La bataille De Gaulle - l'âge de fer d'Antonin Baudry / Passionnant /
Juin 1940. La France s'effondre et signe l’armistice. Au
milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu
s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté. Il
tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni
terminée, ni perdue.
Le film s’impose d’abord par la qualité de son casting.
Simon Abkarian endosse l’uniforme du Général avec une densité impressionnante,
entouré de Florian Lesieur, d’un Benoît Magimel magnétique, de Loïc Corbery,
toujours précis, ainsi que de Niels Schneider, Tom Mison et Simon Russell
Beale. Chacun trouve sa place dans une partition d’ensemble solide et nuancée.
Le
film restitue avec justesse une atmosphère politique tendue, faite d’accords
fragiles, de trahisons ouvertes ou larvées, de coups d’éclat et d’une ironie
lucide. Le choix du réalisateur de ne pas adoucir la figure de De Gaulle est
particulièrement pertinent : déjà inflexible, habité par une rigueur presque
raide, doté d’un ego surdimensionné, il laisse entrevoir les traits qui le
conduiront plus tard à l’impasse du référendum de 1969. Cette absence de
complaisance donne au portrait une vérité parfois rugueuse, mais cohérente. Les
relations avec Churchill, mêlant fascination réciproque, séduction,
affrontements et agacement, sont finement dessinées. Elles apportent relief et
tension au récit.
La bataille de Bir Hakeim est également très bien rendue avec
un suspense maximum. On peut regretter l’absence du passage par le gouvernement
de Bordeaux, qui aurait éclairé plus nettement les relations de De Gaulle avec
le reste de l’armée française. Le mépris de Darlan, en revanche, est rendu avec
une efficacité certaine.
L’introduction d’un jeune résistant, engagé presque
avant l’heure, offre un contrepoint bienvenu. En ramenant le récit à une
échelle humaine, ce fil narratif compense en partie le manque d’intimité dans
le portrait du Général, qui demeure à distance. Malgré une tenue globale
solide, quelques longueurs affaiblissent le rythme. Mais des touches d’humour,
inattendues et bien placées, viennent alléger l’ensemble.
Un film rigoureux et
incarné, parfois trop appliqué, mais traversé d’éclats justes.
8/10
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