Garance de Jeanne Herry / Humain et pudique /

Garance, jeune actrice qui galère, trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. On la suit pendant huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. 
Ayant apprécié les précédents films de la réalisatrice, j’étais curieuse de découvrir celui-ci, malgré quelques réserves à l’égard d’Adèle Exarchopoulos. Elles sont ici largement levées : la comédienne est excellente dans le rôle d’une femme alcoolique qui prétend assumer son alcoolisme, tout en s’enfonçant peu à peu dans la dépendance. Face à elle, Sara Giraudeau, tout en retenue, apporte une douceur bienvenue. 
Après avoir privilégié les récits choraux dans ses films précédents, la réalisatrice fait cette fois le choix d’un portrait individuel, presque intime. Elle filme la lente déchéance de son personnage, mais aussi les mains qui se tendent — ou ne se tendent pas — tandis que la vie continue autour de l’alcool, avec ses errements et ses dangers. 
L’exposition est un peu longue et j’ai eu du mal à entrer dans le film. Une fois installé dans son rythme, celui-ci se révèle toutefois très maîtrisé, évitant aussi bien le jugement que le pathos. L’alcoolisme y est montré avec un certain réalisme, sans s’attarder sur ses aspects les plus sordides, laissés hors champ ou suggérés par l’ellipse. 
Comme souvent chez la réalisatrice, le film se distingue surtout par son humanisme : il regarde ses personnages avec attention, sans les réduire à leurs failles ni chercher à leur imposer une morale. 

8/10

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