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Affichage des articles du décembre, 2025

La femme de ménage de Paul Feig / Efficace /

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E n quête d’un nouveau départ, Millie accepte un poste de femme de ménage à demeure chez Nina et Andrew Winchester, un couple aussi riche qu’énigmatique. Ce qui s’annonce comme l’emploi idéal se transforme rapidement en un jeu dangereux, mêlant séduction, secrets et manipulations.  Adaptation a priori fidèle du best-seller du même nom que je n’ai pas lu, le film propose une intrigue classique mais solide – quoiqu’invraisemblable – qui débute rapidement. Globalement, elle tient la route, développant un petit fond de critique sociale et un arrière-plan gentiment féministe, même si, petit bémol, elle est prévisible jusqu’à un certain point. La mise en scène bénéficie d’une atmosphère lourde habilement soulignée par la musique. Par ailleurs, je trouve Millie très naïve, mais ce n’est pas nécessairement incompatible avec son passé car elle connaît finalement peu les hommes. Les séquences vaguement érotiques du deuxième tiers, en mode « visitons chaque pièce de l...

Le maître du Kabuki de Sang-Il Lee / Intense mais sans ampleur /

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Nagasaki, 1964 - A la mort de son père, chef d’un gang de yakuzas, Kikuo, 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il se consacre à ce théâtre traditionnel. Durant des décennies, les deux hommes évoluent côte à côte, entre scandales et gloire, fraternité et trahisons...  Presque 3h de film, alors que j’ai plus ou moins renoncé à voir Avatar du fait de sa longueur excessive ? Oui, j’ai osé. La bande annonce était prometteuse, le sujet intriguant. Cette fresque qui s’étend sur près de 60 ans aurait clairement gagnée à être resserrée d’une demi-heure. Cela dit, elle a de nombreuses qualités, à commencer par l’esthétique soignée et immersive avec des décors et des costumes sublimes. Ensuite, l’intrigue, certes classique, est passionnante grâce à des personnages passionnés et ambivalents. Les acteurs sont excellents. C’est un plaisir de voir Ken Watanabe dans un rôle saisissant. On s’attache à ces hommes imparfaits qui n...

Rebuilding de Mark Walker-Silverman / Joli mais aride /

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Dans l’Ouest américain, dévasté par les incendies, Dusty voit son ranch anéanti par les flammes. Il trouve refuge dans un camp de fortune et commence lentement tisser des liens, avec sa fille, avec ses voisins.  Pour un premier film, ce n’est pas si mal. Il a beaucoup de qualités : une jolie histoire, simple et humaniste, un bon casting, notamment Josh O’Connor et Lily La Torre, des paysages superbes, une photographie soignée. Alors pourquoi ça ne fonctionne pas tout à fait ? Parce que le rythme est plat, très plat. Si bien que si l’ennui n’est pas complet, il point le bout de son nez. Le film ne dure pas longtemps mais paraît plus long du fait de son aridité. Aridité qui par ailleurs, correspond au thème et aux paysages. J’ai trouvé le personnage de Dusty attachant malgré son caractère taiseux : c’est un bon père, résilient, qui aime son travail et qui finit par aimer les gens.  6/10

L'âme idéale d'Alice Vial / Délicat et romantique /

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Elsa, 40 ans, a renoncé aux histoires d’amour car son don la garde à distance des autres : elle peut voir et parler aux morts. Elle rencontre Oscar, un homme drôle et charmant, qui lui fait espérer à nouveau que tout est possible. Mais au moment où elle commence enfin à tomber amoureuse, Elsa réalise que leur histoire n’est pas aussi réelle que ce qu’elle pensait…  J’y suis allée à reculons, en me disant que le synopsis en dévoilait trop. Heureusement, je n’ai pas écouté mon instinct. Le film est une comédie dramatique drôle et émouvante qui évoque le deuil et la solitude. Je ne suis pas l’une des nombreuses fans de Jonathan Cohen, son humour fonctionne mal sur moi. En revanche, ici, je l’ai trouvé très bon : sobre, attachant. Magalie Lépine-Blondeau, une illustre inconnue pour moi, normale, elle est québécoise, crève l’écran : solaire et mélancolique à la fois. Les seconds rôles sont un peu limités. L’intrigue est solide, elle présente étrangement (et je ne doute pas de ...

Les enfants vont bien de Nathan Ambrosioni / Vraiment très sobre /

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Un soir d'été, Suzanne, accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne. Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur, puis elle comprend qu'aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître...  Je voulais aimer ce film, notamment parce que j’éprouve un étrange mais réelle sympathie à l’égard de Camille Cottin, par ailleurs excellente dans ce rôle de femme libre qui doit redéfinir ses priorités. Cependant, le réalisateur fait des choix qui m’ont paru désastreux : quasiment pas de musique (parfois je me disais : oh ! là il faudrait vraiment de la musique), des scènes tournées caméra à l’épaule qui ont la tremblote, des plans inutiles qui allongent artificiellement le film et une fin abrupte agaçante. Néanmoins, le film a des qualités : le casting, y compris des enfants, est très réussi, même si je regrette le sous-emploi de Guillaume Gouix, le traitement du ver...