sur le suicide assisté et la famille. Enya Baroux, fille d'Olivier Baroux, propose une première réalisation soignée, à la fois souriante, tendre et grave. Helène Vincent campe avec justesse cette femme diminuée qui veut faire face et cacher sa douleur à ses proches, craignant qu'ils ne puissent se débrouiller sans elle. Non sans raison d'ailleurs car cette famille marquée par le deuil et les séparations ne communique guère. C'est tellement plus facile pour chacun de ses membres d'échanger avec le sympathique aide soignant - impeccable Pierre Lottin - qui se prend d'affection pou...