Wicker de Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson | Caustique mais inégal |
Mise au ban de son village, une pêcheuse solitaire commande
au vannier un mari en osier. Cet époux improbable se révèle doté d’une
sensibilité et de talents qui dépassent toutes ses attentes. À son contact,
elle découvre un désir insoupçonné et, peu à peu, s’éprend véritablement de
lui. Mais bientôt, son étrange et néanmoins sculptural mari attise les convoitises, la jalousie et les
fantasmes des villageois.
La bande-annonce n’était pas trompeuse, mais je
m’attendais à davantage de finesse, du moins dans la forme. Car sur le fond, la
critique sociale ne manque pas de mordant. Cette fable originale égratigne le
couple, les rôles assignés par le patriarcat et le poids des conventions
sociales. Avec une certaine fantaisie, elle esquisse l’amour et le plaisir
comme échappatoires possibles à ces carcans. La réussite du film tient beaucoup
à ses interprètes.
Olivia Colman compose avec une justesse remarquable une
femme en marge, dont l’intériorité se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.
Elle est touchante. Elizabeth Debicki est impeccable en femme de pouvoir froide
et déterminée, entravée par la bêtise et le manque d’ambition des hommes de sa
famille. Quant à Peter Dinklage, il apporte à son personnage une poésie
étrange, presque philosophique.
Visuellement, le film est une réussite,
notamment grâce à des effets spéciaux excellents. L’homme d’osier est plutôt
réaliste.
Le ton, lui, se révèle plus inégal. La comédie est bien présente,
mais moins réjouissante que ne le laissait espérer la bande-annonce. Le film
assume par ailleurs une dimension sexuelle très appuyée, parfois franchement
grivoise. Il sait pourtant se faire d’une grande sensualité, comme dans la
jolie scène de danse. On regrettera surtout un scénario qui finit par tourner
en rond, répétant certaines plaisanteries peu inspirées. Cette insistance nuit
à ce qui aurait pu constituer le véritable cœur du film : la relation
amoureuse, qui méritait davantage de profondeur et de temps pour s’épanouir.
7/10


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